Top 2022 : la sélection de Baalim

L’année 2022 touche à sa fin et voici venir l’heure du bilan. Et là, c’est le drame. Je me rends compte, en cherchant désespérément à choisir un top 3 que je n’a pratiquement pas joué aux gros titres sortis cette année. Et ce n’est même pas par manque de moyen mais pas simple manque d’intérêt. Un Splatoon 3 sur Switch ? M’en fous. Un Stray ? Ouais, c’est mignon mais ça m’amuse 10 minutes. Un nouveau Teenage Mutant Ninja Turtles en 2D comme à l’époque ? Bâillements. Bref, composer un top 3 pour l’année 2022 n’a pas été une mince affaire, d’autant qu’un jeu a éclipsé tous les autres.

Elden Ring. Arrivé à la fin de cette année 2022, je m’interroge un peu. Le millésime fût-il à ce point décevant que je ne parvienne pas à composer un top 3 ou serait-ce que je commence à décrocher un peu ? La réponse est, comme souvent, située au beau milieu de la rive. Certes, je joue beaucoup moins et certes je suis devenu encore plus blasé que les gens… ahem… les anciens de chez Gamekult mais la réalité est qu’un seul jeu – ou presque – a vampirisé mon temps de jeu.

Je pourrais faire preuve d’originalité et d’une once d’élitisme en citant un obscur VR (quoique, nous n’en serons pas loin) mais, comme beaucoup de joueurs, je vais placer Elden Ring sur la plus haute marche du podium. Que dire qui n’ait pas été déjà dit de l’immense, de l’exceptionnel Elden Ring ? Qu’il a su conjuguer l’esthétique baroque et la rigueur du gameplay des souls au plaisir de la découverte et au goût du vagabondage d’un Breath of the Wild ?

Au-delà de ses qualités esthétiques indiscutables, la grande force d’Elden Ring et de From Software est probablement d’avoir su prendre des risques et repenser l’univers brutal et le gameplay exigeant des Dark Souls à un plus grand public. Bien que le jeu reste – très – ardu, il n’est pratiquement jamais insurmontable du fait de nombreux mécanismes permettant d’ajuster la difficulté. Ce boss imposant vous taille en – petits – morceaux ? Ces grappes d’ennemis vous tabassent joyeusement ? Ces saletés de clébards refusent de vous lâcher ? L’obstacle pourra être surmonté grâce à notre brave cheval et à la toute puissance de la fuite en quatrième vitesse.

Un peu de grinding vous permettra de retourner voire ces fils de personnes pour refaire leur arbre généalogique à grands coups de pied au cul. Ça ne suffit toujours pas ? Pas de problème, From Software a trouvé l’idée de génie ultime. Outre les invocations d’autres joueurs de chair et de sang, le jeu vous permet assez rapidement de faire appel à des alliés fantomatiques et de gonfler les stat’ de vos armes via l’usage de cendre de guerre. L’air de rien, le mécanisme est assez bien pensé pour laisser les pros se mesurer en solos aux innombrables et impressionnants boss du jeu (avec certes un bon nombre de têtes déjà connues et pas mal de répétitions) et permettre aux gros lâches dans mon genre de survivre suffisamment longtemps pour apprécier cet opus magnum.

In fine, Elding ring s’est imposé comme mon jeu de cœur de l’année 2022. L’ennui, c’est qu’il m’a dégouté de tous les autres sorties qui m’ont paru fades et sans saveur après lui. S’il n’y en avait qu’un à acheter cette année, c’était bien Elden Ring. Coup de pot, il vous reste encore quelques jours avant 2023.

Horizon Forbidden West. Le premier Horizon m’avait laissé dubitatif. Derrière la maîtrise graphique de Guerilla et l’improbable mix préhistoire/robots géants, se cachait un open world lambda, aux mécaniques trop classiques et un peu trop long pour son propre bien. Bref, c’était vite joué et vite oublié.

Fast forward en 2022. Je décide d’acheter une playstation 5 sur un coup de tête et me retrouve, pénurie oblige, avec un pack Horizon Forbidden West. J’ai donc lancé mon seul et unique jeu PS5 sans grandes attentes et avec un enthousiasme mesuré. 70 heures plus tard, je n’ai lâché la manette, à regret, que pour partir en vacances.

Alors, qu’est-ce qui a changé entre les deux opus pour rendre ce deuxième tome bien plus engageant ? Et bien, dans le fond, pas grand-chose. On y retrouve toujours des robodinosaures de malheur, des sidekicks relous, une héroïne aussi badass que rouquine et des centaines de points d’intérêt qui parsèment et illuminent la carte comme un sapin de Noël, à l’instar d’un énième jeu ubi.

Pourtant, les graphismes magnifiques et l’amélioration de toutes ou presque les mécaniques du jeu en font un jeu autrement plus accrocheur que son grand frère. Et puis, truffer à coup de flèches explosives un tyrannosaure à boulons, ça n’a presque pas de prix. Bref, voila un jeu que je n’aurais jamais imaginé voir arriver sur le podium 2022.

The Quarry. Là, je dois bien avouer que The Quarry rejoint un peu le top 3 par défaut. Le problème (et l’attrait) de ce nouveau titre de SuperMassive est qu’il s’agit bien plus d’un – bon – slasher interactif que d’un jeu. Pour un joueur ayant grandi dans les années 80/90, biberonné au jeu Sega et Nintendo, The Quarry représente le vide intersidéral, le niveau zéro du gameplay, comme Dragon’s lair et Space Ace l’avaient été en leur temps.

Comme dans une production Telltale, l’essentiel du jeu consistera à faire des choix à des moments critiques (je l’engueule, je l’engueule pas / je la laisse se faire bouffer/je suis un héros) et réussir des QTM entre deux siestes.

L’attrait de The Quarry réside ailleurs. En reprenant très fidèlement les codes du slashers et des B movies, le jeu permet aux cinéphiles amateurs amateurs d’hémoglobine de s’immerger (sic) durant une bonne dizaine d’heures dans une intrigue aux multiples rebondissements. Un chouette voyage dans le temps qui permet de revenir, brièvement, à l’époque bénie des vidéo-club, du cinéma bis et de la VHS. 

Mentions honorables : Un top ne serait rien sans un rappel des losers qui ont failli l’intégrer mais qui ont trébuché sur le podium. Coup de pot, j’ai quelques prétendants malheureux en tête.

Tiny Tina’s Wonderlands : Borderlands 3 avait été une excellente surprise en ce qui me concerne. Les dialogues ras du bonnet n’avaient, au final, que peu impacté le plaisir procuré par ce troisième opus dont les affrontements et le feeling des armes avaient été sérieusement améliorés. L’idée de développer un spin-of basé sur le personnage de Tiny Tina pouvait sembler un peu casse-gueule et nécessiter un sérieux upgrade des compétences dont les scénaristes et les dialoguistes avaient fait preuve sur le jeu principal. À l’arrivée, le titre assume complètement sa bêtise crasse et son second degré et multiplie les vannes avec un certain succès sans pour autant négliger le gameplay. Ajoutez à cela un mode coop local qui se fait bien trop rare ces temps ci et vous vous retrouvez, contre toutes attentes, avec un nouveau jeu étonnamment réussi sur les bras. À essayer si vous n’êtes pas trop allergique à l’humour Borderlands qui, il faut bien l’avouer, n’est clairement pas le plus fin et si l’heroic fantasy vous sort par les yeux (ce qui, au regard des adaptations TV de The Witcher ou de The Wheel of Time, pourrait se comprendre).

Patch 1.5 Cyberpunk 2077. Ok, je triche mais ce patch a vraiment changé la donne sur consoles. Avant le patch, on avait une version « next gen » au rabais qui ne méritait aucunement son appellation et qui faisait vraiment office de vilain petit canard (je ne parle même pas des versions Xbox one et PS4 qui… Nan, n’en parlons pas). Après le patch, on a enfin la possibilité de se balader dans les ruelles de Liberty city pad en main et cul vissé au canapé. Et ça, ça n’a pratiquement pas de prix (surtout que ça permet de retrouver Judy et toute la galerie de personnages marquants qu’avait su proposer le jeu). Merci donc à CD Projekt de n’avoir jamais lâché l’affaire et de proposer enfin (et un brin tardivement) une version console qui permet de redécouvrir un de mes jeux préférés de ces dernières années. Alors oui, le jeu est sorti dans une version absolument honteuse sur toutes les consoles, ce qui a justifié la volée de bois vert que s’est pris le développeur/éditeur mais l’acharnement dont il fait preuve pour rectifier le tir est digne de louanges, ce qui rappelle le cas No Man’s Sky. Et ce n’est pas le moindre des compliments. Vivement la sortie du DLC Phantom Liberty !

Lost Judgment. J’ai déjà eu l’occasion de dire en ces pages tout le bien que j’ai pensé de ce Lost Judgment. Honnêtement, la version d’origine serait sortie cette année, elle serait sur le podium à la place de The Quarry mais la récente sortie des versions next gen et pc me semble un argument un peu mince pour l’intégrer au Top 2022. Qu’importe. Amateurs de jeux d’actions, de RPG, japanophiles, unissez-vous autour de cette nouvelle merveille signée Ryū ga Gotoku Studio. Préparez-vous simplement à engloutir les dizaines d’heures nécessaires pour arriver au bout de son intrigue. et gare aux complétistes qui risquent d’y passer un long moment.

Flop 2022 : La Switch. OK, ça va sembler un peu gratuit (et il m’arrive, rarement mais parfois, de faire preuve de malhonnêteté intellectuelle) mais j’ai été assez déçu par l’année qu’a pu passer la dernière-née de Nintendo. C’est probablement un avis très personnel mais, rétrospectivement, ma console a essentiellement servi à capter la poussière. Ok, son hardware en papier mâché devait nécessairement entraîner un décrochage par rapport aux autres machines mais j’ai néanmoins l’impression que l’année 2022 a été étonnamment pauvre, même si les portages se sont succédés avec plus ou moins de succès. C’est tout le problème quand on achète une machine Nintendo tout en espérant autre chose que les éternelles mascottes de la boite. Quelque part, je ne peux m’en prendre qu’à moi.

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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