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Open de France du Jeu d’Histoire 2026

Sept longues années après sa dernière édition à Paris, l’Open des Jeux d’Histoire est de retour. Non plus à Paris mais à Mérignac – qui je vous le rappelle est limitrophe de la plus belle ville du monde -, le maintenant nommé Open de France des Jeux d’Histoire avait lieu du 24 au 27 septembre 2026 au M&Spa Hôtel. Nous y étions, avec le camarade Budgany de Strategeek et des dizaines d’autres joueurs (beaucoup trop d’après mon épouse, 250 d’après les organisateurs), et nous avons joué. Et discuté. Beaucoup ! Petit tour de tout ce que vous avez manqué si vous êtes resté jouer à Flip 7 chez votre belle-famille ce week-end là.

La première constatation en arrivant le jeudi en fin d’après-midi : c’est luxueux. Et c’est grand. Les cartes d’état-major et la boussole fournis à la réception permettent de ne pas se perdre dans les centaines (au bas mot) de mètres carrés de la chambre. Kitchenette, salon avec table et TV, autant de choses dont nous ne… profiterons pas parce que nous sommes venus pour jouer. Par contre le lit gigantesque et confortable sera très apprécié.

Une fois les sous-vêtements et la pince à clipper rangés, nous descendons voir la fin de l’installation. Une grande salle climatisée, avec assez de place pour circuler facilement entre les tables et surtout une très grande présence des éditeurs français : les 3 Zouaves, Shakos, Nuts! Publishing, Historic One, Avalon Digital, Fellowship of Simulations, International Team, Serious Historical Games, Thin Red Line Games, Sapper Studio, Vae Victis (…) il y avait vraiment du beau monde et seul Hexasim n’a malheureusement pas pu répondre à l’appel.

Il y avait aussi un stand de la boutique SL-HQ, divers représentants de société orientées figurines (désolé, comme ce n’est pas ma tasse de thé je ne m’y suis pas intéressé) et surtout énormément d’auteurs, plus ou moins débutants, venus présenter leurs prototypes. Autant vous dire que c’est dans ce coin que j’ai passé la majorité de mon week-end, surtout qu’il y avait du très bon !

Côté joueurs, car c’est quand même pour eux que tout était organisé, les gens ont répondu présents et venaient de toute la France et même de l’étranger. Il n’était donc pas étonnant d’entendre parler espagnol ou polonais autour des tables. Le bruit courrait même que des parisiens avaient réussi à franchir le périphérique et arriver jusqu’à Bordeaux, ce qui permettra d’entretenir la légende autour de l’événement !

En marge de tout cela, il y avait bien entendu divers tournois organisés : Great War Commander, Bolt Action (…) pour coller à l’événement. De quoi contenter tous les types de joueurs ! A noter également une brocante, où chacun pouvait laisser des jeux à vendre et où il y avait de très bonnes affaires à faire.

Ne pouvant parler de tous les jeux que j’ai essayés ou vus, je vais me contenter d’un rapide passage sur les plus marquants. Chez les 3 Zouaves, Austerlitz 1805 était jouable pour motiver les gens à participer à la campagne Gamefound en cours, tout comme Brandywine 1777 (en cours de livraison à l’heure où j’écris ces lignes), mais aussi des prototypes comme Friedland 1807 (qui apporte la gestion de la cavalerie au système a Time for Heroes), Cabinet Noir (de 2 à 8 joueurs), Castillon, 1453 : au Temps des Preux et un solo sur le débarquement en Normandie.

Chez Nuts! Publishing pas de grosses révélations mais des localisations de jeux : Swords of Rome, a Gest of Robin Hood, la Commune ou la Mort, Inflexibles Bataille d’Angleterre et un prototype dont j’ai zappé le nom (pardon Florent !). Chez Shakos par contre, il y avait du lourd : version jouable de Napoleon 1870 (de Fred Serval, l’homme qui a un jeu chez tous les éditeurs de wargames) qui lui aussi est en pleine campagne de financement participatif, présentation de Wallace, le deuxième volet de la série En Ordre de Bataille initiée par Saladin, et des exemplaires mis à disposition de Solacia et Sherman Solitaire. Il y avait aussi un prototype de 14-18 Lignes de Front, que je n’ai pas pu essayer mais qui semblait plaire.

Chez Avalon Digital on pouvait découvrir Wars Across the World, qui est une adaptation sur table d’un wargame informatique, présenté par son auteur Stéphane Parrin, et précommander Hispania et d’anciens titres. Ce fut l’occasion pour moi d’enfin rencontrer Philippe Thibaut (Monsieur Philippe Thibaut devrais-je dire !) et d’échanger avec lui.

Sur le stand de Serious Historical Games, Imjin War 1592-1593 était à l’honneur (quel jeu superbe !) alors que juste à côté COMAO de Jocus faisait sensation avec ses modèles réduits et son matériel splendide. Bugdany était comme fou devant et la sécurité a plusieurs fois vérifié qu’il ne repartait pas du stand avec les poches pleines…

Le duo infernal Philippe et Erwan d’Historic One était là, en tenue décontractée (je vous laisse chercher leur photo quelque part dans cet article), proposant des parties de Sherwood et mettant l’ambiance. Je me demande d’ailleurs comment se passerait une convention où leur stand serait à côté de celui des 3 Zouaves…

Fellowship of Simulations avait mis le paquet, avec la présence de Laurent Rix, l’auteur de Révolutions, de Bruno Lamotte, celui des Conquêtes de Napoléon, de Jean-Philippe Barcus, co-auteur de Vendée 93 et bien entendu de Walter Vejdovsky. Une bien belle délégation !

Dans les présences plus modestes (en nombre de personnes impliquées), mais tout aussi appréciées, les joueurs pouvaient discuter devant les Fief (France et Angleterre) et leur auteur Philippe Moucheboeuf, profiter d’une présentation de First Man in Rome par Fabrizio Vianello, de Hubris par Morgane Gouyon-Rety ou découvrir le tout nouveau Razor’s Edge: The Falklands War 1982 de Lee Brimmicombe-Wood et James Buckley…

Impossible de ne pas vous parler aussi de la présence de Yann et Clem qui présentaient Heroes of the Pacific et Operation Overlord ainsi que celle du troisième mousquetaire, Jules, qui donne le dernier coup de polish sur Saint-Lô : The Capital of the Ruins, qui sort dans les mois à venir chez Vuca Simulations.

Il y avait bien entendu beaucoup d’autres titres présentés mais ce qui m’intéressait à cet OFJH, c’étaient les prototypes non signés, ces jeux bricolés sur la table du salon. Voici donc ceux qui m’ont vraiment tapé dans l’œil, sans ordre particulier :

Conspicratie, de Philippe (encore un, décidément !) Jaranton et Stéphane Rouy. Un jeu de société de 3 à 5 joueurs dans lequel les joueurs incarnent des ministres voulant prendre la place du président. Au menu : bâtons dans les roues, manipulation et coups d’état via un système de cartes d’actions et de jauges (militaire, économique, sociale…) avec lesquelles jouer pour parvenir à ses fins.

C’est fun, cela met l’ambiance et surtout c’est suffisamment chaotique pour ne pas pouvoir dérouler tranquillement son plan. On espère qu’ils sortent bien vite un module TTS pour pouvoir y rejouer et vous en parler plus longuement.

1813 la Bataille des Nations, un jeu de majorité pour 4 joueurs créé par Sylvain Beaujean, sympathique même si ça n’est pas du tout mon genre de jeu. Par contre l’autre création de Sylvian, Ovalie Arena: Born to Crunch, a été un gros coup de cœur. Chaque joueur dirige une équipe de rugby gérée par un deck de cartes et doit jouer des séries de 3 cartes maximum pour progresser vers l’en-but adverse.

Il y a bien entendu des pouvoirs pour retourner la situation, une gestion de l’énergie, qui permet de piocher dans une rivière personnelle. Bugdany et moi avons adoré, au point que le mot d’ordre était : montons une boîte pour le publier ! Amis éditeurs, Sylvain cherche quelqu’un alors ne traînez pas, son jeu a un potentiel énorme et a rencontré un franc succès auprès des joueurs s’y étant essayé.

Dans un tout autre genre, Laurent Gary, à qui on doit l’excellent Breizh 1341 chez Shakos, présentait la Croix ou le Feu, jeu pour deux joueurs sur la Croisade des Albigeois. Si l’ADN de l’auteur est clairement visible, le jeu ne ressemble pas du tout à Breizh et demande aux joueurs d’établir leur domination sur le Languedoc à grand coups de croisades (le rouleau compresseur de l’époque) et de soulèvements populaires. Nous n’avons joué qu’un petit scénario mais ce fut suffisant pour nous donner envie de surveiller le jeu de très près !

L’OVNI de la convention était pour moi Painkillers, de Brooks Barber (qui présentait aussi les autres titres à venir chez Hawk & Dove, sa société fraichement créée). Un titre qui met les joueurs dans les mocassins de PDG de compagnies pharmaceutiques qui vont, par leurs actions, s’appliquer à rendre dépendants à leurs médicaments (contenant des opiacés) un maximum de personnes tout en évitant de provoquer des overdoses (même si là encore, il y a moyen de se faire de l’argent) et surtout les enquêtes du gouvernement.

Chaque action est moralement répréhensible et je dois avouer que je ne me suis jamais senti aussi mal devant un jeu. Les points de victoire sont d’ailleurs représentés par l’argent que l’on détourne de sa propre compagnie à la fin de chaque round…

Le but de Brooks étant de dénoncer bien entendu les agissements de ces sociétés, je dois dire que la mission est réussie. Quant aux mécaniques, une fois la logique des actions/conséquences comprise, elles s’avèrent très fines et permettent de mettre en place des stratégies retorses. Un jeu unique, très fin et très critique, qu’il ne sera pas facile de mettre sur toutes les tables.

Il y avait bien d’autres prototypes présentés lors de cet OFJH 2026 mais je n’ai malheureusement pas pu les essayer car les journées étaient très remplies, entre retrouvailles avec les habitués des conventions (comme ce cher Fred « Petit Poucet » Serval) et rencontres en chair et en os de personnes côtoyées en ligne depuis des années. Beaucoup d’excellents moments, dans un cadre parfait.

Car si vous traînez sur les pages et forums dédiés, vous aurez noté que quelque chose revient constamment : la qualité de l’organisation. Elle était parfaite et parfaitement huilée : lieu parfaitement adapté et très bien desservi, avec des chambres gigantesques à un prix abordable, un très bon restaurant le soir et la possibilité d’avoir une formule rapide pour le midi, pour quand l’offensive sur le flanc gauche n’attend pas !

C’était vraiment impressionnant, avec un niveau de professionnalisme digne d’événements existant depuis des années. Le duo magique en charge de tout cela peut se vanter d’avoir parfaitement accompli sa mission et d’avoir fait repartir tout le monde avec un grand sourire aux lèvres.

Il y a plein de choses dont je ne vous ai pas parlé, comme les grandes tablées de Grognards le soir sur la terrasse du restaurant (mention spéciale aux serveurs et serveuses qui ont su garder leur professionnalisme devant ces grandes tablées d’enfants grisonnants et bedonnant), les parties de Warhammer, de Bolt Action, de Wings of War, tous les prototypes que je n’ai pas eu le temps de voir et qui méritaient sûrement un peu de mon temps…

Beaucoup, beaucoup de choses à voir et à faire, beaucoup de souvenirs aussi, tous agréables bien entendu, et surtout une grosse envie d’y retourner l’an prochain ! Mais je parle, je parle et j’en oublie de laisser la parole à Pascal Toupy, l’homme aux multiples casquettes et à l’énergie incroyable !

Bonjour Pascal ! Maintenant que la poussière est retombée, quel sentiment prévaut ?

Les retours des éditeurs, des auteurs et des joueurs sont très positifs, nous ne pouvons donc qu’être satisfaits. Nous souhaitions faire de l’OFJH une véritable « fête du wargame ». Les nombreux sourires aperçus durant ces quatre jours et l’enthousiasme exprimé par les participants nous permettent de penser que ce fut une réussite.

Quel a été le plus grand challenge dans l’organisation de cette édition ?

De manière générale, quitter la capitale pour relancer l’événement en province après sept années d’absence constituait déjà un pari risqué. Sur un plan plus personnel, suivant actuellement un traitement médical lourd, je n’étais pas certain de pouvoir être présent pendant toute la durée de la convention. Mais grâce au soutien de ma famille et de nombreux camarades wargameurs, j’ai pu tenir la barre jusqu’au bout.

Comment vous êtes-vous réparti les tâches, Guillaume Bouilleux (aka Monsieur Guillaume) et toi ?

Pour résumer à grands traits, Guillaume s’occupe principalement des relations avec les éditeurs ainsi qu’avec la structure qui nous accueille. De mon côté, je prends en charge la communication et les échanges en amont avec les auteurs et les participants. Pour tout ce qui concerne la logistique, nous travaillons en étroite collaboration.

Pourquoi avoir choisi Bordeaux ?

L’édition 2020 de l’OPJH a été annulée en raison de la crise du Covid. Lorsque nous avons voulu relancer l’événement en 2021, les tarifs de location des salles à Paris avaient doublé, voire triplé. Pendant plusieurs années, nous avons cherché une solution parisienne en faisant jouer nos réseaux, mais sans succès. Nous avons donc commencé à envisager sérieusement une implantation en province. J’ai alors prospecté de nombreuses salles avant que notre choix ne se porte finalement sur ma ville : Bordeaux.

Nous recherchions un lieu offrant plus de 500 m² d’espace de jeu, proposant une solution d’hébergement sur place ou à proximité immédiate, facilement accessible depuis une gare reliée directement à Paris et proche d’un aéroport. Bordeaux présente en outre un autre avantage : sa proximité avec l’Espagne, qui est aujourd’hui l’un des pays européens les plus dynamiques dans le domaine du wargame.

Allez-vous fixer l’OFJH à Bordeaux ou aura-t-on un Open itinérant dans le futur, comme le laisse supposer le nom ?

Comme je l’indiquais plus haut, le lieu actuel répond à l’ensemble de nos critères et nous donne entière satisfaction. Cela dit, l’OFJH n’a pas vocation à être définitivement attaché à Bordeaux. Si une proposition parisienne réellement intéressante se présentait à l’avenir, un retour dans la capitale resterait tout à fait envisageable.

La fréquentation a-t-elle été celle espérée ? Est-ce que le grand public a répondu présent ?

Nous avons dénombré environ 250 participants, ce qui constitue un résultat plutôt encourageant pour une édition de relance. Concernant le « grand public », notre objectif n’est pas d’attirer un simple public de passage, mais bien des personnes déjà intéressées par le wargame ou curieuses de le découvrir.

Comme je l’indiquais plus haut, notre ambition est avant tout de faire de l’OFJH la « fête du wargame » et d’y rassembler toutes les sensibilités de notre hobby.

Les retours des Grognards sont dithyrambiques. Quels sont ceux des éditeurs ?

Les éditeurs semblaient eux aussi très satisfaits, même si le marché est actuellement particulièrement chargé, avec un nombre important de sorties et un pouvoir d’achat plus contraint. L’OFJH leur offre justement l’occasion de rencontrer directement leur cœur de cible.

C’est aussi, pour les joueurs, une manière de prendre conscience que derrière les jeux qu’ils déploient sur leur table, il y a bien sûr des passionnés, mais aussi de petites structures éditoriales qui vivent et travaillent autour de ce hobby.

Il y avait beaucoup de tournois organisés. Les compétiteurs ont-ils répondu présent ?

Oui, et c’est un succès, comme à chaque édition. Nous tenons à conserver cette dimension compétitive, qui fait partie de l’ADN de l’événement, tout en continuant à faire vivre le Championnat de France créé en 1981.

As-tu eu le temps de coiffer ta casquette d’auteur ?

Pris par l’organisation, je n’ai malheureusement guère le temps que de répondre aux questions des joueurs. Je ne peux pas vraiment assurer de démonstrations ni présenter moi-même mes projets. Heureusement, JP Barcus, coauteur de Vendée 93 (Fellowship of Simulations), a proposé des démonstrations tout au long de la convention, tandis que Rodolphe Mathias a organisé et arbitré le tournoi de Great War Commander.

Cerise sur le gâteau : avec mon accord, il a également présenté en exclusivité des éléments de Great War Commander: Eastern Front, qui sortira très prochainement chez Hexasim.

Merci pour ton temps, je te laisse le mot de la fin.

Cette relance de l’ex-OPJH, devenu aujourd’hui l’OFJH, relayée par des médias comme France 3 et le journal Sud Ouest, contribue à donner davantage de visibilité à la pratique du wargame en France. Notre hobby de niche tend parfois à être éclipsé par la très forte dynamique actuelle du jeu de plateau, tandis que l’âge moyen des wargameurs continue de progresser.

C’est précisément pour cette raison que des événements comme l’OFJH sont importants : ils permettent de faire connaître cette pratique, de la transmettre et, nous l’espérons, de susciter de nouvelles vocations.

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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