Preview: Broken Lines

Dès l’intro de Broken Lines, on est jetés dans le vide. Heureusement, avec un parachute. S’échappant d’un avion en panne, toute une escouade de soldats se retrouve livrée à elle-même en territoire ennemi en pleine deuxième guerre mondiale. Sans aucune idée d’où ils sont ou quels sont leurs ordres, ils vont devoir survivre lors de combats en tour-par-tour tactique.

Dans cette ambiance un peu désespérée, on passe le tutoriel à ramasser des survivants du crash tout en flinguant nos premiers ennemis. Le premier contact avec le système tactique est particulier. Je n’ai jamais été très à l’aise avec le tour-par-tour avec résolution d’ordres simultanée ; que ce soit clair, on est bien plus proche d’un Frozen Synapse que d’un XCOM.

Mais que ce soit Frozen Synapse (alors que bizarrement j’ai vite accroché à Frozen Cortex…) ou TASTEE: Lethal Tactics, il me faut toujours un moment pour assimiler toutes les possibilités de réaction de l’adversaire. On suit ce schéma dans Broken Lines : on donne ses ordres de déplacement, on active des capacités spéciales et on coordonne les actions de nos soldats pour occuper les huit secondes que dure chaque tour.

La difficulté, c’est évidemment d’anticiper comment l’ennemi va agir de son côté ; huit secondes, c’est à la fois court et long. On regrette parfois de ne pas avoir assez de temps pour se déplacer sur de longues distances entre chaque patrouille ennemie. Mais on pestera surtout que les tours sont trop longs pour reprendre la main à temps pour se mettre à l’abri d’une grenade ou d’un ennemi qui fonce sous nos balles pour mieux nous prendre à revers.

En fonction de la position de notre personnage, le jeu nous informe des probabilités de toucher chaque adversaire visible (et réciproquement). On cherche alors le micro-pixel qui nous offrira quelques pourcents de plus ou qui limitera les risques de se faire toucher, sachant que l’ennemi ne se gênera pas pour bouger d’un poil et reprendre l’avantage.

Parmi les actions apportées par l’équipement (on peut en donner deux maximum à chaque personnage), on retrouve le soin, le tir de précision ou encore les grenades. Concernant ces dernières, faciles à utiliser, on visualise bien leur zone d’effet et leur puissance est seulement contrebalancée par leur nombre limité.

Mais on peut également ajouter des capacités spéciales passives ou actives, qui offrent par exemple des bonus au repérage ou déclenchent une rage meurtrière lorsque la santé descend sous un certain seuil. De quoi personnaliser et équilibrer un peu son escouade.

L’interface de Broken Lines est à part cela assez limitée, ne proposant que quelques informations sur les couverts accessibles ou le dernier emplacement connu d’un soldat aperçu au loin. Heureusement, les contrôles sont agréables, avec cette caméra facile à manipuler pour mieux appréhender le terrain.

Le décor n’est pas très lisible, il n’est pas toujours évident de savoir si on peut se placer derrière tel obstacle ou si la distance de vue nous permet de voir jusqu’à la maison là-bas au fond. Par contre, les graphismes souffrent d’un grave problème de couleurs. Tout est recouvert d’un filtre marronnasse qui assombrit l’image sans lui donner une réelle personnalité. Ça gâche une direction artistique qui sans cela est plutôt simple mais propre.

Une fois le tutoriel terminé, on doit gérer ses journées, ses troupes et ses ressources. Au nombre de deux et simplifiées à l’extrême (« salvage » qui sert de monnaie, « supplies » pour nourrir nos soldats), elles incitent tout de même à faire le tour de la carte lors des missions pour ramasser ce qui traîne.

Un marchand nous propose entre chaque mission équipement et rations contre nos ressources, il même parfois accès à un arsenal plus puissant que celui de nos hommes. Je n’ai vu que trois types différents : fusils, mitrailleuses et fusils à pompe mais on m’annonce une trentaine d’armes différentes. Vu qu’il faut constituer son équipe pour chaque mission, il n’est jamais inutile de varier les capacités pour s’adapter aux situations (une mitrailleuse étant toujours utile pour ses tirs de suppression, assez efficaces pour faire paniquer un ennemi).

Nos soldats ayant tous une histoire, une spécialisation et un caractère, ils vont s’engueuler avec leurs camarades lors de discussions scriptées offrant parfois un choix à faire, mais je n’ai pas encore vu quelles pouvaient être les conséquences (malus ou bonus en combat ?). La gestion de groupe est succincte dans l’état actuel du jeu, mais nos huit personnages seront nos seules troupes et il faudra en prendre soin sous peine de game over.

Développé par PortaPlay, studio danois jusqu’ici connu pour des jeux mobiles et pour un titre sorti sur Steam en 2016 : Tales from the Void (jeu de stratégie temps réel à l’ambiance sous-marine décrié pour ses contrôles pénibles) et édité par Super.com, Broken Lines promet beaucoup mais la démo ne dure que quelques missions.

Elle permet tout de même de se faire une bonne idée du système de combat sur quelques cartes plutôt variées. Pas inintéressant, il reste assez aléatoire et on subit parfois plus la situation qu’on ne la contrôle. L’IA très moyenne sert surtout de chair à canon, alors qu’elle pourrait nous rouler dessus avec un peu plus d’audace.

Il ne manque à ces combats qu’un timing un peu plus précis et des possibilités tactiques étendues pour me convaincre. J’espère sincèrement que quelque chose sera fait sur les graphismes et sa palette de couleurs douteuse qui nuit au gameplay.

Le scénario est lui aussi à peine esquissé mais il distille des indices et laisse espérer une histoire qui flirte avec l’horreur (à noter que le jeu sortira en anglais et qu’une version française n’est pour l’heure qu’envisagée). On peut prévoir une durée de vie d’une dizaine d’heures pour venir à bout de la douzaine de missions que comporte la campagne. Avec une sortie prévue pour le dernier trimestre 2019, il ne reste pas tant de temps que ça à PortaPlay pour le fignoler ; j’espère une bonne surprise mais je l’attends avec plus de curiosité que d’impatience.

Genre : Tactique en tour-par-tour simultané

Site officiel : https://brokenlinesgame.com

Développeur : PortaPlay

Éditeur : Super.com

Plateforme : Steam

Prix : entre 20€ et 30€

Date de sortie prévue : dernier trimestre 2019

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *