Interstellar Space: Genesis

Ah les 4X (eXplore, eXpand, eXploit, and eXterminate)! Toujours le même principe et pourtant on y a tous perdu des heures et des jours entiers. Le genre a tendance à peu évoluer mais certains jeux arrivent à tirer leur épingle du jeu en proposant ce que d’autres n’ont pas. On pense à l’interface presque parfaite des Endless Space, à la richesse sans fin de Distant Worlds: Universe (ou d’Aurora même si c’était plus une DB access qu’un jeu à proprement parler), à l’expérience agréable de Master of Orion, bref la concurrence est rude.

La sacro sainte sélection de race. 6 sont présentes dans le jeu de base.

Face à Interstellar Space: Genesis de Praxis Games (Praxis pas Firaxis 😮 ) j’étais un peu dubitatif. Certes un nouveau 4X ça fait envie mais en même temps il semblait un peu avoir 10 ans de retard. J’ai donc attendu les premiers retours pour me lancer.

Atterrissage tout en douceur.

Tout démarre de manière très classique, vous avez une planète et devez étendre votre empire. On remarque assez vite que la carte est assez petite, même en taille « Enorme », que l’interface semble assez vieillotte et les graphismes sont d’un autre âge. Certes ça fait le boulot mais ça manque quand même cruellement d’attrait, de paillettes et d’effets qui donnent vie au tout.

Ah ben dis donc on doit bien s’amuser dans ce truc gris et morne. Je comprends que les touristes adorent.

Une fois qu’on s’est fait une raison, on réalise que le jeu a une richesse non négligeable, des bonnes idées et des événements très sympathiques qui s’associent parfaitement avec le gameplay.

Les événements lors de l’exploration de ruines sont totalement aléatoires.

Comme dans beaucoup de jeux du genre, votre capacité à vous étendre dépendra de vos colons, de leur production (qui fluctuera en fonction du bonheur de ceux-ci et de la richesse de la planète), des bâtiments que vous choisirez de construire etc. L’une des différences majeures avec les autres jeux c’est que la taille de la planète et sa richesse détermineront sa population maximale ainsi que son infrastructure maximum. L’infrastructure permettra alors de choisir le « chemin » vers lequel vous désirerez développer votre nouveau monde. Ce peut-être un moyen de le rendre plus agréable à habiter ou d’augmenter la taille maximum de vos flottes. En effet, de nombreux développements permettent autant d’améliorer une colonie que votre empire entier.

Cette amélioration me permettra de me dispenser des modules antigravitationnels limités à trois populations.

Chacune de vos planètes sera donc limitée d’office, pas question de tout construire. Il faudra faire des choix, en général pour que celles-ci soient simplement viables et de préférence rentables. Même si le choix de développement d’infrastructures est encore assez limité, l’idée a le mérite d’exister et permet de spécialiser certaines planètes dans la construction de vaisseaux.

La taille de l’arbre de recherche est honorable, surtout que certaines sont liées à des ressources spéciales.

L’interface ne permet pas toujours de tout appréhender au premier abord mais au fil des heures on découvre comment upgrader nos vaisseaux, comment s’assurer que le bonheur de vos colons reste au beau fixe, comment bien lancer une colonie grâce aux vaisseaux de soutien ou encore pourquoi on ne peut pas de suite construire des vaisseaux titanesques de combat dès le premier tour, oups je m’égare…

Au début, on est bien pépère dans son coin.

Le jeu propose de nombreux autres éléments nouveaux, l’exploration par exemple se fait de deux manières, l’une classique grâce à un vaisseau d’exploration qui est nécessaire pour avoir des informations détaillées sur les planètes, l’autre via une exploration lointaine grâce à vos radars à l’intérieur de vos frontières (ou de celles de vos alliés). Celle-ci prend du temps mais permet de découvrir de nouvelles choses dans des cadrans où à première vue il n’y a rien. Cela permet ainsi d’assurer que vos vaisseaux d’exploration restent utiles tout au long du jeu même si le but n’est clairement pas d’arriver à tout découvrir sur une partie.

Tour 300 : plus que 133 cadrans à scanner…

Vous pourrez ainsi découvrir de nouvelles planètes, des ressources parmi les 4 majeures ou encore des ruines et des artefacts à explorer. Les limites de votre empire sont quant à elles définies par vos colonies, même si vos exploitations minières et vos postes avancés peuvent augmenter la portée de vos radars. C’est important car vos vaisseaux ne peuvent pas (trop) s’en éloigner. Pas question ici de découvrir toute la galaxie ou d’aller coloniser directement une planète en dehors de votre distance de ravitaillement.

En début de partie, vos frontière sont peu étendues, ce qui limite bien sûr votre exploration.

Cette limite de distance oblige donc parfois à s’installer sur des planètes au biome peu idéal pour vos colons uniquement afin d’agrandir vos frontières. Certains devront donc vivre avec des masques ou subir une gravité accablante. Ce qui affectera leur bonheur. J’ai beaucoup apprécié aussi que certaines colonies à peine installée, des événements peuvent faire leur apparition. Parfois limitant grandement le développement de celles-ci mais auxquelles vous pourrez toujours apporter une solution.

Le vaisseau salvateur arrive pour remettre sur pied ma colonie.

Une de mes colonies avait ainsi eu tout son matériel informatique vérolé par un ransomware. Me restait la possibilité de payer la rançon, d’assigner des scientifiques afin de craquer le code, ou d’attendre l’arrivée d’un vaisseau de soutien pour remplacer le matériel avec une pénalité de moral et de développement. Heureusement j’en avais un sous la main qui est arrivé quelques tours après pour tout résoudre. Bref, les events ne sont pas toujours juste du « texte ».

Afin de s’assurer de la loyauté de vos leaders, il faudra parfois répondre à leurs exigences.

D’autres permettront de recruter des « leaders » qui pourront alors être assignés à vos vaisseaux (leurs compétences détermineront la taille maximum du vaisseau qu’ils peuvent commander), ou des systèmes à gouverner. Ils peuvent aussi développer des compétences d’espionnage à utiliser contre vos rivaux. En début de jeu cependant, le prix de ceux-ci est exorbitant, et en fin de jeu vous ne saurez quoi faire de votre argent.

Il faudra veiller à ce que vos leaders aient tous un emploi si vous voulez garder leur confiance.

Ceux-ci montent bien sûr de niveau, acquièrent des traits aléatoires (et qui sont loin d’être toujours positifs), ont une opinion de votre empire, peuvent demander des augmentations ou encore avoir des désirs qu’il faudra ou non satisfaire. Au vu de leur utilité bien réelle, cela vous obligera parfois à faire des choix pas toujours faciles.

Difficile de se faire aimer dans ce monde de brutes

Vous l’aurez remarqué, je n’ai pas encore abordé les bonus culturels qui dépendent de l’avancement de votre population ni la diplomatie, classique certes mais avec une IA qui n’oublie pas vite ce que vous lui avez fait et avec qui les accords peuvent être à double tranchants.

Echange de missiles avant d’arriver au contact.

Et encore moins la partie combat. Qui elle se joue au tour par tour avec une grille sur laquelle vous devrez vous déplacer afin d’être à portée de l’ennemi avec les armes dont chaque vaisseau dispose tout en orientant vos bouclier du bon côté pour éviter de prendre trop de dégâts. Et vous pourrez bien sûr déterminer le design de chaque type de vaisseaux ainsi que choisir son armement.

Ah ouais, il y aussi une gestion de la chaleur des composants…

Les combats sont d’ailleurs assez sympathiques à jouer même si dans les modes de difficulté les plus bas, ils ne présentent pas réellement de challenge. L’IA est assez naze niveau tactique, se contentant de vous envoyer ses vaisseaux par petits paquets et ne prenant pas la peine non plus de mettre à jour l’armement de ses vaisseaux (mais bien ses défenses). Les devs m’ont cependant assuré que ce n’était pas le cas dans les modes de difficulté plus élevés.

Toblerone de combat!

Hors l’armement a beaucoup d’importance, vous pourrez en effet déterminer si vous voulez des lasers miniatures pour assurer une défense contre les missiles, ou bien des versions plus grosses pour faire plus de dégâts, des missiles plus rapides ou en salves plus larges. Tout ceci devra bien sûr se faire suivant l’espace disponible sur chaque vaisseau. Un peu dommage que le « look » 3D des vaisseaux ne changent pas suivant la manière dont vous les équipez mais chaque type de vaisseaux a son look propre par race.

Armada en route pour invasion.

Et puis les bombardements de colonies, les sabotages, les invasions… Vous l’aurez compris, Interstellar Space: Genesis est riche, très riche. Chaque race ayant en plus des « compétences » spécifiques qui aideront à son expansion. Bref, il y a de quoi faire.

Ouvrir ses frontières implique que l’IA peut faire ce qu’elle veut chez vous et ça devient vite le bordel.

Bien sûr le jeu n’est pas parfait. En dehors de ses graphismes datés, on notera un manque d’équilibrage en fin de jeu, où au final il faudra choisir entre faire la guerre à tout le monde ou bien avoir une diplomatie assez forte pour convaincre les autres nations de vous élire Maître de la galaxie.

Oui oui, il y a aussi un système d’élections galactiques.

La taille limitée de la carte s’explique par le nombre de vaisseaux et de colonies en fin de partie qui tendent d’ailleurs à ralentir un peu la réactivité de l’interface. Aussi, pas de lunes à explorer, les postes avancés et stations minières ne sont pas représentés graphiquement, les invasions ne peuvent être contrôlées en mode combat, et il y aurait encore beaucoup de choses qui permettraient de faire de ISG un classique du genre.

L’humain a l’air un peu concon mais au final c’est pas tellement faux.

Mais les devs sont sur la brèche, annoncent déjà des patches, DLCs cosmétiques et extensions. Et franchement… ça donne envie ! Ce jeu est bon, solide et on finit par assez vite oublier ses défauts les plus évidents. Il y avait longtemps qu’on avait pas eu un 4X aussi riche et je ne peux donc que le recommander. A vos vaisseaux messieurs, dames !

S’pa moi c’est la faute à Harvester !

Genre : 4X

Développeur : Praxis Games

Éditeur : Praxis Games

Date de parution : 25 juilet 2019

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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