Séries TV: Le Rattrapage de SAAvenger – Part I

Mieux vaut têtard que harnais me disait encore moi-même. N’étant pas un grand tvphore, il arrive que j’accumule un certain retard (pour ne pas dire un retard certain) dans le visionnage de séries. Voici donc un petit récap personnel des derniers mois.

Vikings : Quand je parle de retard c’est bien de Vikings que je veux parler, avec 5 saisons à son actif et la 6ème en préparation, c’est un euphémisme. J’avais tenté le coup à l’époque mais certains éléments m’avaient ennuyé et puis il faut bien l’avouer il y avait alors de nombreuses autres séries historiques de qualité (Boardwalk Empire, Black Sails, Poldark et puis Peaky Blinders ). Retenté il y a peu j’ai tout dévoré jusqu’à la première partie de la saison 5 (Amazon Prime c’est quand tu veux pour la seconde partie). Vikings est une série avec une grande attention aux détails même au niveau linguistique (l’utilisation du vieux français <3), des décors et costumes de fou, des liens crédibles avec la légende historique de la saga de Ragnar Lothbrok et les événements de l’époque, bref on a de quoi faire une série grandiose.

Ils sont fous ces vikings.

De plus le casting est littéralement porté par Travis Fimmel (Ragnar), Gustaf Skarsgård (Floki) et Linus Roache (King Ecbert) avec des seconds rôles assez solides en général, d’ailleurs Alexander Ludwig qui joue le rôle du fils de Ragnar prend petit à petit les tics de jeu de celui-ci, détails très appréciés.

Oh ça va heing! Je sais bien que tout le monde l’a déjà regardée cette série.

Là où le bât blesse à mon avis c’est plus au niveau du script et de la décision de s’affranchir de la gestion du temps. Certains voyages semblent prendre trois semaines, d’autres, tout aussi longs, moins d’une heure et ce n’est pas juste une manière de ne pas tout montrer pour économiser du budget, il y a clairement des facilités scénaristiques prises à ce niveau aussi. La première saison est une plongée assez fascinante dans l’univers Viking, la seconde s’étend et les événements montent crescendo jusqu’à la fin de la troisième saison. Après on part un peu en roue libre, les décisions des personnages ont de moins en moins de crédibilité sur laquelle s’appuyer et malgré une qualité générale qui reste haute, on va dire qu’on regarde plus par plaisir de voir nos personnages favoris que pour l’histoire. Reste que si quelqu’un n’a pas encore passé le seuil, je recommande chaudement (enfin froidement vu le grand nord), ne fut-ce que pour les décors et l’atmosphère.

Une des meilleures série du moment, si pas « LA » série.

Dark saison 2 : Petit bijou de chez Netflix, Dark peut au premier abord sembler dispensable. Présenté au début comme une copie allemande de Stranger Things ça ne semblait pas spécialement augurer du bon (Stranger Things est une bonne série mais on sait comment souvent les copies font pâles figures face à l’original). Seulement, à part le fait que Dark ouvre sur un groupe de jeunes allemands et la disparition de l’un des leurs, le sujet est totalement différent, pas de spoiler ici donc je ne parlerai pas du scénario en détail. Dark est une série très intelligente et je gagerais que le show a été dès le départ prévu pour trois saisons, pas plus. On a pas ici d’épisodes de remplissage ni de fils scénaristiques qui s’en vont librement au vent.

Qui ? Quoi ? Heing ? Comment !

Tout est lié, le casting est précis et le seul réel point négatif se situe plus au niveau visuel, non pas dans la photographie qui est bonne mais voilà quoi… c’est l’Allemagne. Il pleut, l’architecture de la petite ville est moche, ce n’est clairement pas la série pour faire rêver ou remonter le moral, de plus mieux vaut ne pas être distrait vu la complexité des liens entre personnages. Mais plus vous vous avancerez dans les épisodes, plus vous aurez envie de savoir la suite, et plus celle-ci vous accrochera. De toutes les séries que j’ai pu voir cette année, Dark emporte la palme, sans grande pompe peut-être, mais la qualité du script écrase toute concurrence à ce niveau (non on ne parlera pas de la dernière saison de Game of Thrones) et la troisième saison est attendue avec impatience.

Le détenu… oui oui c’est le titre FR… ça fait peur

El Recluso : Aussi chez Netflix, « Le détenu » en français…ça fait penser à ce film horrible nommé « L’île » et à ce demander pourquoi les français sont les seuls à ne pas arriver à faire des séries de qualité sur Netflix… les seuls ? Bon déjà, El Recluso, n’est pas une série Netflix mais une série Telemundo Internacional Studios, studio américain qui produit des séries/films en langue espagnole. La série est d’ailleurs un remake d’une autre série Argentine, ça commence à faire beaucoup et je ne sais pas trop pourquoi je me suis retrouvé à la regarder. Probablement parce que j’étais en manque d’insultes en espagnol, si cabron !

Santito joué par David Chocarro

Le pitch est simple, un ancien Marine recyclé en garde du corps est envoyé par un juge américain dans une prison mexicaine afin de récupérer des renseignements sur la fille de celui-ci, enlevée par un gang. La prison est elle séparée en deux clans rivaux et le chef du dit gang y fait la loi grâce à la corruption ambiante. L’atmosphère carcérale mexicaine avec ses taudis dans la cour et les coups de surin dans les douches est assez sympathique (NdHarvester : euh c’est pas le premier terme qui me serait venu…) et la série arrive à tenir le coup jusqu’à la moitié. Ensuite, elle tente d’élargir son scénario en dehors de la prison et montre vite ses limites. Le fait que l’acteur principal tente à tout prix de jouer le gars inébranlable limite aussi son jeu d’acteur qui semble (et est) inexistant. Heureusement, certains seconds rôles sont excellents, surtout celui de Santito, un vrai malade mental dangereux. Bref, sans grande prétention, la série est largement dispensable sauf pour ceux qui comme moi aiment entendre des sud américains s’insulter tous les trois mots. On peut aussi s’amuser de voir tous les objets derrière lesquels les cameramans ont du se cacher, un tic du réalisateur sans doute.

Qu’ils sont beaux les Sevens…

The Boys : Nouvelle série Amazon Prime du moment, The Boys a surtout suscité mon intérêt car il y a Karl Urban dedans (ah ce Judge Dredd d’anthologie). N’étant pas à la base un grand fan de super héros, j’avoue que le pitch me semblait sympathique quand même: qu’est-ce qui empêcherait les super héros de faire ce qu’ils veulent et qui peut leur faire assumer les conséquences de leurs actes ? Surtout si, en plus, ils sont promus et protégés par des intérêts privés. Bref, ça promet un monde bien sombre et une série à contre-courant.

Antony Starr fait un super boulot dans son rôle

Malheureusement, le script est un peu classique avec le neuneu de service qui n’en est pas vraiment un, le bad ass rock & roll comme si ça ne faisait pas longtemps que le rock & roll n’est plus rebelle du tout, et la gentille jolie fille (Erin Moriarty) qui va développer des sentiments pour le faux héros. Pour une série avec un thème à contre-courant, on ne peut pas dire qu’ils aient pris de grands risques. La photographie est aussi assez plate en général. Heureusement, le personnage de Homelander sauve la donne, dérangé et dérangeant, ce héro hors norme offre des scènes d’anthologie qui permettent à la série de décoller quand même.

La nazi de la liberté

The Man in the High Castle: En cours de visionnage sur Amazon Prime, aussi avec beaucoup de retard, j’ai longtemps hésité à regarder ce qui me semblait être une série avec un scénario bateau (ohhh les nazis ont gagné la guerre et l’Amérique est coupée en deux), des acteurs trop proprets et un tout trop éloigné de la réalité pour être intéressant. Malgré tout cela, je me suis lancé vu que les retours étaient assez positifs. Le début peine un peu à convaincre avec la classique héroïne extraordinaire et centrale à tous les événements qui se retrouve embrigadée malgré elle dans les actions qui opposent la résistance aux méchants occupants. Mais les occupants ont eux-même des secrets, des tensions entre eux et doivent jouer de leur influence pour déjouer des complots.

Rufus Sewell campe un SS très convaincant.

La série parvient donc quand même à accrocher au fur et à mesure, principalement parce qu’elle joue avec la réalité du spectateur afin de limiter l’effet d’incrédulité et aussi parce qu’elle arrive à montrer la nuances de gris de ses personnages. Vous finirez bien donc par « apprécier » certains nazis et détester certaines personnes de la résistance, c’est voulu. La série arrive d’ailleurs à jouer avec des moments clés de propagande pour impressionner et ce malgré des effets spéciaux un peu datés déjà.

Une petite sauterie entre potes…

Là où elle pêche, outre son panel de personnages principaux un peu urticants et sa photographie sans âme, c’est dans les détails : Sortir une feuille imprimée A4, des soutifs récents ou des lunettes en plastoc ça fait un peu tache et c’est dommage car ça sort un peu de ce côté très sixties de cette uchronie. Malgré tout, ça reste un visionnage agréable, certains personnages secondaires sortent du lot et amènent à eux seuls la tension nécessaire et on a envie de savoir la suite. Malheureusement, le tempo s’essouffle un peu en court de troisième saison et la crédibilité devient de plus en plus difficile à maintenir. Malgré tout comme tout est déjà sorti, il est possible que j’aille jusqu’au bout, par curiosité.

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.