Isonzo

Je me souviens d’une époque pas si lointaine que ça où les joueurs se plaignaient du manque de variété dans les FPS historiques. On avait droit à la Normandie ou le Front de l’Est… voilà. Aujourd’hui on en arrive, grâce à Isonzo, à pouvoir faire du multijoueur à 48 sur le front Italien pendant la première guerre mondiale, sur des terrains qu’aucun d’entre nous n’a étudiés à l’école. Il faut reconnaître qu’après Verdun et Tannenberg, les développeurs de M2H ont l’expérience nécessaire pour assurer l’intérêt des joueurs.

La moustache, l’arme la plus importante du fantassin.

On se retrouve donc avec un gameplay assez similaire (avec une balistique toujours un peu simpliste mais efficace), des engagements brutaux et des captures de points de contrôle comme dans les volets précédents, mais le tout se joue sur des cartes montagnardes superbes (6 pour l’instant) de taille plus qu’honorable vu que comme pour la série Battlefield, on a une défense évolutive.

Un côté attaque et l’autre défend, l’attaquant perd s’il n’arrive pas à capturer le prochain objectif avant la fin de ses tickets (300 vies) et le défenseur à l’inverse s’il n’arrive pas à contenir l’attaquant jusqu’au dernier point de défense. Le terrain accidenté, parfois avec des dénivelés conséquents, rend parfois le travail d’un ou l’autre camp plus que compliqué.

Kaboom ! Vaut mieux pas être en dessous

Graphiquement, le tout est réussi même s’il n’épatera pas les plus goulus d’entre vous. J’avais trouvé Beyond The Wire un peu plus charmant visuellement (si on peut dire ça d’un champ de bataille) mais les explosions (nombreuses) sont impressionnantes à voir (de loin, parce que de près en général vous avez plus trop l’occasion d’apprécier). Heureusement qu’il y a des petites bulles au dessus des alliés car certains uniformes (customisables via DLC surtout) peuvent parfois se confondre.

Avancez ! Avancez ! C’est vite dit, on croirait le chef avec ses articles.

Le design des cartes est efficace avec des chemins étriqués à emprunter, des positions de mitrailleuses qu’il faudra éliminer avant d’avancer, on alterne les combats dans des bâtiments et d’autres sur terrain ouvert où la reconnaissance ou les différentes types de soutien (aérien, gaz, artillerie) seront plus qu’utiles. Le côté en longueur permet au joueur de vivre une expérience intense avec des combats assez rapprochés où la mort est très présente.

Entre les tirs d’artillerie, les grenades, l’ennemi qui prend à revers, les snipers entre deux buissons et les vagues ennemies, mourir va vite devenir une habitude jusqu’à ce que vous soyez un peu plus habitué au jeu.

Binoclar moi ? Alors qu’on leur en a tué…

D’ailleurs le seul réel bémol que je peux trouver au titre c’est justement la progression. Il y a un système classique de classe (alpiniste qui va se déplacer plus vite en montée, ingénieur qui peut construire des défenses ou des positions fixes, assaut qui dispose de grenades etc) chacune ayant sa propre progression et des armes à débloquer avec des missions bien (trop?) spécifiques.

Seulement voilà, permettre aux joueurs plus expérimenté d’avoir de meilleures armes ou des grenades alors que d’autres n’en ont pas (surtout pendant une guerre où les fusils ne sont pas automatiques) n’est peut-être pas la meilleure solution pour éviter de frustrer les joueurs néophytes.

A défaut de gagner, on se console comme on peut.

J’ai aussi lu que, pour ceux qui aiment jouer en équipe, les escouades ne peuvent pas se constituer à l’avance ce qui pour un jeu multi est quand même un peu bête. Mais à part ça, j’ai trouvé le gameplay aussi agréable et facile à prendre en main que les précédents volets (seule exception, les soins des autres qui se font au clic droit alors que le soin en cas d’hémorragie se fait au clic gauche, mais bon il faut bien reconnaître qu’en général on a pas trop le temps de se soigner avant de mourir).

Et puis, il faut bien avouer que le voyage fait le tout, le théâtre d’opération est unique, efficace et très agréable à parcourir. Il vaut clairement le détour pour un titre qui bénéficie de tout le savoir faire acquis lors des précédents opus. Bref je le trouve très bon et bien placé au niveau du prix car la qualité est au rendez-vous. Avis aux amateurs !

Développeur : M2H, BlackMill Games

Editeur : BlackMill Games

Genre : FPS Multi-joueurs

Prix : 29.99€

Page Steam

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.