Hell Architect

J’expliquais il y a peu dans mon test de Patron que les amateurs de jeux de gestion sont devant un choix plus que pléthorique et que malheureusement, les jeux – même sans défaut majeur – ne sortant pas du lot seront très vite oubliés. Visiblement les développeurs de Hell Architect pensent comme moi et ont essayé de se sortir du « clone de Banished » pour aller faire un… clone d’Oxygen Not Included.

Bon, visiblement il y a un concept qui n’est pas encore bien intégré mais, restons confiants, les choses ne peuvent que s’améliorer. Oui je suis parfois un peu innocent… Quoi qu’il en soit, penchons-nous sur le bébé du studio Woodland Games qui semble bosser sur 4 titres en même temps. C’est beaucoup oui et ça pourrait expliquer que Hell Architect a tendance à se contenter du minimum. Le meilleur exemple ? La campagne solo qui se compose de six petits scénarios. Oui c’est chiche et non, jamais je n’arrêterai de râler sur les développeurs qui bâclent les campagnes. Le bac à sable c’est bien, vivre une histoire c’est mieux (en cas de désaccord n’hésitez pas à écrire vos lettres d’insultes à Ruvon qui se fera un plaisir de ne pas transmettre).

A la tête de légions infernales, votre but est de prendre le pouvoir sur Satan et… ah, on joue un démon mineur qui doit faire ses preuves en exploitant au mieux des pêcheurs (ceux qui ont fait des conneries de leur vivant, pas ceux qui vont chercher du thon avec un chapeau ridicule). Vous allez donc devoir veiller au bien être de vos ouailles afin de pouvoir plus les torturer pour remplir une série d’objectifs qui, soyons honnêtes, n’intéressent pas grand monde. Et j’ai bien vu que vous avez tiqué à « veiller au bien être). Oui, les pêcheurs sont morts mais il faut quand même les nourrir et les empêcher de devenir fou, sinon ils meurent et partent dans les limbes, desquels il faudra les faire revenir en sonnant un gong.

Je n’ose pas me relire tellement c’est ridicule et prouve que Woodland Games a juste collé un skin « enfer » sur un simple jeu de gestion. Le thème pourrait de ce fait être mieux exploité mais a priori le stagiaire en charge des blagues n’était là qu’à mi-temps. On a donc droit à des petites séquences de dialogue entre démons majeurs presque marrantes au début et embarrassantes sur la fin, que l’on zappe bien vite avec un sourire gêné. Non franchement, je souris devant quasiment toutes les blagues de notre CM dans ses tweets, mais là c’est vraiment trop basique.

Heureusement pour nous, un jeu de gestion se juge à ses mécaniques et au creusage de méninges qu’il provoque. Et là, force est de constater que Hell Architect est lui aussi dans la catégorie des petits jeux rigolos pas bien méchants (c’est ballot, avouez). Une fois que l’on a compris comment assurer la subsistance de nos travailleurs, le reste n’est qu’une question de temps et surtout d’attente. Les chaînes de production sont assez rigolotes mais ne nécessitent aucune logistique. Vous allez donc construire le minimum vital et vous intéresser aux spécificités du niveau. En subissant les « blagues » de vos interlocuteurs.

Oui c’est chiche et non, ça n’a pas la complexité d’Oxygen Not Included. Quasiment toute l’économie repose sur la souffrance (mention spéciale tout de même aux instruments de torture et leurs animations) ce qui ralentit globalement le rythme de jeu. Il faut constamment que vos travailleurs s’interrompent pour aller se faire torturer, ce qui oblige à jouer en vitesse élevée. Et avec tout ça je me rends compte que le bilan n’est pas bien glorieux, alors que je n’ai même pas parlé de la bande son plate au point que je croyais avoir coupé mes enceintes. Ni de l’interface qui pourrait être un poil revue afin de ne plus nécessiter autant de clics pour les éléments indispensables (échelles…).

Quand on prend Hell Architect pour ce qu’il est, c’est-à-dire un petit jeu de gestion s’adressant aux moins expérimentés, alors oui c’est presque conseillable, en promotion. Parce que même s’il est léger et rigolo, même si les développeurs ont essayé d’être originaux, il y a mieux, bien mieux sur le marché. Tout est survolé, les bonnes idées ne sont pas vraiment exploitées et le contenu est relativement chiche, ce qui ne donne pas envie d’y revenir. Tiens ça me donne envoie de relancer Hammerting pour voir où ils en sont du développement.

Genre : Gestion

Développeur : Woodland Games

Editeur : Leonardo Interactive

Date de Sortie : 18 Août 2021

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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