World War Z

Après avoir lessivé et apprécié Strange Brigade, je me suis directement lancé dans un autre jeu du genre qui venait de sortir, j’ai nommé le jeu éponyme au film et au livre (que je n’ai pas lu) : World War Z (NdHarvester : le livre n’a absolument rien à voir avec le film). On change d’époque et d’environnement mais on garde les zombies. En revanche, cette fois-ci ceux-ci sont rapides et nombreux !

Le jeu propose un bel éventail de personnages…Dommage que le choix soit lié à la carte de campagne.

La campagne coop (ou solo selon vos envies) se joue à quatre personnages, qu’ils soient gérés par l’IA ou non, les quatre personnages jouables sont prédéfinis par mission, vous pouvez indiquer celui que vous préférez mais rien ne dit que vous l’aurez, ça casse donc un peu l’attachement au perso et l’immersion. En ligne, aucun moyen pour l’instant de « limiter » l’accès, donc si vous jouez à deux, des « étrangers » pourront vous rejoindre à tout moment que vous le vouliez ou non, d’ailleurs vous ne pouvez pas non plus décider si vous rejoignez quelqu’un ou démarrez seul, très perturbant au début où on vous catapulte directement au milieu d’une mission avec une horde de zombies qui arrive. Assez étrange comme principe et à contre courant des habitudes, j’avoue que ma première impression était plus que mitigée. Pire ! En cas de déconnexion (et la première semaine celles-ci furent nombreuses) pas moyen de rejoindre la partie de votre « ami » quand vous ne devez pas tout simplement complètement redémarrer le jeu pour continuer à y jouer.

Ah ouais quand même…on dirait Harvester à l’heure de la bouffe mais en plusieurs exemplaires

Outre cet aspect qui a valu quelques Memes en ligne (« quoi les joueurs veulent jouer avec des amis sur un jeu coop? »), le jeu rencontre parfois aussi quelques bugs, certains pas très graves comme des zombies morts coincés au milieu d’une animation de course, d’autres plus embêtants où ils vous est impossible de sortir de la pièce parce que vous n’apparaissez pas au checkpoint désiré alors que les autres joueurs n’ont aucun soucis. Vous devez donc vous laisser vous faire manger par les Zekes (le petit surnom gentil donné aux zombies) afin de pouvoir continuer. Mais parfois, le jeu vous laisse tranquille et vous pouvez alors vous concentrer sur l’extermination pure et simple de tout ce qui se trouve sur votre chemin.

Un objectif clair et concis, digne de la rédaction de Dystopeek

Niveau zombie, le jeu vous met assez rapidement dans le bain, et il faut bien l’avouer, les hordes qui se ruent à votre rencontre sont super bien faites et impressionnantes, même si on finit par remarquer les astuces techniques utilisées pour arriver à ce résultat, celui-ci n’en reste pas moins réussi. Après, niveau originalité ça s’arrête un peu là. Il y a royalement quatre zombies spéciaux que vous rencontrez dès la première mission, heureusement leur placement est aléatoire lorsque vous refaites les missions mais ça reste maigre. Surtout qu’il n’y a aucun boss de fin de niveau et que l’histoire découpée par groupes de personnages est anecdotique.

Attention! Explosifs qui n’explosent pas!

Aussi, contrairement à Strange Brigade où le jeu fait la part belle à l’exploration, l’aventure et l’utilisation de l’environnement, le level design de WWZ est assez peu inspiré. Que ce soit par manque de temps/budget ou de compétence, difficile à dire. Aucun « collectibles », les coffres à trouver ne donnent que des armes temporaires (que vous pouvez ensuite améliorer grâce aux points d’expérience que vous gagnez lors de leur utilisation) ou des trousses de soin, peu ou pas d’interaction avec l’environnement : quelques leviers/boutons, deux/trois bonbonnes de gaz (mais les tonneaux explosifs n’explosent pas), des décos qui tombent du plafond dans la premier mission et voilà. Fin. Ah si, on peut quand même placer des défenses avant les rushes d’ennemis.

C’est là que t’es content d’avoir installé une mitrailleuse automatique avant qu’ils arrivent ces cons là…

Donc en gros on se contente d’avancer et de tout tuer sur son passage jusqu’à atteindre un point de contrôle qu’il faudra défendre. Toutes les missions suivent ce schéma, même si évidemment les moyens peuvent varier : aller chercher des objets, escorter un bus ou une personne, aller appuyer sur des boutons… Voilà, rien de bien folichon mais en revanche le jeu vous laisse très peu de temps de souffler, contrairement à Strange Brigade qui est un jeu assez lent qui vous laisse le temps d’explorer avant de combattre, ici le cœur du jeu est de combattre. Rester en groupe devient primordial et dans les difficultés plus avancées, sauvegarder sa barre de vie devient crucial. Surtout que le friendly fire est activé, donc il est totalement possible de dézinguer vos coéquipiers, que ce soit volontairement (et rien encore qui permette de signaler les griefers) ou non.

Si on y regarde pas de trop près, le jeu est beau et l’ambiance excellente.

Heureusement pour lui, le jeu a une base de gameplay solide avec un bon feeling des armes et une bonne variété à ce niveau. Tirer et faire exploser du zeke est fun et c’est un peu ce qui sauve la donne. Car il faut bien l’avouer, la campagne est vite torchée une fois que vous avez compris le principe du jeu. Mais le jeu propose une large gamme de modes de difficulté, vous commencez en facile par défaut mais il y a près de 8 modes différents et à partir du « Difficile » les choses se corsent pas mal (pas de trousse de soin pour commencer déjà) donc ceux qui aiment les défis et refaire les mêmes missions auront de quoi faire. Reste que comme le jeu est sur l’Epic Game Store uniquement, pas d’achievements ou de succès pour satisfaire les plus collectionneurs d’entre vous.

Tombe le zeke!

Chaque mission réussie (et dans une moindre mesure, ratée) vous fournira de l’expérience pour débloquer des niveaux d’arme ou de classe ainsi qu’une somme d’argent (qui varie selon la difficulté de la mission) afin de débloquer les différentes améliorations. Avec 6 classes différentes et une trentaine d’armes, il faudra beaucoup de temps pour tout débloquer, surtout que les prix augmentent avec le niveau. Votre personnage deviendra ainsi de plus en plus fort et aura des compétences utiles telles que la possibilité de placer un mortier ou de vous relever lorsque des zombies vous mettent au sol.

Si tous les jeux pouvaient offrir une telle variété d’armes ce serait sympa.

Reste bien sûr que s’il y a de quoi faire niveau progression, ça restera (en tout cas pour le mode campagne) sur les 4 cartes du jeu de base (New York, Jerusalem, Moscou et Tokyo) chacune découpée en 3 chapitres, sauf Tokyo qui n’en a que 2 pour l’instant (la troisième est prévue d’ici un mois). 11 missions de moins d’une heure chacune. A moins que les devs n’arrivent à sortir du contenu rapidement, j’ai un peu peur que la majorité des joueurs soient déjà partis quand celui-ci arrivera. Mais c’est en tout cas déjà un succès vu que plus d’un million d’exemplaires ont été vendus en moins de deux semaines. Il faut bien avouer que le pricing est un peu plus juste que celui de Strange Brigade (oui je parle beaucoup de Strange Brigade, déjà parce qu’il est bon et aussi parce qu’il est plus récent que PayDay 2, la référence du genre) : 35€ c’est un peu cher pour le contenu actuel mais ce n’est pas non plus exagéré pour un jeu non indé.

Les petits bonshommes jaunes sont pestilentiels, un peu comme machiavel mais on lui dit pas.

Au final, un verdit un peu mitigé. Pour moi, le contenu n’est pas suffisant actuellement pour s’y plonger corps et âme. Et ce même si le jeu offre aussi des modes multijoueurs plus classiques avec un « twist » : King of the Hill + zombies c’est rigolo une fois mais je ne crois pas que ça suffise pour tenir face à la concurrence. Le cœur du jeu reste la campagne et elle est trop courte et trop peu inspirée pour offrir une réelle envie de rejouer pendant des semaines. Et ce malgré le placement aléatoire des zombies. Après ça suffira probablement pour certains, surtout si vous aimez l’expérience intense avec des potes et que vous n’êtes pas encore épuisé par la mode zombie. En solo en revanche, l’IA des coéquipiers se débrouille mais est assez frustrante. Elle vous suit sans soucis mais a tendance, pour je ne sais quelle raison, à se mettre devant vous à chaque fois que vous tirez. Vu que tir ami, il y a….ça va vite vous poser problème.

On peut uniquement améliorer ses armes et ses compétences dans le lobby… quand d’autres joueurs arrivent. Je sais pas qui a eu cette idée mais c’est pas très malin.

Mais la base du jeu est solide, il y a quelques erreurs de design pour un jeu coop, quelques bugs et soucis de connexion mais ceux-ci seront je suppose vite résolus surtout au vu du succès du jeu. La balle est dans le camp des devs quant à leur capacité à soutenir leur jeu et à offrir des nouveautés aux joueurs. Pour ma part, j’y retournerai probablement s’ils ajoutent du contenu gratuitement mais pas pour le « plaisir » de débloquer et de rejouer ad vitam aeternam les mêmes missions peu inspirées avec les mêmes mobs qui font roar. Wait and see donc.

I hear you, bro… I hear you.

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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