Early Access: Winter War

Winter War, dernier né du studio Avalon Digital, vous propose de revivre non pas la saison de ski d’un parisien mais la guerre qui a opposé la Finlande à l’envahisseur russe entre Novembre 1939 et Mars 1940. Basé sur les mêmes règles que Battles for Spain, testé il y a quelques semaines ici-même, Winter War boxe dans la catégorie wargames, mais accessible, idéal pour donner envie aux néophytes et occuper les Grognards entre deux invasions de la Russie.

Aux armes !

Winter War propose plusieurs scénarios, histoire de se faire la main avant d’attaquer la grande campagne : la déclaration de guerre et l’invasion russe, les batailles de Tolvajärvi, Suomussalmi (fin 1939) et de la Ligne Mannerheim (traitant des deux derniers mois de la guerre). Chacune de ces batailles met en évidence les différences de doctrine des camps engagés. Alors que la Finlande se repose sur des unités performantes et bien équipées, la Russie compte sur un grand nombre d’unités au mieux très moyennes, appuyées par une artillerie impressionnante et une flotte d’avions qui obligera bien vite le Finnois à être très prudent dans ses raids aériens.

C’est pas très glorieux mais faudra faire avec

Comme mon estimé collègue vous l’expliquait lors de sa bafouille sur Battle for Spain, le déroulement d’un tour de jeu est relativement simple. Chaque joueur va, à son tour, piocher des cartes, utilisables soit pendant la partie stratégique (pour disposer de renforts extérieurs, bombarder une ville…) soit pendant les batailles (tendre une embuscade, gonfler le moral des troupes…). Place ensuite aux mouvements aériens offensifs, pour intercepter des chasseurs ennemis ou appuyer les troupes au sol, avant de procéder aux mouvements terrestres.

Oui, tout n’est pas non plus permis !

Ils peuvent s’effectuer via les voies de chemin de fer, et permettent ainsi de traverser très rapidement le pays, ou d’une région à l’autre, sachant que chacune nécessite un certain nombre de points de mouvements. Il faut donc planifier à l’avance l’arrivée des renforts et la montée en ligne des troupes. Si celles-ci débarquent dans une région occupée par des troupes adverses, une bataille est planifiée. Un bon point est que toutes les batailles s’effectuent à la fin de la phase de mouvement. Le joueur actif peut donc amener des troupes d’autres régions s’il le désire, quitte à dégarnir ses arrières…

Ca passe !

Une fois cette phase finie, place aux batailles et… je dois vous avouer que je suis assez dubitatif concernant leur déroulement. Le jeu ne disposant pas d’un manuel digne de ce nom ni de tutoriel (mais cela viendra avec la version finale à n’en pas douter), je n’ai pas pu vraiment comprendre ce qui permet à une unité de toucher, ou subir des pertes, sur les lancers de dés (et SAAvenger vous dira à quel point j’aime maîtriser les règles…). Toujours est-il qu’on se rend vite compte de l’importance des fortifications et autres champs de mines qui font tampon entre les assaillants et les défenseurs retranchés, obligeant les premiers à venir en force et surtout avec des généraux (qui ne participent à la bataille que pour les bonus en commandement) afin que le moral ne s’écroule pas lorsque les pertes s’accumulent. Il est heureusement possible de faire retraite en cas de mauvaise fortune ou au contraire de percer lors d’une victoire, ce qui peut s’avérer à double tranchant vu qu’aucun renfort n’est possible à ce moment-là…

Les pertes russes ne sont pas facilement comblées lors des premiers tours

Une fois cette phase terminée, place aux déplacements défensifs de l’aviation et au tour de l’adversaire ! C’est donc du très classique, il n’y a pas d’activation d’opportunité entre deux phases de l’adversaire et passés quelques tours, on commence à prendre ses marques et à réaliser, dans le cas du joueur finlandais, qu’il n’a aucun intérêt à aller chatouiller le russe au-delà de ses frontières, à moins de vouloir envahir Leningrad pour s’assurer une victoire immédiate. Lors de notre test en multijoueurs avec SAAvenger, j’ai eu l’outrecuidance de lancer une offensive au Nord, désireux d’envahir une ville et ainsi grapiller quelques points de victoire. Vu la faiblesse de mon rideau défensif, mon adversaire n’a eu aucun mal à encercler et annihiler mes troupes, me privant ainsi de plusieurs unités qui auraient bien plus utiles en défense. Et si vous vous posiez la question, oui il arrive à votre Belge préféré de bien jouer parfois…

Leningrad, ville d’estropiés…

Alors, que penser de ce Winter War encore en Early Access ? Si on l’aborde pour ce qu’il est, un wargame d’initiation, alors il est parfait. Le système de règles (basé sur la série SGS commun à Battles for Spain et Wars Across the World est simple et permettra aux détenteurs de ces opus de pouvoir jouer sans passer par une phase d’apprentissage. Pour les autres, vu qu’il n’y a ni tutoriel ni vidéos explicatives (pour le moment), la maîtrise sera plus douloureuse et nécessitera de nombreux tours avant de saisir les bases. Mais une fois que l’on comprend quoi faire et surtout comment le faire, alors on se retrouve devant un titre solide qui, s’il ne propose pas une guerre longue, vous occupera de nombreuses heures. Il est évident que le camp à privilégier pour le joueur humain est celui de la Finlande, bien plus difficile. Il faut cependant aimer jouer en défensif et être patient avant de monter la moindre opération offensive. La gestion des alliés et des renforts est d’ailleurs critique pour ne pas se retrouver submergé par les vagues rouges.

Cependant, il y a quelques points qui nous ont gênés et qui sont, je l’espère, dus à l’avancement du jeu : l’interface est très perfectible et peu claire avec, par exemple, des infobulles non sollicitées s’affichant lors des déplacements de troupes (et gênant ainsi le joueur), il est parfois difficile de savoir où cliquer pour certaines actions et, comme mentionné plus haut, les batailles ne sont pas claires. Il en est de même avec les mouvements avec certaines incohérences, à moins que ça ne soit du fait de règles dont j’ignore l’existence, allez savoir. Certains mouvements, coûtant un point, ne sont pas possibles alors que d’autres, coûtant plus, le sont. C’est étrange et frustrant. Il reste à espérer qu’Avalon Strategy réglera tout ça avant la sortie.

Les bonus apportés par les Généraux

Idéal pour initier un ami aux wargames (et surtout jouable en Remote Play Together !) grâce à ses scénarios courts qui changent des campagnes nécessitant une centaine d’heures pour en voir le bout, Winter War est un titre au prix tout doux qui ne demande qu’un peu de travail pour arriver à maturité. Le thème abordé, très peu commun, devrait aussi peser dans la balance pour les amateurs de jeux d’histoire lassés du front Ouest (ou Est !), tout comme le système d’évènements qui promet une bonne rejouabilité. A surveiller de très très près !

Même si je n’ai qu’une seule partie à mon actif, je tenais à faire partager mon ressenti, ayant eu l’opportunité de tester les autres titres d’Avalon Digital. J’ai beaucoup aimé Battles for Spain et Blocks! Julius Caesar (test à venir sur Dystopeek) car comme l’a indiqué Harvester, le système de jeu est agréable et pas trop difficile à comprendre pour les néophytes.

C’est aussi un plaisir d’avoir des wargames sur des fronts peu visités par le genre. Malgré tout, je rejoins Harvester sur les soucis d’interface, qui en l’état semble être un pas en arrière par rapport à Battles for Spain. Les indicateurs de mouvements (couleurs et distance) ne sont pas toujours très utiles ou corrects et le scénario joué me semblait un peu déséquilibré avec des russes qui n’ont pas vraiment d’unités qui permettent de percer au vu de leur qualité assez médiocre.

Je n’ai pas eu non plus l’impression d’avoir un grand nombre d’hommes pour palier aux pertes (en revanche l’aviation est elle très présente). Le jeu est bien sûr encore en Early Access et j’espère donc retrouver à terme la même qualité que pour les autres titres.

Développeur : Avalon Strategy

Editeur : Avalon Digital

Genre : Wargame tour par tour

Site officiel

Prix : 12.49€

Testé sur une vezrsion presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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