West of Dead

La mort, il parait que ça n’arrive qu’une fois dans la vie. Mais au Far West (of Dead), elle nous réserve une mauvaise surprise. Au lieu de disparaître dans les limbes, notre héros se réveille dans un saloon tenu par un barman taciturne. Après quelques paroles peu rassurantes, il l’invite à passer les portes battantes du Purgatoire pour se retrouver dans un endroit étrange, dangereux et mal éclairé.

Notre ami, nommé William Mason, a la voix de Ron Pearlman et la gueule enflammée de Nicolas Cage dans Ghost Rider. J’ai plutôt envie de l’appeler Nicolas Pearlman, pour la peine. Armé de pétoires variées, il va devoir traverser des niveaux générés de façon procédurale pour atteindre une sortie lourdement gardée par divers fantômes, animaux et monstres.

J’avais découvert ce twin-stick shooter en vue du dessus lors de la beta et j’avais apprécié son ambiance. Réussi visuellement et musicalement, West of Dead est un roguelike que j’ai trouvé particulièrement difficile. C’est peut-être lié à mon incapacité légendaire à manipuler une manette. En tous cas, je suis mort en boucle, et souvent dès le premier niveau.

On commence chaque run avec deux armes données au hasard, qu’on utilise avec les gâchettes, on trouve quelques objets plus ou moins utiles (fioles de vie, couteaux, tomahawk…), et on fait pan pan contre des soldats de la guerre de Sécession, des espèces de zombies chelous et parfois même des boss bien violents dont il faut analyser les patterns pour ne pas voir sa barre de vie disparaître en quelques secondes.

Chaque salle est plus ou moins éclairée et équipée de lanternes à allumer. Il faut commencer par ça, puisque chaque nouvel éclairage aveugle temporairement les ennemis présents, nous permettant d’en éliminer sans risques. La gestion de la lumière a plusieurs effets : déjà, la caméra se focalise sur la partie visible de la pièce. Ensuite, on peut cibler uniquement les ennemis hors de l’ombre (tandis qu’eux peuvent nous canarder ou nous balancer des bâtons de dynamite à l’aveugle).

On trouve des armes de plus en plus puissantes, allant du pistolet à bouchon à la carabine en passant par le fusil à pompe à (très) courte portée, mais on reste dépendant de ce que le jeu veut bien nous proposer comme flingues. Chaque pétoire dispose d’un nombre limité de munitions, qu’on recharge automatiquement en restant à couvert, certaines faisant parfois des dégâts critiques ou spéciaux.

L’important dans ce genre de jeu, ce sont les contrôles. Et je ne suis pas complètement convaincu par ceux de West of Dead. Si la visée est aisée avec le stick droit, s’il faut calculer le nombre de balles pour ne pas se retrouver à faire clic-clic devant les ennemis, les zones de couvert sont un peu aléatoires. Il suffit de se coller à un élément du décor pour se protéger, mais parfois on souhaite en sortir pour changer d’angle de tir et ce n’est pas toujours très fluide.

À la fin de chaque niveau, on peut dépenser les péchés ramassés sur les ennemis tués pour débloquer de nouveaux éléments qui seront disponibles pour les runs suivant. Mention spéciale à la lanterne portable, qui sert de flashbang et qui nous sauvera souvent la mise. On récolte également de la thune qui sert à acheter armes et équipement chez un marchand, même s’il est rarement intéressant par rapport au matériel qu’on trouve au détour des couloirs.

Les décors évoluent avec les niveaux pour renouveler l’ambiance graphique, la musique à base d’arpèges de guitare (dans une pure ambiance western très sympa) également. Les ennemis aussi d’ailleurs, mais la progression rapide des premiers niveaux est vite freinée par leur tendance à devenir des sacs à points de vie. On trouvera des autels pour gagner en puissance de dégâts au corps à corps ou pour augmenter notre barre de vie, mais ce sont bien les armes elles-mêmes qui définissent notre niveau de DPS.

Il n’est pas rare de devoir cribler de balles nos adversaires faute d’avoir trouvé une arme vraiment efficace. C’est d’autant plus flagrant face aux boss qui nous obligent à assurer parfaitement ces rencontres un brin longuettes, sous peine de revenir au menu principal. On est un peu trop dépendant de ce que veut bien nous donner le jeu, ce qui rend certains runs frustrants.

Notre promenade est rythmée par les commentaires de Ron Pearlman qui incarne parfaitement notre personnage et qui donne une vraie âme à l’ambiance. Les musiques sont elles trop souvent interrompues par les combats ; la petite mélodie des couloirs stoppe alors brutalement pour passer sur une autre boucle, avant de revenir au thème du niveau une fois les ennemis occis. Si l’idée n’est pas mauvaise, les transitions sont rentrées au chausse-pied et cassent leur effet pour devenir parfois pénibles.

Le gameplay tourne un peu en boucle et peine à se renouveler, rendant moins attrayante la perspective de tout recommencer lorsqu’on meurt après un run de quelques dizaines de minutes. On esquive, on shoote, on se remet à couvert, jusqu’à l’extermination des ennemis, puis on passe à la salle suivante et on recommence.

Heureusement qu’on débloque assez vite une sorte de téléportation pour se déplacer plus rapidement dans les parties des niveaux déjà explorés, vu qu’il y a de nombreux chemins et autant de culs-de-sac nécessitant de revenir en arrière. J’ai souvent joué par courtes sessions, ayant assez vite envie de faire autre chose plutôt que de me retaper tout depuis le début.

Œuvre de Upstream Arcade, une petite équipe britannique de vétérans de l’industrie du jeu vidéo (et auteurs de Deadbeat Heroes avant ça), West of Dead est un jeu que j’avais envie d’aimer mais je pense que mon skill n’était pas au niveau pour en apprécier toute la saveur. J’ai trop souvent été maltraité par les adversaires, même basiques, trop souvent revu le saloon, toujours tenu par notre barman sinistre, et trop souvent regretté d’être obligé de me battre avec des armes trop faibles pour me permettre d’enchaîner les combats et les niveaux à un rythme agréable. La caméra pas toujours pertinente, surtout dans les grandes salles, ne m’a pas aidé non plus.

Graphiquement très intéressant avec ses jeux de lumières et son ambiance très sombre, West of Dead est un jeu travaillé et proposant un gameplay non pas révolutionnaire mais bien pensé. Il devrait plaire aux virtuoses de la gâchette qui apprécient les challenges relevés, capables de dépasser les quelques limites que j’ai longuement développées. Comme Nuclear Throne avant lui, j’ai abandonné l’idée d’en voir la fin un jour, mais quand j’ai envie de me prouver que j’ai encore quelques qualités de joueur, je relance une session avant de me rendre à l’évidence : mon skill est parti explorer de nouvelles contrées et ne reviendra plus.

Genre : Twin-stick western

Site officiel

Développeur : Upstream Arcade

Editeur : Raw Fury

Plateforme : Steam (disponible également sur Xbox One, le sera bientôt sur PS4 et Switch)

Prix : 19,99€

Date de sortie : 18 juin 2020

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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