Tyrant’s Blessing

Si je dis jeu de type roguelite en tour par tour avec une forte inspiration Into The Breach, mais dans un univers de Fantasy, on pense de suite à Tyrant’s Blessing. Ce mélange pas si improbable est-il le nouveau bijou que personne n’attendait ?

Tyrant’s Blessing invite le joueur à suivre la quête d’un groupe de personnages pour vaincre un Tyrant. Tout ce que l’histoire apporte, c’est qu’il est vraiment très méchant et qu’il va falloir combattre ses sbires afin de le défaire. Malgré quelques dialogues à la fin de chaque mission et durant la phase de campement, l’histoire est accessoire. Personnellement, j’ai fini par les lire en diagonale.

C’est très souvent le parent pauvre de ce genre de jeu alors que certains jeux consistant à faire et refaire des parties peuvent avoir une ambition sur le plan scénaristique (Hadès entre autres). Ici, les développeurs se sont contentés de quelques dialogues génériques pour donner du corps à l’ensemble. Pas déplaisant, mais pas intéressant non plus.

Côté gameplay, le jeu propose de choisir trois aventuriers en début d’aventure et un familier. Leur nombre est limité au départ. Au fur et à mesure, il sera possible d’en débloquer une pléthore pour varier les approches. Une fois le choix fait, il est temps de partir combattre le Tyran et son armée. Le combat se décompose en deux phases distinctes : le déploiement et le combat en lui-même. Avant d’entamer la phase de combat, le jeu proposera au joueur de se déployer sur des cases prédéfinies indiquées en vert. A savoir que les ennemis vont se déplacer après cette phase, ce qui la rend un peu moins tactique. Ensuite, vient le combat à proprement parler.

Il se déroule en phases successives où le joueur déplace ses personnages et attaque les ennemis. Qui eux attaquent selon des schémas prédéfinis au moment de leur déplacement. A noter qu’il est possible de réinitialiser le tour en cours un certain nombre de fois suivant la difficulté choisie. Tout est indiqué sur le terrain et cela permet au joueur de placer ses personnages pour qu’ils ne soient pas sous le feu ennemi. Trop simple me direz vous.

Sauf que lorsque les personnages sont déplacés, ils gardent leur ombre sur l’endroit où ils étaient avant, ce qui permet aux ennemis de les toucher lors de leur phase d’attaque, même s’ils sont très loin. Mécanique toute simple qui va obliger à réfléchir pour éliminer les ennemis très rapidement. A noter qu’il existe quelques petites compétences / objets pour effacer les ombres, changer l’orientation de l’attaque, déplacer un ennemi…

Généralement, les ennemis vont ressusciter pendant cinq tours et c’est fini pour le combat, sauf si un des héros meurt sans avoir pu être ressuscité. Dans ce cas, la partie est terminée. Les environnements ont le droit à quelques petites variations bienvenues comme des arbalètes lourdes, des mortiers, des buissons, des rivières, des barrières, des coffres…

Cela permet de ne pas se limiter aux compétences des personnages jouables pour vaincre les ennemis. Lesdites compétences sont au nombre de deux par personnage. Il y a aussi un emplacement pour équiper un objet, ainsi que la possibilité d’augmenter ses caractéristiques avec des « pierres ». Pour se faire, le joueur va gagner à chaque fin de combat des étoiles, de l’argent ou une résurrection en combat (un personnage meurt, il est ressuscité automatiquement).

Les étoiles serviront à acheter des pierres pour augmenter les compétences et l’argent, les objets auprès du marchand qui viendra tous les quatre ou cinq combats.

Visuellement, le jeu est en pixel art et à défaut de flatter la rétine, il reste assez agréable à parcourir. La direction artistique est générique pour les ennemis comme pour les héros et les familiers. La musique est du même calibre. C’est oubliable. Il n’y a rien de particulièrement enthousiasment ou qui va rester en mémoire après sa partie. La durée de vie est assez correcte pour celles et ceux qui vont vouloir tout débloquer.

Concernant mon ressenti, j’ai été assez emballé les deux premières heures par le côté puzzle game du jeu. Le fait de devoir penser le combat en gérant son ombre à chaque tour est la bonne idée du jeu. Au bout de cinq aventures, je n’ai débloqué que deux nouveaux personnages et je pensais naïvement que les personnages ajoutés sur certaines cartes pouvaient rejoindre l’aventure quand on a réussi le combat, sauf que non. Le déblocage se fait par l’intermédiaire de succès.

En clair, chaque succès débloqué donne droit à une étoile et au bout de deux, on a la possibilité de recruter un personnage ou un familier. Je ne suis pas particulièrement fan de ce genre de mécaniques qui oblige le joueur à tordre sa façon de jouer pour avoir du contenu supplémentaire. De plus, le fait que les combats sont très répétitifs avec des évènements redondants m’a un peu sorti du jeu.

J’ai eu l’impression de refaire la même aventure au lieu de me sentir progresser. Tyrant’s Blessing manque aussi de moments un peu épiques ou simplement de tension. C’est un puzzle game sous l’enrobage et il ne se renouvèle pas assez pour moi.

En conclusion, Tyrant’s Blessing devrait plaire aux amateurs de roguelite au tour par tour version puzzle game. C’est bien enrobé et la mécanique de l’ombre apporte un peu d’originalité à un jeu qui en manque. A conseiller aux amateurs qui veulent faire de courtes sessions au risque de se lasser très rapidement.

Genre : Roguelite tour par tour tactique puzzle game Heroic Fantasy

Développeur : Mercury Game Studio

Editeur : Mercury Game Studio, Freedom Games, Freedom Family Limited

Plateformes : Nintendo Switch, Microsoft Windows, Linux, Mac OS

Prix : 19,99€

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

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