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Saints Row

Ah Saints Row. Ses missions délirantes, ses bastons à coups de godemichés géants… Oh ça n’est pas GTA c’est sûr, mais c’est du solide, du très idiot qui occupe son petit monde. Même Gat Out of Hell, pourtant en deçà des troisième et quatrième opus, était fréquentable. Mais tout ça c’était il y a des lustres : 7 ans. Vous imaginez le nombre d’évolutions qu’il y a eu en sept ans dans le monde des open worlds ?

Si oui, vous avez du bol parce qu’a priori Volition non. Ouais voilà pim, spoiler alert tout ça, Saints Row version 2022 c’est… Saints Row. Pour le meilleur – youpi – et pour le pire. Enfin quand je vous parle du pire, n’allez pas croire qu’il faut lui jeter des petits cailloux pointus et le huer dans la rue, bien au contraire.

Mais puisqu’on en est à causer des trucs qui fâchent, disons que les leçons précédentes n’ont pas trop été retenues. La physique est toujours aussi particulière (comprendre complètement pétée parfois) avec des véhicules qui peuvent s’envoler en roulant sur la moindre bouche d’incendie, l’IA des ennemis est bien souvent aux fraises et il y a quelques bugs qui hantent encore les ruelles sombres de Santo Ileso. Si beaucoup d’utilisateurs semblent se plaindre de gros soucis techniques, je dois avouer n’avoir rien eu de tel

Ah Santo Ileso, bourgade riante du sud-ouest américain, avec ses zones désertiques, ses bandes armées stéréotypées et… cette équipe de bras cassés qui désire monter un gang à leurs couleurs. Parce que oui, ce nouveau Saints Row n’est pas une suite du quatrième épisode, dans lequel la Terre était détruite, mais plutôt le commencement du célèbre gang des Saints.

On y joue donc un membre du quatuor mythique et on va devoir, de manière aussi traditionnelle qu’efficace, monter petit à petit un empire. Pour ce faire, rien de plus simple : implanter de nouvelles sociétés écran pour se faire légalement du fric et buter la concurrence. Tout en résistant à la police et à la société privée de sécurité Marshall.

Il va donc falloir nettoyer des quartiers entiers des menaces extérieures, et bastonner donc. Beaucoup de bastons même serais-je tenté de dire et surtout beaucoup d’activités comme dans tout open world qui se respecte. En plus d’une longue série de missions destinées à faire avancer une histoire aussi débile qu’espéré, vous allez pouvoir, et devoir même si vous êtes complétionniste (ça n’est pas sale, j’en connais et ils ont presque une vie normale), récupérer des caisses de drogue, prendre en photo divers objets afin d’améliorer la déco de votre repaire, braquer des fourgons blindés, j’en passe et des meilleures. Du grand classique oui, Volition connait son boulot et le fait bien, à défaut de prendre des risques.

Car non, rien dans Saints Row ne viendra vous faire pousser des petits cris d’excitation, tout heureux que vous serez de découvrir quelque chose sortant de l’ordinaire. Non, jouer à la dernière production de Volition, c’est jouer à la même série qu’il y a dix ans, avec plus de bide et moins de réflexes. Mais quelque part, on s’en fiche un peu de ne pas prendre de claque devant son écran. Parce que déjà on est trop occupé à faire n’importe quoi, et à le faire avec classe, mais aussi parce qu’on sait dans quoi on s’embarque quand on lance un Saints Row.

Oui les blagues sont généralement au ras des pâquerettes, même si pour le coup on est quelques crans dans le plus acceptable par rapport aux productions précédentes, oui ça parodie dans tous les sens et oui n’ayez pas peur, vous allez pouvoir personnaliser votre avatar.

Et bien entendu avoir l’air le plus ridicule possible. Vous allez aussi pouvoir débloquer une gamme impressionnante de véhicules et d’armes, ainsi que des perks qui, sans révolutionner le gameplay, s’avèrent vite bien utile. Il y a vraiment beaucoup de choses à voir et à faire dans Santo Ileso, ça n’est pas un souci.

Le plus gros souci, du moins pour le testeur qui se demande s’il doit ou non vous conseiller le jeu, est qu’à aucun moment la balance ne penche franchement d’un côté ou de l’autre. Le jeu n’est pas très beau ? C’est vrai, mais certains paysages vous obligeront à vous arrêter pour prendre une capture d’écran. Les combats sont parfois brouillons et imprécis ? C’est vrai, mais ils peuvent virer au grand moment quand ça explose dans tous les sens et que vous vous en sortez par miracle. L’histoire est convenue ? Bien sûr, mais l’humour est tel que vous ricanerez souvent bêtement devant votre écran.

Tout ça pour vous dire que non, Saints Row version 2022 ne créera pas le buzz comme le prochain GTA, que non, il n’a pas l’originalité d’un Sleeping Dogs. Mais il y a beaucoup de plaisir à prendre en arpentant les rues de Santo Ileso grâce à la conduite agréable, la variété des activités, l’action non stop et l’humour omniprésent. C’est sûrement trop peu pour certains et ça peut se comprendre. Mais si vous avez apprécié Saints Row 3 et 4, alors vous ne pouvez pas vous tromper avec ce reboot.

Développeur : Volition

Éditeur : Deep Silver

Date de sortie : 23/08/22

Disponible sur Epic Games Store

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...