Steam Game Festival: Summer Édition

France, 2020. Face à la pandémie, tous les événements physiques du jeu vidéo se sont retranchés en ligne. Pas de quoi bouleverser l’équipe de Dystopeek, qui a l’habitude d’opérer depuis son QG. Les rédacteurs ont plongé dans les centaines de jeux du Steam Game Festival : Summer Edition, à la recherche de joyaux sous-marins. Ce sont les bras chargés d’étoiles de mer et d’oursins velus qu’ils refont surface, prêts à vous donner leurs impressions. Laissez-vous guider, et sortez les wishlists.


EvilBlackSheep / cuteness overload

Spiritfarer

Spiritfarer avait déjà attiré mon attention lors du premier Steam Games Festival au printemps dernier. Le jeu se définit lui même comme « un jeu de gestion douillet sur le thème de la mort », ce qui peut surprendre au premier abord, mais se révèle exact. Vous incarnez Stella, une passeuse d’âmes aux commandes de son bateau, qui devra conforter et aider les esprits avant de les aider à passer de l’autre côté.
Le gameplay est un savant mélange de craft, pêche, cuisine, farming, VN et exploration pour ce que montre la démo. Le tout emballé dans un paquet graphique et sonore très très agréable et relaxant. Si la démo reflète bien le jeu complet, ça présage du très bon pour les amateurs du genre, dont je fais partie. L’un de mes jeux les plus attendus depuis que j’ai joué à la démo.

Spiritfarer

Démo toujours disponible sur la page Steam


Grounded

Le prochain jeu d’Obsidian, assez différent de ce à quoi le studio nous a habitué en terme de genre de jeu. Imaginez Chérie, j’ai rétréci les gosses (et là je viens de perdre le jeune lectorat) à la première personne, en mode jeu de survie. Ça vous parait étrange venant d’Obsidian ? Moi aussi. Et pourtant…
La démo vous jette au cœur du jardin et vous laisse explorer pendant 30 minutes, tout en vous guidant avec les principes basiques du jeu. Les quatre héros sont jouables et vous pouvez rejouer autant de fois que vous le souhaitez, mais vos progrès sont effacés. Je dois être la cible parfaite pour ce jeu car j’ai eu l’impression que c’est LE jeu de survie auquel j’ai toujours voulu jouer. Vivement cet été. Shut up and take my money!

Grounded

 

The Wild at Heart

Un jeu d’aventure-exploration avec des puzzles et un style graphique absolument fabuleux. Les visuels sont à la fois adorables et pleins de détails et références. J’avoue, j’en suis tombée amoureuse dès les premières images. Le jeu lui-même est un mélange entre Knights & Bikes et Pikmin.
Pour ce que j’ai pu en voir lors de la démo, le héros rassemble des petites créatures de différents types qu’il peut envoyer effectuer des tâches pour progresser dans l’aventure. La démo en montre assez à mon avis pour savoir si le gameplay vous plaira, sans complètement dévoiler l’histoire. Intéressant, j’ai hâte d’en voir plus.

The wild at heart

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Sigarett / LES démos de MI-NUIT

Iron Harvest

Iron Harvest est un RTS qui fait du neuf avec du 10 ans d’âge. Le système est en effet celui popularisé par Company of Heroes. La capture de zones et de points de production de ressources est le moteur de l’escarmouche sur des maps de taille moyenne avec un zoom arrière limité. L’univers est original : les années 20… mais avec des robots et des Mechs, des factions alternatives, Polonia ou Saxonia… Les amateurs de JdS reconnaîtront l’univers de Scythe.
Plutôt joli, ça fourmille et ça se tire dessus à bout portant à coups de lance-flammes, de canons ou autres armes de la moitié du XXème siècle. Techniquement ça semble au point. Au menu : campagne solo, escarmouches contre IA et multi. Les amateurs de RTS compétitifs et de dystopie devraient se régaler si l’équilibrage est correct.

iron harvest

Mr. Prepper

Vous aimez bricoler chez vous ? Creuser sous la terrasse ? Mr. Prepper vous plaira. Sous la coupe d’un gouvernement qui vous flique, vous devez aménager secrètement votre sous-sol pour vous préparer à échapper à cette tutelle un peu lourde. Récoltez des matériaux, construisez des meubles, aménagez votre bunker souterrain, commercez avec vos voisins.
La visite quotidienne d’un contrôleur vous oblige à cacher les traces de vos activités. Tout ceci se joue en 2D à la souris, avec des références humoristiques. Les objets à construire et à améliorer semblent assez nombreux pour permettre de construire une stratégie d’évasion… car il s’agit d’échapper à l’oppression. Jeu pas comme les autres, facile à manier et plutôt correct visuellement, Mr Prepper a des atouts. Si un éventail de choix riche est au rendez-vous, j’aurai envie de construire mon petit paradis survivaliste secret.

Intervention intempestive de Ruvon : Je suis moins convaincu par les contrôles que mon vénérable collègue. Je les trouve horripilants : on passe notre temps à attendre que notre perso veuille bien se rendre au bon endroit à coups de clics peu précis, ce qui n’est ni agréable ni bien foutu. Question de préférence perso. Pour le reste, Sigarrett a bien résumé la vie à Murricatown.

mr prepper

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SAAvenger / Gestion, pirates, et un peu de gestion

Suzerain

Suzerain est un jeu de gestion narratif dans lequel vous endossez le rôle du nouveau président d’un pays fictif en 1954. Le pays est en pleine récession économique avec des troubles politiques qui opposent communistes et nationalistes. Vous aurez donc du pain sur la planche et devrez arriver à contenter un maximum de personne en respectant vos promesses électorales.
Avec une présentation très agréable à l’œil et une interface propre, le jeu se déroule en prenant en compte les différents rapports de situation venant des différentes villes du pays et en participant à des réunions avec vos ministres. Vous aurez alors à prendre des décisions afin de décider où allouer le budget national ou quelles menaces prendre au sérieux. Il y a un côté très réaliste et humain qui permet de se plonger facilement dans l’histoire qui se déroule de manière chronologique.
Même si le tempo est assez lent (un projet d’infrastructure ne se passe pas en un tour) et que le joueur n’a au final que le pouvoir d’influencer sur les événements plutôt que d’agir directement, le tout fonctionne et donne vraiment envie de voir la suite.

suzerain
Il est conseillé de prendre des notes afin de prendre les meilleures décisions possible pour atteindre vos objectifs.

Out of Reach : Treasure Royale

Si Apex Legends a réussi à me convaincre de plonger dans le monde du Battle Royale, c’est quand même un type de jeu qui nécessite normalement de gros moyens pour avoir une base de joueurs solide. Hors ici c’est un petit studio qui s’y colle et vu que le marché des jeux multi semble assez saturé, ça risque d’être galère pour ramener du monde. Déjà là, il faut avoir de la patience pour réunir les 12 joueurs nécessaires au démarrage d’une partie qui peut en compter jusque 100.
La particularité du titre ? Vous jouez un pirate, dans une équipe de quatre joueurs au maximum. Celle-ci a son propre bateau (même s’il est possible d’en avoir un second contre de la santé) qui lui permettra de naviguer sur les flots, visiter les îles pour ramasser du loot et atteindre les trois trésors à récupérer et à amener en lieu sûr pour gagner la partie.

Si le cercle de jeu diminue, il n’est pas, pour l’instant, une grande menace. Celle-ci sera plutôt les autres joueurs dont les bateaux peuvent surgir de la brume à l’improviste et vous envoyer par le fond ou vous aborder. Malgré des graphismes démodés, quelques soucis de collision, les mouvements et le feeling des armes est assez bon. En fait, le jeu n’est pas très clair dans ses objectifs lors de la première partie mais on finit par s’y faire, le tout devient assez sympathique avec bien sûr la possibilité d’avoir du loot cosmétique lorsque vous passez de niveau.
Le seul souci est et reste l’équilibrage avec des équipes de tailles différentes, des joueurs qui déconnectent ou simplement un trop petit nombre pour que les engagements soient épiques. Malgré tout, Out of Reach peut se démarquer par son ambiance et son système de jeu différent des autres Battle Royale. Ce ne sera jamais LE titre à la mode mais pour les amoureux des pirates et des bateaux, il y a de quoi être curieux. A voir comment il évolue avant la sortie fin d’année.


Ruvon / tant qu’il y aura des bars (et des chats)

Travellers Rest

Si les tavernes et autres bars vous ont manqué pendant le confinement, Travellers Rest vous fait passer de l’autre côté du comptoir. Dans une sorte de Stardew Valley médiéval, vous allez installer vos tables, préparer vos plats et brasser votre bière pour contenter les clients. Ils ne manqueront pas de se plaindre de la saleté et du froid si vous négligez la serpillière et laissez la cheminée éteinte.
Mais vous devrez également faire pousser vos légumes, vos vignes et votre houblon pour proposer des plats et des boissons de plus en plus sophistiqués. Avec vos profits, vous pourrez commander des meubles, engager des serveurs et faire de votre taverne ze plaisse tou bi. Bien mieux que j’en attendais, j’ai trouvé Travellers Rest très bien foutu et j’ai hâte de voir ce qu’il donne sur le long terme.

travellers Rest

Shores Unknown

Shores Unknown c’est mon genre de jeu sur le papier : du RPG avec des combats en tour par tour. La démo nous montre de l’ultra-classique : deux persos, un village, des bandits, qui se termine par le massacre des habitants et un twist au goût de Winter is Coming par bateau. Les graphismes en low poly sont plutôt cools, même s’il faut aimer le genre. Le gameplay est agréable mais le système de combat gagnerait à être plus lisible. Je garde une opinion positive en espérant que le scénario saura sortir du déjà-vu qu’il propose dans la démo. Sympathique, quoi que prévisible et peu original. Un côté un peu trop casu pour l’instant.

shores unknow

Nine Noir Lives

Du point&click, des graphismes soignés, et des chats : Nine Noir Lives était dans ma wishlist depuis un moment. La démo confirme un gameplay classique mais efficace, des doublages aussi cartoons et humoristiques que prévu, mais elle est malheureusement trop courte. J’ai eu à peine le temps de découvrir le personnage principal et son boulot de détective. L’unique puzzle proposé n’en est pas vraiment un et c’est après à peine un quart d’heure de jeu que la démo s’achève. Encourageant dans l’écriture et le style graphique mais trop court pour en savoir plus. Je le surveille d’ici sa sortie prévue l’an prochain.

nine noir lives

Bofang / un nouveau jeu de Inkle Studio

Pendragon

Heaven’s Vault a été une claque en terme de minutie dans la narration interactive. Pour Pendragon, Inkle passe dans l’univers des Chevaliers de la Table Ronde, et ajoute de la tactique sur grille. Une alliance qui ne va pas d’elle-même, mais qui s’annonce réussie, avec ce même souffle naturel dans les choix. Une demie-heure de démo et on sent qu’on ne fait qu’effleurer la surface d’un profond lac digne des légendes Arthuriennes. C’est pour cet été, et on a hâte d’y jouer.

Démo toujours disponible sur la page Steam


Chinatown Detective Agency

À force, viendra le jour où le cyberpunk-néons-violets nous sortira par les yeux. En attendant, Cyberpunk Detective Agency est séduisant. Les voix convaincantes et les dessins stylisés des personnages qui accompagnent les dialogues donnent du gras à la 2D en pixel très classique. Les tableaux s’annoncent exigus, mais nombreux et détaillés. On attend ce jeu d’enquête sur l’exploitation des recherches hors-jeu, pour voir s’il va au-delà du simple alt+tab sur Google. Il est prévu début 2021. Soit en même temps que Cyberpunk 2077 s’il est encore repoussé de 3 mois.

Bofang

J'écris pour justifier le temps perdu à jouer pendant que d'autres montent des start-up.

2 réflexions sur “Steam Game Festival: Summer Édition

  • 26 juin 2020 à 12 h 25 min
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    Hey, cette fois-ci, je n’ai pas raté ce Steam festival et ses démos.
    Au passage, je suis toujours pas convaincu de l’intérêt de proposer des démos pendant une période limitée. Surtout quand comme cela a été pointé du doigt il y en a plus de 600 parmi lesquelles fouiller et que sur la même période, le bundle itch.io a obligé ses hordes d’acheteurs au même travail de fouille pour dénicher les perles parmi les 1500 jeux offerts.
    Et je suis aussi un peu dubitatif / inquiet pour les studios qui ont proposé des démos prévues à l’origine pour des conventions ou salons annulés : alors que les visiteurs physiques ont plutôt (j’imagine) un profil professionnel et moins grand public, je crains que proposer aux masses de « joueurs de base » Steam des démos assez limitées ou qui ne sont que des prototypes un peu avancés risque parfois de desservir les jeux plutôt que les promouvoir.

    Bref, mes retours sur les 4 démos que j’ai testées :
    – Fight in Tight Spaces : ma démo préférée, pour un jeu qui n’était pas dans mon radar et m’a fait penser un peu à One Finger Deatch Punch pour la simplicité du concept (tataner à mains nues des adversaires) et sa DA (des niveaux uniquement en noir et blanc, gris et dégradés de rouge). On ajoute du deckbuilding avec des mouvements et attaques qui se décident par des cartes et des points d’action, et on obtient à mon avis un bon jeu. Peut-être un poil trop facile puisque je n’ai pas vraiment connu de challenge pour arriver jusqu’au boss de la fin de la démo et le battre du premier coup, mais c’est le genre de truc qui se corrige très facilement.
    – Art of Rally : rien de neuf par rapport à la démo proposée sur itch.io (je crois que c’était la même) et au test de Sigarrett. Une DA bluffante, un super ressenti de la conduite, bref, du bon petit jeu de rallye qui devrait plaire autant aux fans du contre-la-montre qui essoreront chaque niveau jusqu’à plus soif qu’aux amateurs de courtes sessions de jeu en mode détente.
    – Starmancer : assez déçu par ce jeu de gestion de station spatiale, proche parent de Space Haven sorti récemment. Malgré le fait qu’il soit en développement depuis déjà un bon bout de temps apparemment (Dan Field a fait une vidéo sur la démo issue du KS en juin 2018), je l’ai trouvé assez peu abouti, principalement du fait de son interface pas claire.
    – Hundred Days : ce jeu de gestion de domaine viticole m’avait suffisamment accroché avec son concept pour se retrouver dans ma WL mais la démo m’a un peu refroidi. On est là dans le cas dont je parlais plus haut : je crois que les devs ont dit que cette démo n’est qu’une version du jeu prévue à la base pour être présentée sur les salons, et j’espère que c’est pour ça que la démo est assez pauvre, même si elle est supposée présenter le tuto. La traduction en gameplay des étapes de la viticulture ne m’a pas franchement emballé, avec ce mini Tetris où l’on doit placer des pièces en fonction des étapes de vinification. En définitive, je sais pas si c’est vraiment un jeu de gestion ou juste un jeu casual pour essayer de faire comprendre ce qui fait un bon vin, en réglant des curseurs au moment des différentes étapes. Gros écueil : le jeu était évidemment seulement en anglais et donc j’ai rien pipé aux termes techniques (ce qui n’aide pas à l’immersion, déjà qu’en plus je suis pas particulièrement amateur de vin…), mais la VF devrait être proposée à la sortie.

    • 26 juin 2020 à 13 h 38 min
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      Sur le festival en lui-même : j’imagine que les studios qui ont fait le choix de participer avaient leurs raisons. Sans doute parce que les premiers festivals ont été considérés comme des réussites par ceux qui y avaient participé.
      Le fait qu’il y en ait eu 600 me rassure sur les futures sorties, on ne peut pas dire qu’on va manquer de choix, même si rien ne garantit que ce seront tous de bons jeux, au moins on aura pu en avoir une idée plus précise que simplement avec des trailers et des screenshots.
      Pour les démos et prototypes limités, je suis d’accord : prendre le risque de présenter au grand public une version pas assez cuite ça peut laisser une mauvaise impression pour la suite. Mais ça, j’espère que les studios qui ont participé l’ont pris en compte, sinon, ben j’ai envie de dire que c’est quand même bien de leur faute.

      Pour tes retours, puisque tu parles de jeux dont on a pas parlé et dont on ne parlera pas dans le prochain article sur le festival non plus :

      J’ai aussi bien aimé Fight in Tight Spaces, que je n’ai pas chroniqué, mais que j’ai fini aussi. J’espère un peu plus de variété et de possibilités tactiques dans les cartes quand même.

      Starmancer j’ai bien accroché par contre, l’interface ne m’a pas trop gêné même si c’est vrai que ça manque d’infos claires. En tous cas j’ai envie d’en voir plus.

      Hundred Days, j’en avais parlé dans mon article sur le précédent festival en mars : https://dystopeek.fr/jouer/jv/steam-game-festival-demos-et-merveilles/
      Et je suis d’accord avec toi, c’est bien trop limité et bordélique pour donner une idée concrète de ce que donnera le jeu.

      Merci pour tes retours en tous cas 😉

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