Steam Game Festival – Démos et merveilles

On avait déjà eu droit en décembre à un petit « festival » de démos sur Steam, et en ces temps confinés, l’édition printanière du Steam Game Festival qui a duré du 18 au 23 mars est arrivée à point nommée.

Si le premier festoche ne rassemblait que quelques titres, celui-ci en proposait carrément plusieurs dizaines de jeux dans des versions plus ou moins avancées, prévues pour être présentées au public lors des divers événements annulés pour cause de pandémie mondiale (et c’est toujours aussi étrange d’écrire ces mots).

Je n’ai pas TOUT testé parce que certains ne m’intéressaient pas, mais j’ai tout de même passé quelques minutes sur près d’une vingtaine et je m’en vais vous donner mon avis. Alors attention, si certains jeux sentent déjà très très bons, d’autres ont encore besoin de temps de développement et quoi qu’il arrive, il serait bien prématuré de tirer une quelconque conclusion définitive sur leur qualité finale.

Comme d’hab, n’hésitez pas à cliquer sur les vignettes pour accéder aux pages Steam du jeu en question.


Filament


Filament est un puzzle-game au concept original dans lequel il faut entourer des piliers de couleur avec un câble, tiré par un petit robot. La difficulté est de trouver le bon chemin pour activer tous les piliers et se garder un chemin pour atteindre la sortie. Le challenge se durcit assez vite avec de nouveaux éléments à prendre en compte.

Visuellement propre mais sans grande personnalité et doté d’une bande son oubliable, l’aventure se déroule dans l’espace sur fond de sauvetage. Si les bribes de scénario que j’ai vues ne transpirent pas l’originalité, ceux qui aiment se gratter la tête dans un jeu ne nécessitant aucun skill feraient bien de garder un œil dessus.

Mon avis : OK pour les amateurs de puzzle


Hundred Days: Winemaking Simulator


Un thème fédérateur : le pinard. Petit jeu de stratégie à l’aspect casual, Hundred Days nous met à la tête d’une exploitation vinicole. A l’aide d’éléments à placer sur une grille, il faut faire pousser le raisin, le récolter, le faire vieillir et enfin le vendre.

La version actuelle est pour le moins bordélique, le tutoriel est très limité en informations et il est difficile de savoir quelle stratégie adopter. Les concepts sont cependant alléchants avec de nombreux choix à faire entre les cépages, la fermentation ou le type de tonneau de vieillissement.

L’aspect low-poly coloré lui donne tout de même un goût prononcé de « petit jeu indé », pas aidé en cela par une musique douce mais très générique. J’attends de voir la profondeur de la simulation, que la démo ne fait qu’approcher.

Mon avis : attendre d’en voir plus


We Are The Caretakers


We Are The Caretakers est un jeu de stratégie dans un univers d’inspiration africaine, avec une partie RTS et des combats en tour-par-tour. J’avoue que la démo m’a laissé perplexe ; l’ensemble est bordélique, les graphismes sont assez quelconques, les combats sont illisibles avec un gros manque d’information et de feedback visuel sur nos actions.

Je n’ai donc pas tout compris au concept ni au lore à peine effleuré (globalement on doit tabasser ceux qui veulent faire du mal aux animaux), on déplace différents groupes d’unités sur une carte divisée en zones, mais il m’a manqué pas mal d’infos pour en saisir tout l’intérêt.

Je le garde sous le coude dans lequel je tousse, mais autant sur le papier il m’enthousiasmait, autant cette expérience m’a refroidi.

Mon avis : je vais me dépêcher d’attendre


We Should Talk


We Should Talk est un visual novel avec comme particularité de nous permettre de construire nos phrases en combinant diverses formulations. Original, ce système permet de nuancer nos propos et de nous les approprier un minimum.

La démo est très courte et ne nous donne accès qu’à deux conversations pour développer le concept. L’ambiance bar branché, que ce soit au niveau des couleurs ou de la musique lounge as fuck (plutôt sympa d’ailleurs), lui donne une atmosphère agréable.

Il reste à voir la profondeur des conséquences de chaque « choix » de mots pour savoir si c’est un simple gimmick ou un vrai élément de narration, mais je suis tout de même ressorti de la démo en ayant envie d’en voir plus.

Mon avis : bon concept, bonne réalisation, à suivre pour les amateurs de VN sans boobs


Lord Winklebottom Investigates


Un point&clic à l’ancienne ! Voilà qui m’intéresse. En plus, c’est plein de personnages anthropomorphes. Pas tous les jours qu’on joue un homme-girafe.

Graphismes cartoon de qualité, musique et voix qui déchirent, l’ambiance est très réussie. Le duo enquêteur girafe – docteur hippopotame rappelle évidemment Sherlock et Watson.

L’histoire est assez courte, les énigmes logiques, l’humour est léger, moi qui aime les jeux d’aventure, j’étais servi. Je n’ai pas trop de doutes sur la qualité finale du jeu.

Mon avis : vivement qu’il sorte


Heavenly Bodies


On dirait du grand n’importe quoi : on doit diriger un astronaute en contrôlant (à la manette impérativement) chaque membre indépendamment. On doit aussi gérer chaque main, pour qu’elle agrippe ou relâche un élément du décor pour l’actionner ou se propulser en gravité zéro.

Plus profond que Getting Over It dans le genre try and retry and die retrying puisqu’il y a des objectifs à réaliser, il est particulièrement dur à prendre en main, notamment à cause de la caméra qui s’amuse à changer la perspective quand on a le malheur d’appuyer sur le bouton qui la recentre.

Et ce bouton est trop mal placé pour que je ne passe pas mon temps à l’actionner. En dehors de ce détail pénible, c’est du très bon, joli, intéressant, pas évident et doit carrément déchirer en multi… si le gameplay se renouvelle.

Mon avis : très très envie de jouer à la version finale


Welcome to Elk


Difficile de parler de Welcome to Elk. Les persos aux animations de marionnettes se promènent dans un monde qu’on croirait sorti d’une BD, les dialogues sont grossiers, ça picole, ça vomit, ça se menace physiquement… L’ambiance est très bonne, aussi grâce à la musique.

Par contre je cherche encore le gameplay, parce que c’était quand même bien linéaire, même pour un jeu d’aventure, à part un « Jacques à dit » particulièrement traître. Mais je suis intrigué.

Mon avis : LSD/10


CARRION


Là je triche, celui-ci j’y ai joué en décembre, mais j’en profite pour vous dire que ce jeu de plateforme / horreur où on joue un machin organique meurtrier qui doit décimer une base militaire pleine d’humains est vraiment prometteur.

Le concept est original et alléchant, reste à voir en combien de temps ça s’essouffle.

Mon avis : achat day one


Eldest Souls


Voici est sur le coup, Closer prépare sa une : Zelda a fait des conchoncetés avec Dark Souls et Blasphemous. Ça donne Eldest Souls et les sensations sont très bonnes.

Exigeant, maniable, joli si on aime le pixel-art, c’est du tout bon avec des bastons qui exigent un timing soigné. J’ai latté plusieurs boss et j’ai aimé ça, moi qui ne suis pas un amateur du genre.

Mon avis : une belle surprise que j’attends maintenant avec impatience


Moncage


Puzzle game aux graphismes minimalistes qui rappelle énormément Gorogoa mais en 3D et sans la narration. En gros il faut faire correspondre des objets venant de différentes faces d’un cube qui représentent des scènes différentes, afin de déclencher des interactions qui vont faire avancer le personnage dans les différents lieux.

Une bonne idée, bien réalisée, un concept simple mais qui permet beaucoup de choses, je ne connaissais pas ce jeu, je l’ai maintenant en wishlist.

Mon avis : oui, trois fois oui


Divisadero


Je suis partagé. Divisadero est un point&clic qui se joue à la manette. Particulièrement moche et un peu buggé, l’univers post-apo qui nous plonge dans un San Francisco qui n’a plus de Golden Gate est par contre intéressant.

La démo nous propose plusieurs scènes pas forcément liées entre elles, où on découvre un personnage d’ancien taulard réintégré dans la police pour enquêter. Difficile de se faire un avis, sauf sur l’apparence du jeu : on sera tous d’accord pour la qualifier de moche.

Mon avis : mouif, version pas assez avancée pour juger


Coffee Talk


Vous connaissez Shadowrun ? Seattle ? Des nains, des elfes, des orcs qui vivent au milieu des humains ? Bienvenue dans Coffee Talk, où vous jouerez le rôle de barista. Oui, je ne l’avais pas vu venir non plus.

Vous connaissez VA-11 Hall-A ? Ben voilà. Coffee Talk est un visual novel de bar de nuit, ambiance lounge et rencontres improbables avec de temps en temps un café à préparer. Il faut aimer le genre (et tolérer le pixel-art), mais s’il est aussi bien écrit que VA-11 Hall-A, ça vaudra bien le coup. Sorti en janvier 2020, je vais me pencher dessus.

Mon avis : je n’aime pas le café, mais je saurais faire un effort si l’écriture est de qualité


Liberated


Dans ce jeu ambiance film policier noir, la narration se fait sous forme de case de BD animées ; c’est original et plutôt bien fait. Par contre je ne m’attendais pas au gameplay metroidvaniesque.

Cette partie action est un peu bancale et caricaturale (boutons à activer, ascenseurs, passages sous l’eau…). Quant au scénario parfois chelou, il souffre du syndrome « on est les forces spéciales de la police mais on va te laisser aller buter tous les méchants tout seul ».

Mon avis : pas très enthousiaste, mais je lui laisse sa chance


Haven


Nouveau jeu des auteurs de Dead Cells, Haven propose une aventure avec un duo très sympathique. Graphiquement très réussi, coloré, chatoyant, le gameplay est un peu plus bordélique.

On se promène dans une sorte d’open-world avec un système de vol très bien foutu, on se tape contre des créatures cheloues dans des combats qui nécessitent coordination et on assiste aux discussions entre les deux amoureux. Le tout formant un ensemble pas encore cohérent mais très agréable à parcourir.

Mon avis : je fais confiance au pedigree des GameBakers


Resolutiion


Du gros pixel-art qui tâche, un univers chelou légèrement cyberpunk, je garde de la démo de ce hack&slash en vue de dessus une sensation confuse et rebutante.

C’est plutôt bien fait, mais je ne suis pas vraiment convaincu. Mention spéciale au chat géant dans le désert.

Mon avis : dans l’état, c’est non


Curious Expedition 2


J’ai adoré le premier Curious Expedition, jeu d’exploration et de gestion de groupe. L’arrivée de la suite m’emplit donc d’espoir. Cependant le premier contact est raide : on passe du pixel-art très réussi à des graphismes plus léchés mais qui me parlent moins.

Sinon ce que montre la démo n’est pas fondamentalement différent du premier opus et ne présente pas les combats. Mais c’est toujours aussi bien.

Mon avis : je l’attends de pied ferme, mon sac et ma machette en main


Sons of Ra


On connait le tower-defense, on connait le MOBA, mais le mélange des deux dans des affrontements entre deux joueurs, je ne connaissais pas. Sons of Ra est un jeu de stratégie qui met en scène des dieux du panthéon égyptien.

Chaque joueur a sa base, y produit des unités qu’il envoie sur deux ou trois lignes, ajoute des tourelles et envoie des sorts pour se donner un avantage, le but étant de mener ses troupes atteindre le camp adverse. La démo ne propose que quelques unités, mais le jeu est très bien fait et le concept convaincant. Seul défaut : l’IA est nulle, il faudra sans doute y jouer contre un autre humain pour profiter de tout son potentiel.

Mon avis : je l’ai mis en wishlist dès la démo terminée


Röki


Ce petit jeu d’aventure aux graphismes low poly nous emmène dans le froid nordique. Un peu lourd à manier, pas beaucoup de points d’interaction et très court, il semble mignon mais la démo ne m’a pas montré grand chose pour me donner envie.

Mon avis : mouif, un peu trop simpliste


Raji: An Ancient Epic


Une claque graphique. Vraiment très classe. Jeu d’action aux nombreuses possibilités en combat avec utilisation de l’environnement, Raji s’appuie sur la mythologie hindoue pour son scénario raconté avec le même souci du détail visuel.

Bon, je suis toujours surpris d’entendre les dieux hindous parler un anglais parfait, mais en dehors de ça, c’est du très lourd, entre les combats fluides et les phases de déplacement variées, c’est très prometteur.

Mon avis : à suivre de très très près


Voilà pour ce tour d’horizon des jeux que j’ai pu tester dans le cadre de ce festival, de belles découvertes, quelques déceptions, mais j’apprécie grandement de pouvoir tester de futurs jeux et ne pas seulement me contenter de trailers et autres screenshots.

En espérant les voir sortir à l’heure annoncée malgré la situation actuelle.

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

6 pensées sur “Steam Game Festival – Démos et merveilles

  • 4 avril 2020 à 11 h 44 min
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    Je connaissais pas le concept de ce Steam Game Festival et du coup, benoîtement, je me suis dirigé vers la page Steam d’un des jeux dont tu parles, pour récupérer la demo.
    Mais que vois-je sur la page du jeu ? Ben, rien. J’en ai essayé d’autres et c’est comme ça pour presque tous.
    Et en allant sur la page du SGF (dont je n’ai jamais entendu parler soit dit en passant, malgré le confinement qui n’a pourtant pas réduit mon temps sur Steam), si j’ai tout bien compris, en fait la démo n’était disponible que jusqu’au 23 mars. Gné ? C’est pas un peu complètement con de mettre à disposition des démos sur un temps limité ? Je vois pas l’intérêt de qui que ce soit : les devs se cassent le cul à proposer une démo mais seule une poignée de chanceux peuvent en profiter en temps limité. Dommage de brider le bouche à oreille comme ça…

    • 4 avril 2020 à 12 h 38 min
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      Je comprends. Peut-être que mon paragraphe d’intro qui donne les dates n’est pas assez explicite sur le fait que ces démos n’étaient disponibles que le temps du festival (du 18 au 23 mars, donc).

      Certaines de ces démos étaient prévues pour être présentées à des events qui n’ont pas eu lieu pour cause d’extinction en cours de la race humaine. Ce festival était l’occasion de les présenter quand même, sur un temps limité, comme cela aurait été le cas si elles avaient été dispo uniquement dans le cadre de ces events. La « poignée de chanceux » aurait alors été limitée aux personnes présentes, pas à n’importe qui disposant d’un compte Steam, donc une audience bien plus importante.

      Après je suis surpris que tu aies raté les annonces du festoche, je checke Steam et diverses sources d’infos sur le JV régulièrement, j’ai vu l’info partout 🙂

      Mais du coup je me demande ce que pensent les studios de cette disponibilité temporaire et s’il s’agit d’une tactique marketing plus efficace que de proposer une démo en permanence.
      J’ai trouvé ce retour d’expérience des devs d’HyperParasite assez intéressant (même s’il ne répond pas à cette dernière question) via le toujours intéressant Simon Carless :
      https://gamediscoverability.substack.com/p/showcasing-on-steams-game-festival

      • 4 avril 2020 à 13 h 58 min
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        Oh punaise ! On est réactif sur Dystopeek ! 😉

        Oui, en effet, c’est toujours plus ouvert de mettre à dispo une démo sur Steam pendant quelques jours que de la proposer uniquement aux visiteurs d’un salon.
        Mais je vois pas comment on peut faire plus de buzz, d’articles, de « vues » etc en ne proposant la démo que pendant quelques jours VS la laisser disponible ensuite pour que les « patient readers » comme moi puissent se faire leur propre avis à partir des retours des premiers testeurs. Alors certes y a le problème de proposer ensuite une version de la démo dépassée par rapport à l’état du développement du jeu, qui peut éventuellement être contreproductif. Mais ma politique, c’est clairement que pour se faire un avis personnel sur le jeu, mieux vaut une démo que pas de démo, loin devant tous les articles ou streams du monde. Après, y a peut-être pléthore de joueurs fainéants qui préfèrent faire confiance aveuglément à leur streamer / curateur / magazine / rédacteur Dystopeek préféré, sans se fader une démo…

        Je serais moi aussi curieux de savoir dans quelle mesure les devs / éditeurs ont eu le choix sur la durée de vie de la démo, et quel calcul ils ont fait pour décider le cas échéant, puisque quelques rares jeux du SGF proposent encore une démo sur leur page Steam.
        C’était que le deuxième SGF apparemment, après un premier en décembre ; peut-être que si Valve pérennise la chose, ils ajusteront leur politique (et leur communication).

        • 4 avril 2020 à 14 h 30 min
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          Du coup j’ai posé la question sur Twitter, et j’ai déjà deux retours si ça t’intéresse :

          https://twitter.com/Chaologue/status/1246388301822595075

          C’était effectivement le deuxième SGF, et déjà le premier de décembre proposait des démos temporaires dont j’avais beaucoup entendu parler à l’époque (et joué à certaines, comme Carrion).

          • 4 avril 2020 à 15 h 01 min
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            Ouah, cool merci, ça c’est du journalisme total !

            Peut-être que la rareté éphémère de la démo contribue au buzz marketing mais l’argument qui porte le plus à mon avis, c’est plutôt celui des devs qui ne veulent pas mettre la démo à dispo sur la durée, pour tout un tas de raisons que je peux imaginer (sa péremption rapide, le travail de suivi que cela demande alors, etc).

            J’essaierai d’être plus attentif pour le prochain SGF parce que vu la fréquence de ma fréquentation de la page d’accueil de Steam (surtout ces dernières semaines), je ne vois pas comment j’aurais pu rater l’actu, donc, c’est juste que je n’ai pas dû avoir envie d’en savoir plus ni comprendre ce dont il s’agissait.

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