PowerWash Simulator 2
On a tous notre idée de ce que devraient être de bonnes vacances. Certains partent à la plage, d’autres à la montagne, tandis que d’autres privilégient les boîtes de nuit et le réveil au beau milieu de l’après-midi, ou encore les clubs all inclusive comme des grosses feignasses. Cette année, j’ai choisi de nettoyer.
Ouaip, nettoyer tout et n’importe quoi. Vous avez un van pourri, des toilettes publiques ou un manège de forain abandonné ? Pas de problème, je nettoie et je vous rends ça plus propre qu’un sou neuf. Bref, vous l’aurez probablement compris, je suis tombé dans l’enfer de PowerWash Simulator 2, ce truc de l’enfer développé par les gens chez FuturLab dont le premier opus avait déjà fait le bonheur des youtubeurs et des joueurs masochistes.

Imaginez le truc le plus aux antipodes de ce qu’on imaginait être un jeu vidéo dans les années 80 et vous aurez une petite idée du concept. Combats contre les aliens dans un vaisseau ? Non. Raid héroïque avec un viking qui défie des créatures du désert ? Non. Aventure pour retrouver une princesse perdue dans un autre château à grands coups de sauts sur la tronche de ses ennemis ? Nope, toujours pas.
Dans le cas présent, PowerWash Simulator 2 est très précisément un simulateur de nettoyage à grands coups de jets haute pression. Oui, on est ici dans le domaine de la simulation à l’allemande la plus absconse qu’on ait pu imaginer. Le but du jeu consistera donc à nettoyer TRES patiemment et TRES proprement tous les objets et tous les bâtiments toujours plus dégueulasses qui nous seront proposés.

Si on commence assez modestement avec une voiture un peu encrassée ou une caravane légèrement dégueu, les choses ne tarderont pas à se corser avec l’arrivée progressive de bâtiments, à l’image de ces toilettes publiques qui jaillissent du sol ou de ce stand de tir dans une fête foraine. Et ce ne sera que le début de vos galères. Heureusement, vous pourrez compter sur vos fidèles alliés : le pistolet à savon et le Kärcher à jet modulable. Ça vend du rêve, hein ?
Et ça n’est pas fini puisque le jeu vous permettra de nettoyer en équipe. Sur la version Switch 2 à laquelle j’ai pu jouer, il est ainsi possible de jouer à deux en écran splitté, à l’ancienne. Et contre toute attente, c’est justement cet aspect chill en collaboration qui fait que le titre (est-ce encore utile de parler d’un « jeu » à ce stade ?) fonctionne aussi bien.

Alors que le nettoyage des différentes surfaces semble interminable puisqu’il faut être très précis et rigoureux, on discute, on se répartit naturellement les tâches, on choisit ses outils, on déplace les différents échafaudages pour atteindre les parties les plus compliquées… Et le temps passe sans qu’on ait vraiment réalisé qu’on venait de perdre plus d’une heure à nettoyer des trucs bizarres dans un jeu vidéo au lieu de faire le ménage à la maison.
Et puis, progressivement, les décors à nettoyer deviennent de plus en plus complexes, à l’image de cette salle de bowling rétro ou de ce village miniature. Fort heureusement, le jeu récompense nos efforts virtuels en nous octroyant de quoi acheter du meilleur matériel et nous permettant de nettoyer plus efficacement et, surtout, plus rapidement. Je ne vous dis pas la fierté du joueur qui met enfin la main sur le nettoyeur dernière génération à triple jet.

Outre l’équipement de base, l’argent durement gagné vous permettra de débloquer tout un tas de fournitures spécifiques en boutique. Vous y trouverez des savons adaptés à chaque type de surface (verre, métal, plastique, pierre, bois…) pour décaper rapidos la crasse tenace. Et puisque le style compte même quand on patauge dans la boue virtuelle, le jeu propose de nombreuses apparences à débloquer. Vous pourrez ainsi personnaliser la tenue de vos nettoyeurs de l’extrême, changer la couleur de vos gants de protection ou appliquer de nouveaux skins sur vos précieux nettoyeurs haute pression pour avoir très vaguement la classe.
D’autant que les développeurs de FuturLab, comme de bons gros dealers, ont pensé à tout pour prolonger notre addiction avec l’arrivée de deux DLC payants. Le premier vous proposera d’aller – notamment – récurer les couloirs de l’étoile de la mort de Star Wars et de répondre enfin aux interrogations existentielles de Clerks tandis que le second vous entraînera dans une petite virée du coté du célèbre dessin animé, Adventure Time.

Techniquement, la version Switch 2 fait le boulot, sans esbroufe ni éclat particulier. C’est propre en solo, même si les décors et les textures ne sont pas particulièrement complexes et gardent un petit côté cartoonesque.
En multi, c’est sans surprise que le framerate prend un léger coup sur la tête avec certains décors qui encaissent des chutes plus ou moins prononcées, sans que cela nuise réellement au jeu. Croyez-le ou non, mais nettoyer un nain de jardin ou une balustrade reste tout aussi satisfaisant à 25 images par seconde qu’à 144.
On passera allègrement sur les aspects tout cassés du moteur physique qui permet des positionnements improbables (t’as vu comment je nettoie ce réverbère en apesanteur ?) et une absence totale de réaction avec les objets en mouvement (Oh, tiens, j’active le train. Oh tiens, il se barre tout seul). Tout ceci reste purement accessoire.
Seule la vilaine crasse à éradiquer, le beau Kärcher tout customisé et la rouille comptent au bout de plusieurs heures de jeu. Je dois aller au bout de ma mission et qu’importe les yeux tout rouges : je dois tout, tout, tout laver.

Bref, PowerWash Simulator 2 est typiquement le genre de jeu qui ressemble à une blague lorsqu’on le voit apparaître sur les boutiques en ligne, mais qui se révèle être un passe-temps tout aussi satisfaisant et chronophage qu’un bon vieux Mahjong ou un Tetris. Quelque part, notre cerveau se dit bien qu’il vient de perdre une heure à faire semblant de faire des trucs qui lui sembleraient extrêmement chiants dans la vraie vie.
Mais ça n’a pas d’importance : ce qui compte réellement, c’est de terminer le nettoyage de toutes les surfaces et de passer au prochain truc bizarre qu’on va devoir faire briller. Ce ne sera clairement pas un jeu à mettre entre toutes les mains mais, si vous avez un pote, un canapé et quelques bières sous le coude, ça peut valoir le coup de le lancer pour quelques minutes ou… quelques dizaines d’heures.
Du côté des regrets, je suis un peu étonné de voir que le jeu ne dispose pas d’un chronomètre qui permettrait de voir avec quelle vitesse on a bien travaillé à enlever cette satanée crasse. En effet, vu le concept et la tête du jeu, on imagine bien un titre qui plairait aux speedrunners et autres streamers. J’imagine que ça casserait un peu le côté chill du jeu, mais c’est une option qui aurait pu être appréciable.
Vous l’aurez compris, on parle ici d’un titre très spécifique dans son concept et dans le public qu’il vise. J’imagine qu’on peut réellement parler d’un produit de niche. Moi, je crois que je suis foutu, j’écume fébrilement l’eShop de Nintendo à la recherche d’un autre jeu coopératif de nettoyage, peinture, marouflage, etc. Allez Nintendo, ne soyez pas des chiens, créez-moi un jeu d’élagage ou de taille de haies avec Luigi et Toad… Oui, je crois que je suis en manque.
Genre : Simulation
Développeur : FuturLab
Editeur : FuturLab
Date de sortie : 23 octobre 2025

Genre : Simulation