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Mexican Ninja

Bon, résumons pour voir si j’ai bien tout compris. Dans un futur proche, le Japon décide d’envahir le Mexique parce que c’est comme ça. Sous l’impulsion de son conquérant, le Mexique se transforme et devient un narco-état au sein duquel fusionnent joyeusement, comme des Pokémon déviants, yakuzas et trafiquants de drogue pendant que naissent des villes comme Nuevo-Tokyo. Heureusement, Mexican Ninja est là pour libérer le pays du joug des méchants trafiquants japanisés.

Ok, je ne sais pas ce qu’ont pris les gens de chez Madbricks (en même temps, l’indice est dans le nom) mais visiblement c’est de la bonne. Reste à voir si nos développeurs légèrement allumés ont été aussi inventifs en matière de gameplay qu’ils l’ont été pour créer ce scénario magnifique lorsqu’ils se sont penchés sur la table de travail pour accoucher du déjà fameux Mexican Ninja.

Alors, autant vous le dire tout de suite, d’autant que je suis sérieusement à la bourre pour le test, Mexican Ninja n’est clairement pas aussi inventif que son scénario pourrait le laisser penser. En réalité, il s’agit d’un beat them all à la Streets of Rage très coloré et avec des graphismes en cel-shading.

Voilà patron, j’ai bien bossé, je peux passer au prochain test ? Non, ça ne suffit pas ? Ok, alors approfondissons et plongeons dans les méandres de Mexican Ninja.

Comme les habitués pourront s’en douter, le jeu se déroule de manière assez usuelle puisqu’il faut traverser plusieurs niveaux, avec certains embranchements, pour arriver jusqu’à un boss de fin de niveau qu’on va gentiment tabasser jusqu’à ce qu’il décide de tirer sa révérence.

Bien évidemment, avant d’arriver jusqu’à lui, il faudra furieusement bastonner tous ses sbires qui ont osé se dresser en travers de la route du terrible Mexican Ninja (TM).

Ledit Mexican Ninja bénéficie, pour parvenir à ses fins, d’un coup rapide, d’un coup plus puissant mais plus lent, d’un saut et de coups spéciaux qui ne seront réutilisables qu’après un temps de recharge. Nous sommes donc dans le classicisme le plus absolu en matière de gameplay, lequel se trouve légèrement édulcoré par une progression à la rogue-like.

Outre la possibilité de refaire chaque niveau en conservant ses attributs, on retient notamment les enchaînements et coups spéciaux appris auprès de notre bien-aimé Mero Mero Sensei. Oui, il y a un sensei au Mexique. Ça vous pose un problème ? Je ne vous ai pas trop entendu la ramener quand je parlais de ninja mexicain et de narco-yakuzas.

Heureusement pour notre héros solitaire, plusieurs dieux ou esprits bienveillants veilleront sur lui et lui permettront d’apprendre des enchaînements de coups ou de bénéficier de bénédictions actives ou passives. En gros, pour les plus obtus, le joueur aura la possibilité d’opter pour des bonus renforçant la puissance des coups ou augmentant la santé du personnage, ce qui ne sera pas de trop pour venir à bout des boss qui sont de véritables éponges à baffes. Vous voyez, quand vous voulez, ce n’est pas si compliqué.

À ce stade, je commence à sécher un peu pour écrire la suite de ce test. Parce que, voyez-vous, si Mexican Ninja est plutôt agréable à jouer, joliment coloré et relativement bien réalisé, il ne se distingue pas particulièrement de ses congénères et n’atteint clairement pas le niveau du haut de gamme que représente le relativement récent remake de Streets of Rage.

Alors effectivement, la réalisation est très correcte, l’ambiance graphique qui nous dépeint un Mexique japonisé est assez rafraîchissante mais, manette en main, ça ne change pas grand-chose par rapport à tous ses concurrents puisqu’il faut taper, taper, taper, baffer et – ô divine surprise – encore taper jusqu’à parvenir au boss, taper le boss, mourir devant le boss, refaire le niveau, latter le boss et changer de niveau puis taper, taper, taper, taper et encore taper.

Ce qui implique une légère monotonie dans le gameplay même si le déblocage des compétences et les divers embranchements cassent un peu cette impression. Bref, le jeu n’est pas désagréable du tout mais le problème, comme souvent, c’est qu’il n’apporte pas grand-chose qui pourrait réellement le distinguer et donner envie au joueur lambda de s’y atteler.

Le boss me dit que je suis blasé mais bon, après 40 ans passés à jouer à des jeux vidéo, je ne peux que désespérer de voir aussi peu d’évolution, sans même parler d’innovation. Et ce ne sont pas les annonces faites lors de la récente Gamescom qui vont me rassurer.

À l’arrivée, Mexican Ninja est un jeu sympathique mais dont il sera bien difficile de justifier l’achat à moins de tomber dessus dans un des multiples bundles proposés sur Internet d’ici quelques mois. C’est triste mais il lui manque ce petit quelque chose qui permettrait de le distinguer et de vous le recommander.

Genre : Beat ’em All

Développeur : Madbricks

Editeur : Amber Studio

Date de sortie : 20 août 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

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