Attack at Dawn: North Africa

Attack at Dawn: North Africa est un wargame que j’avais dans le viseur depuis un petit temps. Campagne Nord Africaine oblige déjà, mais aussi pour son système de jeu WEGO qui a toujours eu le don d’attirer ma sympathie. Pour rappel (ou pour les néophytes), le système de jeu WEGO consiste à donner ses ordres et à voir l’exécution de ceux-ci (les vôtres et ceux de l’adversaire) simultanément à la fin du tour.

Mine de rien c’est grand la Lybie

Alors déjà, il est important de souligner qu’il y a en fait deux système de jeu, le WEGO mentionné ci-dessus mais aussi un mode temps réel qui parlera plus aux amateurs du genre RTS. Que ce soit l’un ou l’autre système la prise en main est assez simple. Vous disposez d’un certain nombre de bataillons composés de quelques unités classiques (infanterie, chars, artillerie, unité de reconnaissance ou canons anti chars) qu’il faudra commander sur le champs de bataille afin de capturer des objectifs ou de les défendre.

Le jeu dispose d’un mode scénario ainsi que d’une campagne qui peut-être jouée des deux côtés (mais qu’un seul à la fois vu que, fait étrange, le jeu ne permet pas les sauvegardes manuelles et n’a donc qu’un seul emplacement non gérable pour la campagne en cours).

Alors toi tu vas à gauche et puis toi à droite et puis tu laisses passer untel…

Le système de ravitaillement est très permissif (celui-ci arrivera dès que votre unité peut se reposer hors combat et ce peu importe son positionnement ou la ligne de front). Le joueur n’a donc plus que le stock d’essence à gérer (sans que celui-ci soit restrictif) et a donc tout loisir pour se concentrer sur la combat et la tactique. On oscille entre des scénarios assez faciles et d’autres où vous vous faites retourner (en général en défense) ce qui permet quand même une certaine variété.

J’ai cru voir un gros miné

Les cartes sont vraiment très agréables à l’œil avec une présentation soignée et claire. Vous aurez donc tout loisir de gambader au cœur des champs de mines, d’envoyer votre aviation en reconnaissance pour dissiper temporairement le brouillard de guerre et toutes ces activités toujours très agréables en temps de guerre même si l’influence du terrain reste minime selon moi (on ne ressent pas vraiment toujours la longue traversée du désert d’un Taxi pour Tobrouk).

Les combats se font par proximité (avec interdiction sur les hexagones adjacents) avec un ennemi, il convient donc d’assurer une bonne variété de troupes sur le front (Combined Arms) et de fournir l’appui nécessaire (l’artillerie ne tire qu’un tour sur deux, les bombardiers doivent retourner à la base ravitailler).

Excellent donc pour les joueur qui cherchent à changer d’horizon ou même les néophytes du genre, Attack at Dawn a quand même quelques défauts. Si son IA fait le boulot, elle n’est pas non plus épatante : pas question ici de subir une contre attaque sur votre flanc le plus faible, l’ennemi va en général utiliser le brouillard de guerre pour se disperser et vous attaquer de tout côté ou bien…tout simplement rester en position défensive peu importe le statut du front.

Combattre l’aviation est aussi un peu mystérieux vu que les canons DCA servent surtout de canon anti-char lourds, je n’ai pas réussi à comprendre ce qui éliminait ou non des unités aériennes.

Alexandrie a beau être encerclée il me faudra un sacré bout de temps pour en venir à bout avec le moral qui revient chaque jour

Autre problème plus important selon moi (surtout en mode tour par tour) il n’y a pas de planification d’ordres ou de mouvement. C’est à dire que vous déterminez une destination, le jeu va calculer le chemin le plus rapide et si une autre unité se trouve à l’arrêt sur le chemin, la première va s’arrêter et annuler son ordre de mouvement.

Même chose en cas de rencontre avec l’adversaire. C’est gênant pour deux raisons, déjà parce qu’on ne remarque pas toujours qu’il y a eu embouteillage et qu’une fois deux unités fusionnées plus personne ne peut plus passer, il faut donc ménager des espaces pour assurer la rotation des troupes (si leur moral tombe trop bas ou qu’elles commencent à manquer de munitions) ce qui n’est pas toujours aisé dans certains endroits plus escarpés.

Construire un pont permet d’éviter de se retrouver coincer facilement vu les difficultés pour assurer une tournante sur le front

Malheureusement, l’IA ennemie a tendance à bouger comme une poule sans tête une fois en déroute à la recherche d’une porte de sortie. Elle a aussi tendance à envoyer des troupes qui n’ont aucune chance de gagner le combat pour ralentir votre progression. Par écrit ça sonne mieux que sur le terrain, surtout quand l’IA envoie son artillerie en première ligne. Bref on se retrouve à micro manager les mouvements des troupes et à devoir vérifier à chaque fois que les ordres donnés aux bataillons ou aux unités sont bien suivis. Pestant parfois lorsque les embouteillages empêchent une retraite à temps et causent une déroute.

A real bloodbath

Une fois une unité en déroute, il faut attendre le soir pour qu’elle soit ralliée. Le jour suivant s’enclenche une fois que vous redonnez le top départ car le titre porte bien son nom, ici pas d’attaque nocturne. On attaque de l’aube jusqu’au soir comme de bons fonctionnaires (pourtant les devs sont Croates et non Français…).

Si le système est un peu « magique » lorsque tout d’un coup toutes les unités ennemies en déroute, encerclées ou non sont de nouveau en état de combattre au petit matin, il permet au titre de rester simple de prise en main et d’accès et c’est vraiment ce qui fait son point fort.

Un zoom extérieur complet donne une carte papier tout simplement superbe

Attack at Dawn: North Africa est un jeu facilement recommendable, surtout pour les joueurs moins aguerris qui peuvent plus facilement s’accommoder des quelques raccourcis choisis par les développeurs. L’expérience de jeu est plaisante, la prise en main aisée et la présentation (surtout celle des cartes) très réussie.

Développeur et éditeur : Panzer Division Games

Genre : Wargame, RTS

Date de sortie : 7 juin 2022

Prix : 24.99€

Page Steam

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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