Early Access: Witchspire
Il y a les tests qui s’écrivent pratiquement tout seuls et puis il y a les tests comme celui de Witchspire. Vous connaissez ces moments où vous savez que vous devez écrire quelque chose mais, rien à faire, l’inspiration ne vient pas et vous vous trouvez une passion subite pour l’observation des mouches qui volent aux environs ou, comme dans le cas présent, d’un chaton qui enchaîne les bêtises.
Ça fait plus de cinq heures que je joue à Witchspire, jeu d’aventure et d’exploration réalisé par l’équipe d’Envar Games et actuellement disponible en accès anticipé (Early Access). Et le truc, c’est que je n’arrive toujours pas à savoir ce que j’en pense.
À la base, on a affaire à un jeu d’aventure/exploration avec une grosse partie récolte et fabrication qui mise beaucoup sur son aspect tout mignon, la présence de familiers dont on parlera un peu plus bas et de jolies couleurs pastel.
Votre brave petite aspirante sorcière a perdu le contact avec ses consœurs et tente coûte que coûte de les retrouver. Coup de bol, ces dernières ont pensé à laisser des instructions et des messages un peu partout.

Notre héroïne, qu’on appellera Kiki pour la beauté du geste, va donc devoir enquêter, ramasser tout ce qui traîne un peu partout, fabriquer des trucs et apprendre des sortilèges pour suivre la trace de ses amies. Bien évidemment, elle n’hésitera pas une seconde à tabasser toute la faune et la flore pour y parvenir.
Qui dit jeu mignon, dit ennemis mignons et, de ce côté-là, on est servi avec des oiseaux tous roudoudous et plein de trucs indéterminés mais penchant définitivement du côté mignon de la balance. On va quand même tous les fracasser pour monter de niveau et progresser dans notre apprentissage, mais on va le faire avec bienveillance.

Accessoirement, chaque ennemi tombé vaillamment ou non au combat laissera derrière lui un peu d’XP, des objets et, potentiellement, un esprit qui vous permettra de l’invoquer un peu plus tard. Et au bout de quelques heures, on pourra enfin se fabriquer un magnifique balai magique qui, comme tout le monde le sait à commencer par les amateurs d’Harry Potter, vous permettra de tracer dans le ciel à toute berzingue.
Bon, je ne vous cache pas qu’il y a ici une grosse carotte puisque votre balai magique va bien souvent fonctionner comme un vulgaire scooter. En effet, tant que certaines conditions ne sont pas remplies dans une zone, le balai ne peut pas s’élever majestueusement dans le ciel et reste donc tristement condamné à raser le bitume.

Je suis navré, amis motards, mais la moto, ça reste quand même un peu pourri à côté du balai magique. Cette petite explication en entraîne deux autres : primo, et même s’il ne s’agit que d’un accès anticipé et que tout est donc susceptible de changer, on peut noter dans les gros problèmes du jeu un manque de clarté dans les explications, des mécanismes de jeu notamment.
Ainsi, j’ai un peu galéré pour obtenir enfin ce satané balai qui devait, dans la fiche de poste tout du moins, me permettre de m’élever majestueusement dans le ciel tellement le jeu était peu explicite sur la manière de l’obtenir.

En gros, il m’a fallu farmer comme un goret pour augmenter mon niveau d’XP, lequel m’a permis de grimper les niveaux, lesquels m’ont alors permis de débloquer de plus en plus de sorts, ce qui m’a permis au bout d’un moment assez indéterminé d’améliorer l’âtre (ou foyer) dans lequel sont réalisés certains sorts et fabriqués certains objets. C’est pas clair ? Ne vous plaignez pas, c’était pire pour moi.
Secundo, il y a un réel problème au niveau de la carte pour ce jeu qui se présente comme un petit monde ouvert. Même si je n’exclus pas totalement de n’avoir rien compris à ces mécanismes de jeu, la carte est difficilement utilisable puisqu’il n’est pas possible de placer des marqueurs ou de sélectionner une destination.

En deux mots ou presque : il faudra créer un âtre dans chacune des régions et se positionner à proximité immédiate pour pouvoir rejoindre rapidement l’un ou l’autre des autres âtres dispersés à travers le monde. En gros, tout se fait à l’ancienne : on regarde la map, on note la direction et on part comme un galérien.D’ailleurs, si le jeu présente des trajets rapides, il n’est pas tellement explicite sur la manière de les utiliser.
Honnêtement, si vous trouvez ça très pratique, vous ne pouvez être qu’un des développeurs du jeu. Je n’ai pas d’autre explication rationnelle.En dehors du balai légèrement dysfonctionnel, Witchspire propose un certain nombre de mécaniques de jeu assez sympathiques.

Comme je l’avais indiqué en intro, votre sorcière est régulièrement accompagnée d’un ou plusieurs familiers qui sont des esprits magiques qui vous aideront dans les combats et auxquels vous pourrez donner des ordres pour débloquer certains puzzles dont le niveau de difficulté ne devrait pas laisser trop de monde sur le bas-côté.
Ainsi, en complément de votre arbre de compétences déjà assez étendu, chaque familier aura lui aussi la possibilité de progresser en améliorant ses capacités offensives ou défensives et, bien évidemment, chaque familier disposera de compétences qui lui sont propres et qu’il faudra utiliser à bon escient en fonction des zones visitées ou des adversaires rencontrés.

Vous découvrirez assez rapidement qu’il est possible de se faire accompagner par plusieurs familiers. En revanche, vous risquez de prendre un peu plus de temps à comprendre comment switcher d’un familier à l’autre jusqu’à ce que vous vous rendiez compte qu’il faut, là encore, se trouver à proximité d’un âtre. Si le jeu est très sympathique manette en main, je ne peux que déplorer qu’il soit particulièrement difficile de rentrer dans l’histoire, qui n’est racontée que par des messages laissés ici et là, et qui n’est pas foncièrement passionnante par ailleurs. On n’est clairement pas dans Elden Ring (même si on se fait assez régulièrement baffer).
Tiens, en parlant de ça, on peut également reprocher au jeu un certain manque d’informations quant aux adversaires rencontrés. Au fur et à mesure des déambulations, il n’est pas rare de tomber sur des adversaires d’un niveau un peu trop élevé comme dans un bon vieux Final Fantasy II, ou sur un boss qui se trouve dans une arène qu’on ne pourra quitter que victorieux ou les deux pieds devant.

Le problème, c’est que chaque mort vous fait perdre tout votre inventaire (en dehors des objets équipés) et qu’il faudra nécessairement se retaper tout le trajet pour aller récupérer son précieux loot.Pour le reste, le jeu n’est clairement pas désagréable avec ses jolies couleurs très pastel, son moteur qui tourne déjà parfaitement bien à ce stade, son rythme assez indolent et ses PNJ qui, une fois n’est pas coutume, ne sont pas toujours hostiles et ne rêvent pas tous de vous trucider.
Il y a un certain nombre de bestioles qui vous laisseront tranquillement gambader à côté d’elles tant que vous n’essayez pas de les latter. En revanche, si l’idée devait vous traverser l’esprit, elles n’hésiteront pas à venir en groupe vous apprendre les bonnes manières.

Du côté des points négatifs, les moins sociopathes d’entre vous risquent rapidement de se sentir seuls au monde puisqu’en plus de 5 heures de jeu, je n’ai rencontré qu’un seul PNJ qui ait consenti à m’adresser la parole, et encore, c’était une marchande (et un escroc de première). C’est un peu regrettable car l’ensemble manque un peu de vie à ce stade.
Malgré les critiques formulées ci-dessus, j’ai passé un bon moment sur le jeu et je suis assez curieux de savoir ce que réserve la feuille de route de l’accès anticipé. Au tarif où il est proposé, j’ai tendance à penser que les explorateurs en herbe et les fans d’Harry Potter peuvent sans trop de risques se pencher sur le cas de ce Witchspire.Je n’ai pas eu l’occasion de le tester sur le Steam Deck mais je me dis que ça pourrait être un parfait compagnon pour des sessions nomades.
Genre : Aventure, RPG, Survie magique
Développeur : Envar Games
Éditeur : Envar Games, Envar Publishing
Date de sortie : 10 juin 2026
Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Genre : Aventure, RPG, Survie magique