Cursed to Golf

Aujourd’hui je vous parle de Cursed to Golf, un jeu qui avait attiré mon attention dès son annonce. Il s’annonçait comme un mélange de golf et roguelike, ce qui ne pouvait que m’intriguer.

Cursed to Golf vous met dans la peau d’un golfeur professionnel sur le point de remporter un tournoi lorsqu’il est frappé par la foudre. Le voilà jeté tout droit dans un endroit un peu particulier, le purgatoire du golf. Pour réussir à s’échapper il va devoir compléter un parcours de 18 trous. Simple pour un golfeur professionnel, me direz vous ? Ce serait un peu naïf de votre part. Car voilà, il ne s’agit pas d’un parcours ordinaire. A vrai dire, personne ne l’a jamais fini selon les dires du fantôme qui vous accueille dans ce purgatoire.

Avant de me pencher sur le gameplay, je veux signaler à quel point le style graphique est soigné. C’est du pixel art, mais du pixel art de qualité. Les animations et les détails reflètent l’amour qui a été mis dans la réalisation de ce jeu. L’interface est simple mais fonctionne très bien. J’ai aussi adoré la bande sonore. Même si elle peut être un peu répétitive après de longues heures de jeu, elle colle vraiment bien au style. Elle a été composée par Mark Sparling à qui l’on devait déjà l’excellente bande sonore de A Short Hike.

le début

Passons à présent au cœur du sujet, le gameplay de Cursed to Golf. Ici, les 18 trous n’ont rien de classique. Ils se présentent en vue sur le côté, et sont remplis d’embûches. A vrai dire, ils ressemblent plus à des niveaux de jeux de plateforme qu’à un parcours de golf. Comme pour le golf classique, le but est de mettre la balle dans le trou, mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire.

Afin de vous aider dans votre tâche, vous disposez de cartes permettant de déclencher des coups spéciaux ou ajouter quelques coups à votre compteur. Elles sont à usage unique et vous pouvez en acquérir d’autres (pour un prix) le long du parcours. A vous de voir à quel moment il sera le plus judicieux de les utiliser. Vous disposez d’un nombre de coups limités afin de finir un niveau. Outre les cartes, les niveaux sont parsemés de petites statuettes vous donnant également quelques coups supplémentaires.

sur le green

On peut regretter l’absence de putter, le jeu ne vous donnant que trois clubs : un driver, un iron et un wedge. L’autre point regrettable, même s’il a récemment été amélioré par un patch, c’est le faible niveau de vision au moment de jouer votre coup. Le champ de vision, même à son maximum, ne permet pas toujours de voir où votre balle va atterrir et laisse donc une grosse part du résultat à la chance. Quand les coups sont comptés et le parcours est semé d’embûches, ce n’est pas toujours du meilleur effet.

Là où Cursed to Golf présente beaucoup plus de lacunes, c’est sur son interprétation du roguelike. En cas de défaite (impossibilité de finir un niveau dans le nombre de coups alloués ou défaite contre l’un des boss), le parcours est à nouveau généré par une combinaison aléatoire de 18 trous piochés dans un pool de 70 niveaux, divisés en quatre biomes.

le parcours

Oui mais voilà, passé ce détail le reste des caractéristiques de roguelike présentes dans le jeu deviennent plus un handicap qu’autre chose. Lorsque vous échouez un niveau, vous vous retrouvez propulsé tout en bas du parcours, retour à la case départ. Excepté pour la première défaite, où vous débloquez une nouvelle capacité, le reste du temps, rien. Pas de stats à améliorer, pas de nouvelles techniques, rien. Juste le droit de repartir à zéro.

Le jeu étant loin d’être facile et les trous prenant souvent un certain temps à compléter, la frustration peut vite augmenter. Il faut dire que la difficulté élevée couplée à la longueur du parcours complet n’aide pas à digérer de devoir tout recommencer sans aucune contrepartie. Pire, cette conséquence assez punitive vous fera penser à deux fois avant de tenter une approche un peu plus créative que le chemin le moins risqué. Au final ça en devient contre productif.

Outre la frustration, Cursed to Golf et ses lacunes dans le côté roguelike ne donnent que peu de motivation pour continuer à jouer après avoir complété un parcours complet (voire même avant). Ce qui, pour un roguelike, n’est pas forcément un bon signe.

un peu d'action

Si j’ai aimé l’expérience, c’est tout de même une petite déception par rapport à ce à quoi je m’attendais. Au final, Cursed Golf est un jeu de golf sympa mais un roguelike médiocre. Tout dépendra donc de ce que vous en attendez pour vous décider s’il est pour vous ou non. Il existe une démo disponible sur Steam si vous voulez vous essayer au gameplay. Gardez à l’esprit que la difficulté du jeu final est bien supérieure à celle de la démo.

Site officiel

Développeur : Chuhai Labs

Éditeur : Thunderful Publishing

Plateforme : Steam, Nintendo Switch

Date de parution : 18 Août 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

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