Chronicle of Innsmouth: Mountains of Madness

Quand il y a du Lovecraft qui pointe le bout de son tentacule à la rédaction, c’est très (trop) souvent pour ma pomme. C’est donc fort logiquement que Chronicle of Innsmouth – Mountains of Madness (qu’on appellera MoM par la suite) est arrivé sur mon coin de bureau virtuel une dizaine de jours avant sa sortie officielle sur Steam (le 23 mars 2021).

Un écran d’accueil très classique

Avec la profusion de jeux se déroulant dans, s’inspirant de, voire même souillant l’univers de H.P. Lovecraft, il n’est pas inutile de commencer par donner le genre du jeu. Mountains of Madness est un point ’n click (ou pointer et cliquer dans la langue de Gim’s) à l’ancienne. Notamment graphiquement avec un style rétro en 640 x 360, « inspiré des classiques Lucasarts du début des années 90 » selon les propres dires des développeurs. Sur ce point précis, je laisserai les connaisseurs s’exprimer, n’ayant moi-même jamais pratiqué ces jeux. Ce que je peux dire, par contre, c’est que même pour moi qui ne suis pas un grand fan du pixel art, le jeu est ici très propre et n’agresse pas la rétine. Je n’ai pas eu d’effet « wahou » (comme dans If on a Winter’s Night) mais le jeu sait être agréable à l’œil.

L’effet « wahou »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe des point ’n click, on déplace notre personnage à travers différents tableaux et on clique. Partout. Pixel par pixel, on fouille, cherche le moindre bout d’indice, le moindre objet à mettre dans son inventaire. Et, quand on a plusieurs items dans l’inventaire, on essaie toutes les combinaisons  possibles en espérant tomber sur un « truc » qui fonctionnera plus tard pour résoudre une énigme et permettre de poursuivre l’aventure. On parle aussi. Beaucoup. À tout le monde. On essaie toutes les lignes de dialogue. On revient voir le même PNJ encore et encore jusqu’à connaître ses répliques par cœur. Enfin, on résout des énigmes qui permettent d’avancer dans la trame de l’histoire.

La ville où se déroule le début de l’histoire

Quand le sujet est mal maîtrisé, on peut se retrouver avec des énigmes totalement insensées, des dialogues d’une longueur n’ayant d’égale que la liste des adjectifs utilisés par Lovecraft pour décrire l’indicible ou bien encore une histoire plus plate qu’une limande. Ici, rassurez-vous, l’équilibre est bon entre les différentes composantes. Je n’ai buté que sur 2 énigmes durant mon test et, pour l’une d’elles, probablement du fait de mon niveau d’anglais (le jeu ne propose pas de version française pour le moment, mais il est globalement très abordable.). Enfin, l’histoire emprunte énormément au mythe de Cthulhu et propose une narration intéressante bien que classique.

L’inévitable université de Miskatonic

Le scénario nous place dans la peau de Lone Carter, un détective privé des années 1920. Classicisme quand tu nous tiens ! Toutefois, il commence l’aventure à l’article de la mort. Un bras et une jambe en moins après avoir été pourchassé par un Shoggoth. Son prochain souffle semble être le dernier. Pourtant, une mystérieuse force intérieure l’empêche de mourir. Et, après un bref évanouissement, il se réveille frais comme un gardon et entier. Oui entier. Bras et jambes tous à leur place respective. Ce n’est alors que le début d’une (relativement) longue aventure au cours de laquelle on incarnera également Abdul Alhazred et H.P. Lovecraft lui-même ! Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, si tant est que ce test vous a donné envie de tenter votre chance dans cette aventure.

L’est-y pas beau notre détective ?!

Je n’aime pas trop conclure de la sorte, mais, même si à titre personnel, je passe un bon moment sur ce jeu, je ne peux m’empêcher de le classer dans cette fameuse catégorie des « ceux qui aiment aimeront ». En effet, si vous aimez le mythe de Cthulhu et que le genre point ’n click vous plaît, alors vous passerez un agréable moment sur le jeu. Il ne révolutionne ni le mythe, ni le genre (et quel jeu innove réellement de nos jours ?) mais est un bel hommage aux deux. Enfin, vous remarquerez que je n’ai pas abordé le thème de la musique du jeu. La raison est assez simple, aucun morceau ne m’a fait tendre l’oreille. Aucun morceau ne m’a fait dire « ah oui, ça accompagne bien ce passage là ! ». Je n’ai fredonné aucune musique du jeu à la suite de mes sessions de jeu.

On n’allait pas se quitter sans un Cthulhu tout de même !

Site officiel

Développeur : PsychoDev

Éditeur : PsychoDev

Plateformes : PC

Prix : 17.99 € sur Steam

Date de parution : 23 mars 2021

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Eiffel-AD

CM 24h/24, rédacteur le reste du temps.