Hood: Outlaws & Legends

De l’infiltration, des héros originaux sortis tout droit de la légende de Robin des Bois, de la chasse au trésor en ligne contre l’IA et des joueurs, Hood: Outlaws & Legends a de quoi attirer l’œil surtout au vu de son atmosphère et de ses graphismes réussis. Bref, tout ça pour dire que le jeu était assez attendu et ce ne sont pas les premiers retours mitigés qui ont douché l’enthousiasme des joueurs.

Direction artistique réussie

C’est grâce à Flad et pipoop que j’ai pu me lancer dans l’aventure en ligne sans trop savoir ce qu’il allait en être. Après un court tutoriel qui vous présente les quatre héros (Robin, John, Marianne et Took), chacun avec sa spécialité (arc, assassinat, corps à corps, soin), vous voilà dans votre camp de fortune au fin fond des bois. Celui-ci sert de hub pour sélectionner et améliorer le personnage que vous aurez choisi de jouer. Alors au niveau des améliorations, à part des cosmétiques (armes et vêtements), il n’y a en fait que des compétences (3 emplacements dédiés avec des compétences qui se débloquent avec le niveau et de l’argent engrangé pendant les cambriolages) et donc assez peu d’évolutions de personnage à prévoir.

Pas fou fou le campement

Le jeu se joue en 4v4, et malgré le nombre élevé de joueurs (des dires des développeurs) le temps d’attente pour que les équipes se remplissent est parfois très long (normalement corrigé depuis l’écriture de ce test). A noter que le jeu propose par défaut du crossplay entre les joueurs PC et console, ce qui est toujours un peu risqué niveau équilibrage de visée. Les équipes peuvent se composer librement, il n’est pas nécessaire d’avoir un personnage de chaque type même si une certaine versatilité est toujours bienvenue.

Quand vous voulez pour le petit dernier

Une fois lancé sur la carte, vous devrez effectuer des actions dans un ordre précis : d’abord trouver le Sherif (de Nottingham bien sûr) à qu’il il faudra voler la clé. Chaque carte est divisée en quartiers, si vous vous faites repérer par l’IA celle-ci accourra pour vous combattre et fermera certains accès (que John pourra quand même ouvrir grâce à sa force peu commune). Il est donc utile de vous faufiler dans les hautes herbes afin d’éliminer un maximum de gardes sur votre chemin.

Oui dans un fossé on sait on sait

Une fois la clé en votre possession, il faudra trouver la salle de coffre et puis amener le dit coffre jusqu’à un point d’extraction d’où il faudra le charger à l’abri. Le chargement se fait en tournant une manivelle (à deux c’est plus rapide) et en passant des stades de chargement qui rapportent un peu d’argent à l’équipe qui le passe. Car il est évident que tout du long, l’équipe adverse cherchera à atteindre les mêmes objectifs et à vous empêcher de gagner. Fait notable, c’est celui qui donne le dernier coup de manivelle qui gagne (aussi fumé que ça soit niveau équilibrage).

Donc là l’ennemi à largement le temps de venir nous marraver

Et j’ai lâché le mot. Equilibrage. Car c’est là que le bas blesse. Techniquement le jeu est beau, il y a parfois un ou deux bugs de collision et de lancement d’exécutions mais à part ça je n’ai rien rencontré de bien dérangent. Sur le papier tout se tient, sur le papier uniquement, car dans les faits, l’équilibrage et les choix de game design sont assez bancals. Déjà le fait que vous pouvez dominer toute la partie pour perdre sur la dernière seconde (que ce soit dû à la chance ou à des joueurs adverses qui attendent leur heure) est un peu ridicule. Certes certains aimeront le côté « fourbe » de la chose et les joueurs s’y feront assez vite mais ce système est fait pour amener des frustrations vu que souvent vous n’êtes plus, à ce moment crucial du jeu, qu’à deux contre quatre (les deux autres de votre équipe étant souvent occupés à tourner la manivelle) et ça c’est si personne n’est mort entre temps. En plus, le matchmaking est parfois cruel avec tous les newbies d’un côté face à des joueurs expérimentés, ce qui n’aide en rien.

Les environnements sont tout simplement superbes

Autre élément qui peut poser problèmes, c’est que plus vous « libérez » la place de ses gardes, moins la discrétion est de mise (sauf pour les assassinats où il est obligatoire d’être accroupi et dos à la cible, sauf pour Marianne qui peut assassiner de tous les angles) donc les débuts de partie sont prudents et plus la partie avance, plus tout le monde court, se saute dessus et on passe à la curée générale où celui qui a les points de respawn les plus proches de la zone d’extraction a les meilleures chances de gagner. Déjà que le côté infiltration était assez simple et léger, on peut complètement l’oublier dès que le coffre est trouvé…

Et dernier point fâcheux dans Hood: Outlaws & Legends, les personnages. Robin nécessitera de savoir bien viser avec l’arc, surtout que les flèches sont en nombre limité et qu’il faudra trouver des caisses de ravitaillement pour en récupérer, Marianne a elle aussi ces mêmes besoins qui sont cependant un peu allégés par la possibilité étendues d’assassiner les autres. Took est un personnage de corps à corps qui fait très mal car il a une capacité qui lui permet de se soigner et de récupérer de l’endurance plus vite (nécessaire pour frapper et courir) mais le pire est John. Ce personnage peut presque tout faire (il n’a juste pas d’armes à distance), va plus vite pour porter le coffre, peut ouvrir les herses, peut actionner la manivelle plus rapidement, a une capacité spéciale (qu’il faudra charger au fil de la partie) qui le rend presque insensible aux dégâts tout en faisant les plus gros dégâts du jeu. Et comme la fin de partie est assez bourrine, la part belle est donnée à un personnage bourrin qui nécessite juste de taper dans le tas.

Marquer les ennemis permet d’éviter de mauvaises surprises, dommage qu’on ne sache pas quand on est nous même marqués.

Actuellement, tout ceci fait que les parties de Hood: Outlaws & Legends se ressemblent assez vite. Couplé au peu d’options de customisation et d’avancement et à un unique mode de jeu (sur des cartes très jolies certes mais qui n’offrent que peu de variété au niveau enchainement d’actions) on peut dire que les joueurs vont vite faire le tour du titre, à moins que les développeurs n’arrivent à fournir du contenu en plus rapidement. Le season pass semble indiquer que ce sera le cas mais ça reste encore à voir et son prix est conséquent. L’équilibrage pourra je pense être corrigé d’ici quelques mois mais sortir un jeu multijoueur avec un seul mode de jeu limité est par contre assez risqué et j’ai des doutes sur la capacité du titre à garder ses joueurs sur le long terme.

Vers d’autres rivages.

Hood: Outlaws & Legends est un beau jeu avec un gameplay et une progression assez limités et surtout un équilibrage qui a encore besoin de quelques tours de tournevis. En l’état, j’aurais du mal à le conseiller à prix plein, le contenu n’est tout simplement pas encore là et le jeu risque de vite vous lasser après quelques heures. Patience donc, pour voir si le futur amènera ou non les changements nécessaires.

Développeur :  Sumo Digital

Editeur : Focus Home Interactive

Genre : Extraction PvPvE 

Prix : 29,99€

Date de sortie : 10 mai 2021

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *