Early Access: Empires in Ruins

Je ne suis pas un grand fan des Tower Defense, en temps normal le genre me laisse de marbre. Attendre qu’une rangée de petits péons vienne s’écraser contre mes défenses en suivant la route n’a pas la même saveur que de voir s’écraser des vagues d’ennemis sur votre château dans un Stronghold par exemple. Empires in Ruins des devs Hammer&Ravens rajoute lui toute une couche de gestion stratégique au dessus et ça en revanche, ça attire mon attention.

Sgt Hans Heimer est un personnage qui mérite d’être connu

Vous plaçant dans la peau d’un Sergent, alcoolique et désagréable, le jeu vous donne comme mission de reprendre une région qui s’est rebellée. Le héros principal, Hans, joue un peu à l’imbécile et a tendance à se mettre tout le monde à dos. Que ce soit au niveau histoire avec différentes factions que devrez contenter (les nobles, le peuple, l’église, l’armée…) ou dans le jeu même vu que chaque subalterne que vous aurez recruté pourra lui aussi se rebeller.

Velbert m’a un peu beaucoup donné de fil à retordre

Le début est un peu lent, une seule province qu’il faut pacifier (à vous de voir ce que vous voulez lire dans ce mot) avant de s’étendre et puis recommencer. Les événements aléatoires sont nombreux, très nombreux, lors du premier chapitre vu que vous n’avez pas encore les compétences pour éviter les mésaventures, et vous mettront souvent des bâtons dans les roues. Le temps vous est aussi compté, chaque tour vous rapproche du moment où une province va tenter de se rebeller (même si le peuple y est content ce qui semble un peu paradoxal) , seule la capture de nouveaux territoires permet de repousser l’échéance.

Comme à la rédac, les rumeurs partent vite.

Niveau gestion de province, vous pouvez construire un certain nombre de bâtiments, limité par le « niveau » de développement de ladite province mais vous n’aurez le contrôle sur l’aspect construction que si votre quartier général s’y trouve. Autrement, il faudra faire confiance à vos subalternes à qui vous définirez des priorités. J’ai assez bien apprécié le principe qui m’a poussé à pendre l’un d’entre eux car je suspectais qu’il causait les problèmes. Et comme dit si bien le proverbe « Dans le doute, pends le gars« .

Les traits des gouverneurs potentiels peuvent être hauts en couleur

Afin d’éviter toute rébellion, il faudra en général s’assurer un niveau correct de satisfaction de la population (en jouant sur les taxes et en construisant des temples par exemple) et aussi faire montre d’une autorité suffisante (aussi via des bâtiments ou un autre « slider » qui permet de répartir la garnison entre la disponibilité à l’attaque ou le maintien de l’ordre). Il faudra évidemment aussi assurer une nourriture suffisante pour que la province se développe. Sans parler des bâtiments militaires qui permettent d’augmenter votre pourcentage de succès de vos actions offensives (espionnage, attaque, défense).

On peut zoomer sur la carte de campagne pour profiter de la petite sauterie organisée pour l’évolution de la ville.

Ce côté 4X est bien pensé, assez prenant et riche, et pour tout dire très agréable à jouer passés les premiers tours un peu pénibles. Il y a aussi un arbre de recherche mais qui bizarrement nécessite un écran de chargement pour y accéder ou en sortir et qui n’impacte au final que l’aspect Tower Defense.

Car malgré tout, Empires in Ruins reste un Tower Defense. Chaque rébellion, chaque capture ou défense de territoire se joue alors sur une carte pré-dessinée où vous devrez défendre votre « château » en plaçant des tours aux endroits les plus stratégiques afin de cueillir les ennemis avant qu’ils n’atteignent celui-ci. Pour vos constructions, vous disposerez par défaut de deux paysans qui devront se rendre sur place pour réparer ou construire vos bâtiments sans se faire éliminer et il vous faudra aussi acquérir des ressources, soit via des bâtiments de production qu’il faudra débloquer (et qui ne seront utiles que sur les cartes avec lesdites ressources) soit en lançant la prochaine vague ennemie pour accumuler or et ressources pendant qu’ils déferlent. Le but est d’ainsi diminuer un maximum le temps d’attente entre les vagues d’ennemis afin d’avoir assez de ressources pour améliorer vos défenses.

Piou Piou

Si les premières cartes sont sans grand intérêt et ont plutôt réveillé l’ennui qui sommeillait en moi, je me suis peu à peu habité. Les défenses s’améliorent, l’ennemi va parfois déjouer vos plans en creusant des tunnels ou en appelant une nuée de corbeaux pour empêcher vos tours de tirer, bref pour ceux qui ne sont pas allergiques au genre, cette partie bénéficie aussi d’une certaine attention qui pourra, je suppose, plaire.

Oh mage, oh désespoir

Pour ma part, je regrette un peu qu’un jeu se focalisant sur les rébellions ne propose pas une seule carte se situant en pleine ville, pour amener un peu plus de variété visuelle. Je trouve aussi dommage que le « château » ne ressemble ni de près ni de loin à ce que vous construisez dans la partie gestion. J’aurais préféré une certaine persistance des bâtiments d’un mode à l’autre, ne fut-ce que pour la variété lorsqu’on doit combattre plusieurs fois sur la même carte. Niveau difficulté, une fois les principes d’Empires in Ruins acquis, ce n’est pas trop difficile mais la moindre erreur coûte cher vu que pour avoir plus de ressources, il vous faut lancer des vagues ennemies et donc espérer tenir jusqu’à avoir de quoi corriger celles-ci. Bref, perdre est tout à fait possible.

Mais une fois les compétences de votre personnage développées et les chapitres suivants atteints, vous aurez la possibilité de passer plus de temps sur la partie gestion que la partie « TD ». Le jeu propose même la possibilité de résoudre les combats automatiquement (à vos risques et périls).

Vous aurez parfois des rencontres insolites

Vous l’aurez compris, alors que je n’étais pas spécialement très enthousiaste au début et que j’ai dû un peu me faire violence sur la partie Tower Defense, Empires in Ruins a, petit à petit, réussi à me faire apprécier ce qu’il avait à offrir. L’humour un peu gras, le ton moderne et l’originalité de l’histoire couplés à un aspect gestion très réussi font que j’aurais tendance à recommander le jeu.

C’est trop demander de pouvoir trier la liste des provinces?

Reste que c’est encore un Early Access avec les incertitudes que ça comporte. Dans le cas présent, même si les développeurs ont l’air bien réactifs, il y a encore quelques bugs et il faudra probablement encore quelques semaines pour que l’expérience soit fluide de bout en bout. J’ai aussi trouvé la fin du jeu moins intéressante niveau gestion, malgré qu’on soit plus puissant, on subit les événements aléatoires et on manque un peu d’outils pour réagir à ceux-ci une fois la majorité des constructions effectuées.

Le zeppelin va encore s’écraser sur mes tours et me forcer à tout réparer…

Le jeu reste malgré tout l’un des Tower Defense les plus intéressant actuellement, sans être trop difficile, et les moins patients d’entre vous peuvent déjà plonger dans ce monde un peu sale où les trahisons sont monnaie courante et le héros parle comme un charretier. Les curieux peuvent aussi se pencher sur la démo disponible sur Steam. Bon il est où mon brandy, Turd?

Développeur & Editeurs: Hammers & Ravens

Genre: Tower Defense, stratégie

Date de sortie: 4 Février 2020

Prix: 16,99€

Page Steam

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur.

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

3 pensées sur “Early Access: Empires in Ruins

  • 17 février 2020 à 13 h 02 min
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    Salut, sans aucune blague, tes images sont encore cassées, alors que sur l’article de Flad, elle sont visibles, bon là pas de boobs, alors je ne râle pas.

    • 17 février 2020 à 13 h 16 min
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      J’ai pas de soucis ici, t’es sûr que c’est pas du au filtre boulot? J’héberge mes images sur tof.cx contrairement à Flad ceci explique peut-être cela.

  • 17 février 2020 à 13 h 19 min
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    Oui c’est ça, mon FF ne veut plus les images de tof.cx, faut que je trouve pourquoi.

Commentaires fermés.