Locke and Key : l’Alpha et l’Omega

Et voilà, de nouveau devant l’écran et derrière le clavier (l’inverse est beaucoup moins pratique, y’en a un qui a essayé à la rédac’…). Au départ, je devais me contenter de faire un retour uniquement sur la série Locke and Key. Série adaptée d’un comics que j’ai lu environ un an auparavant et dont j’attendais beaucoup de l’adaptation télévisuelle par Netflix. Et puis la série est sortie. J’ai « binge-watché » comme on dit quand on n’aime pas Molière (« visionnage boulimique » selon la commission d’enrichissement de la langue française). Bref, je me suis éclaté les yeux pendant 10 fois 50 minutes environ (la durée des épisodes pouvant variant d’une dizaine de minutes). Et si je ne vais spoiler ni les comics ni la série durant cet article, je vais par contre spoiler l’article lui-même. La mauvaise surprise de la fin de la série m’a amené à légèrement changer mon fusil d’épaule pour finalement parler de l’ensemble (comics + série).

En premier lieu, les comics. Publiés entre 2008 et 2014, les 37 numéros sont regroupés dans 6 recueils. Ecrit par Joe Hill (auteur du roman L’Homme Feu) et dessiné par Gabriel Rodriguez (illustrateur de Land of the Dead de Romero), Locke and Key raconte la vie de la famille Locke après que le père ait été assassiné. On suit alors la « nouvelle » vie des trois enfants et de leur mère tandis qu’ils emménagent dans la demeure ancestrale de la famille. Très vite, les enfants découvriront que la maison recèle des secrets cachés, sous la forme de clés magiques aux différents pouvoirs, tels que se transformer en fantôme ou bien encore voir et interagir avec ce que l’on a dans la tête. Tout pourrait être joli et gentil, mais une créature démoniaque vit également dans les parages et cherche à s’approprier les différentes clés pour accomplir son dessein : ouvrir la porte noire.

On va alors naviguer entre les mésaventures (scolaires et extra-scolaires) de Tyler (le grand frère), Kinsey (la sœur cadette) et Bode (le benjamin de la famille), même si pour ce dernier les événements l’affectant se déroulent plus à la maison qu’à l’école. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, le passé vient se mêler au présent et c’est ainsi que l’on reconstitue le puzzle allant de l’enfance du père Locke jusqu’à ses enfants et au dénouement de l’histoire. En tout cas, c’est comme ça dans les comics qui se veulent plutôt orientés « adultes », avec un côté Lovecraftien revendiqué dès le premier tome (intitulé Bienvenue à Lovecraft). L’ambiance est parfois angoissante, voire limite poisseuse. Pour en finir avec les comics, je dirai que le seul bémol, à titre personnel, concerne l’un des événements finaux que je ne peux/veux détailler ici sans spoiler. Mais c’est vraiment un pinaillage personnel. Donc les comics, c’est un gros oui !

Au tour de la série maintenant ! Quand j’ai appris que Netflix allait sortir une adaptation de cette œuvre, j’ai eu une érection pilaire des bras. La douce sensation laissée par la fin des comics était encore présente et je m’imaginais déjà bien installé dans le canap’ à trembler et kiffer. Des tremblements, j’en ai eu. Mais pas ceux que j’attendais. Le kiffe par contre non. Pas que l’expérience ait été complètement déplaisante, mais je n’ai jamais eu cette montée en tension que j’attendais. La chronologie des événements est différente, la trame est différente. Mais c’est limite mieux ainsi, je n’aurais peut-être pas apprécié que la série soit un calque exact du support originel. Toutefois, l’histoire se déroule un peu trop « gentiment ». Tout m’a semblé édulcoré. Et ce qui m’a le plus déçu : la fin est beaucoup trop vite expédiée. Le twist final n’est pas une grosse ficelle, mais une amarre de paquebot (merci Machiavel, pour une fois qu’il a un bon mot). On jette la tension à la poubelle, on donne des indices trop flagrants et, si toutefois on n’a pas compris (bonjour le niveau d’abrutissement si c’est le cas), on nous colle cinq minutes d’explications via des flash-backs largement dispensables.

Tout ça pour arriver sur une annonce d’une saison 2 qui ne se justifie pas pour moi (mais bon Netflix en veut pour ses $). C’est dommage car je n’ai rien à reprocher aux acteurs, ils sont bons. La réalisation est très bonne, on sent qu’il y a eu des moyens accordés. Au final, je n’ai pas passé un moment désagréable pendant neuf épisodes et demi mais j’ai eu la sensation qu’on m’avait tout gâché en 25 minutes. Un peu comme si on m’avait laissé manger les trois-quarts des ingrédients d’un bon gâteau et qu’au dernier moment, on remplace le sucre par du poivre. Une fin scoubidou avec une pincée de M. Night Shyamalan, ça peut être sympa, mais il faut de la subtilité (et pas celle d’un parpaing dans une pièce montée). Il m’est alors tout autant difficile de conseiller que de déconseiller la série, car elle se laisse suivre (sauf à être allergique aux ados, mais ils ont le rôle principal dans ce récit). Hélas la fin vient tout gâcher (et ça Guy Roux, il n’aime pas !). La série, c’est donc un gros « mouif ».

Pour conclure d’une manière un peu plus positive, j’ai appris tout récemment (merci à toi petit mouton que je martyrise en ce moment), qu’un tome 7 est prévu pour les comics ainsi qu’un autre « one shot » à venir d’ici la fin de l’année. Même si ces deux nouveaux tomes ne concernent pas l’intrigue principale, j’ai hâte de me replonger dans cet univers ! Ainsi, l’Alpha rejoint l’Omega (et le CM ses tweets !).

Flad

CM 24h/24, rédacteur le reste du temps.

3 pensées sur “Locke and Key : l’Alpha et l’Omega

  • 15 février 2020 à 10 h 11 min
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    D’accord. Et si on se contente de regarder 9 épisodes et pas le 10ème c’est bon ?

    • 15 février 2020 à 12 h 11 min
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      Bonne question. Mais quel en serait l’intérêt du coup ? La série se laisse suivre mais c’est loin d’être une incontournable. Non franchement, si c’est l’univers L&K qui t’attire fonce sur les comics.

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