Banner of the Maid

Il m’arrive parfois d’avoir envie d’essayer des jeux complètement différents de ceux auxquels je joue habituellement. Bon pas au point de me lancer dans un jeu de plateforme ou un side scroller mais il faut bien avouer qu’aller dénicher un jeu chinois sur la période post révolutionnaire française avec la soeur de Napoléon Bonaparte, Pauline, en héroïne anime c’est peu commun.

En plus en général je n’aime pas les visual novel…

Alors évidemment, le jeu d’Azure Flame Studio, n’est pas totalement historique, ils ont pris certaines libertés au delà de l’aspect visuel. On y croise Lannes en petit jeunot, le personnage des Misérables, Cosette, en jeune fille simplette qui parle aux oiseaux… Enfin bref vous l’aurez compris, ce n’est pas l’intérêt principal du titre ! D’ailleurs Louis XVI est toujours vivant en 1796 durant la campagne d’Italie de Napoléon donc si c’est amusant de gérer des personnages connus de l’histoire de France, on peut difficilement qualifier le titre d’historique.

Au moins Murat a les cheveux bouclés

Le jeu est sorti en chinois uniquement au départ, mais l’anglais a été ajouté à la version beta et la traduction est respectable, ce qui fait que j’ai fini par craquer et me lancer dans l’aventure. J’avais fort peur que l’interface soit « consolisée » ou les déplacements peu pratiques comme avec beaucoup de jeux qui nous viennent d’Asie, mais ici tout est jouable à la souris sans grande difficulté.

On peut dire ce qu’on veut des personnages, le style graphique du jeu est super propre et agréable.

Si le côté Visual Novel est présent avec certains dialogues qui introduisent les événements du jeu, il reste assez court pour ne jamais devenir ennuyeux (et puis de toute façon on peut tout passer pour ceux qui comme moi sont allergiques au genre). Après l’histoire est simple, très naïve comme d’habitude dans le genre, mais, à l’instar des quêtes principales, arrive à se renouveler régulièrement : désordre public, tentative d’assassinat, découverte du secret de la Reine, assistance de Napoléon durant la campagne d’Italie… Il y a de quoi faire et le jeu compte de nombreux chapitres pour près d’une quarantaine d’heures. Pas mal pour un petit jeu.

De trop rares choix peuvent parfois aiguiller votre aventure.

Le gameplay va donc alterner entre des scènes d’introduction ou de mise en place de l’histoire (avec parfois un peu d’humour facepalm) qui vous permettront aussi d’acquérir de la réputation auprès des 5 factions du jeu et la gestion de vos « unités »/personnages, de leur équipement et compétences avant de vous lancer dans des combats « stratégiques » au tour par tour.

La réputation permettra d’obtenir de meilleurs objets dans les échoppes de chaque faction.

Car il va de soi que la partie combat reste la composante la plus importante du jeu. Chaque carte se joue un peu comme un puzzle, vous devrez y déplacer vos unités chacune à leur tour dans l’ordre le plus avantageux pour vous afin de protéger vos unités non combattantes (artillerie, musiciens) et d’éliminer l’ennemi au plus vite. En général, le temps n’est pas compté, même si certains challenge ou quêtes secondaires vont vous demander d’arriver à réussir votre mission en un minimum de tours.

Encerclé, en sous-nombre, c’est parfait ! J’attaque !

Les décors sont mignons et assez variés (sauf pour la plupart des quêtes secondaires dont l’unique intérêt sera de rejouer des cartes déjà jouées pour acquérir plus d’expérience) malgré le côté pixel 2D isométrique, je me suis souvent réjoui de voir certains décors plus qu’agréables à l’œil. Chaque unité a un type – infanterie de ligne, infanterie légère, hussard, artillerie… – qui déterminera ses forces et ses faiblesses sur le principe du pierre/papier/ciseaux. Passé les premiers niveaux, le jeu offre un bon challenge et il vaudra mieux faire attention aux atouts et positions de l’ennemi si vous ne voulez pas perdre vos troupes, surtout qu’en général deux pertes suffisent à vous faire échouer la mission.

Ah Cosette! Comme j’apprécie tes volées de fusil à deux cases de distance.

Une fois à portée d’un ennemi, vous pourrez choisir une des armes dont vous êtes équipé et lui faire manger du plomb. Chaque fois que vous attaquerez un ennemi, vous aurez droit à une petite mise en place, suivant le terrain, où les deux troupes se font face, l’attaquant tire en premier, puis le défenseur (s’il peut). Parfois l’attaquant, ou le défenseur, dispose d’une seconde attaque suivant ses compétences.


Charge de cavalerie, les sabots battent le pavé

Et franchement, ça a beau paraître répétitif, j’adore. Déjà parce que chaque type d’unité a son petit uniforme tout propre avec plein de détails mais aussi parce que les animations et les effets sont très bien faits. Une volée efficace qui décime l’ennemi est jouissive à regarder, avec ses effets de fumée en prime.

Quand je dis que Cosette fait mal…

Surtout qu’il y a quand même un minimum de réflexion à amener, les armes « s’usent » à chaque tir, même en défense. Il faut donc éviter de se retrouver à sec avant la fin, à moins d’avoir de grandes capacités d’évitement, les combats font assez mal et vous obligeront à utiliser des soins plutôt que de vous déplacer. Heureusement, certaines unités peuvent aussi vous soigner et il y a aussi parfois des feux de camp à disposition pour récupérer de la vie si la météo le permet. Et oui, car s’il pleut pas de feu !

Le terrain a un peu d’influence (enfin surtout les herbes hautes) mais rien de fou

Chaque action réussie donne de l’expérience et influe sur le moral de votre unité. Une fois la jauge de moral remplie, elle aura droit à une action héroïque qui fait plus de dégâts. Au fil de l’expérience, les unités pourront aussi acquérir des compétences qui faciliteront les combats. Bref, vous aurez vite des unités favorites que vous aurez plaisir à voir évoluer, que ce soit sur le champ de bataille ou niveau compétences, vu qu’au niveau 15 une spécialisation plus poussée est possible.

Kaboom!

Bon, on est d’accord, on est loin d’un wargame niveau tactique ou paramètres à prendre en compte, mais au niveau jeu tour par tour ça fait le boulot et de manière assez satisfaisante pour ne pas s’ennuyer, loin de là. Après je n’ai pas joué à d’autres jeux du genre, Fire Emblem et autres me sont inconnus donc je ne peux comparer.

Du pain et des armes, voilà ce dont le peuple à besoin!

Sous couvert de VN à boobs (ça se limite d’ailleurs au visuel des personnages féminins principaux), Banner of the Maid est en fait un jeu assez riche, proposant des batailles au tour par tour agréables avec une attention toute particulière aux graphismes et animations. De plus, pour le prix il propose plusieurs dizaines d’heures de jeu pour les plus motivés. C’est pour moi une assez bonne surprise, pour un jeu auquel je ne m’attendais pas à jouer plus d’une heure et dont pris séparément les mécanismes me laisseraient probablement de marbre. Mais ici l’alchimie fait effet et j’aimerais limite pouvoir avoir ce genre d’animations dans mes wargames rébarbatifs à feuilles excel.

Développeur : Azure Flame Studio

Editeur : CE Asia

Genre : Stratégie Tour par Tour, Visual Novel

Prix : 16,99€

Page Steam

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

Une pensée sur “Banner of the Maid

  • 14 février 2020 à 10 h 21 min
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    Les images sont cassées, on veut voir les boobs ! :cell:

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