Early Access: Golfie

Quand je pense au golf, j’imagine de grands espaces verts où chaque brin d’herbe est mesuré au pied à coulisse, où chaque arbre est judicieusement placé et où les enfants n’ont pas le droit de jouer dans les bacs à sable.

On ajoute à ça des gens beaucoup trop riches qui se font porter leur sac parce que ce sont des fainéants, qui portent des pantalons moches et qu’on conduit en papamobile parce que marcher c’est trop fatiguant, et vous comprenez vite que je n’y connais pas grand-chose.

Et puis j’ai reçu Golfie, sournoisement envoyé par mon rédac-chef préféré (je me contente de peu, mais c’est le seul qu’on a, on fait avec) en me disant « tiens, active cette clé, c’est un jeu fait pour toi ». Vous aussi vous vous dites qu’il me veut du mal ? (NDHarvester : je ne suis qu’amour !)

Déjà, l’ambiance Mario du pauvre m’agresse dès le lancement avec ses couleurs vives et sa petite musique guillerette. On est plus proche du minigolf de fête foraine que de l’austérité d’Augusta.

Dès le premier contact avec la balle, on part dans l’arcade la plus totale avec une précision toute relative dans la direction choisie et la force de frappe. Mais là où j’ai été surpris, c’est par la présence de cartes.

Développé par Triheart, un studio danois dont c’est le premier jeu, Golfie est un mix improbable entre un deckbuilder roguelike et du minigolf. Quelle idée saugrenue, vous entends-je penser, que de mélanger du minigolf à un système de cartes ? Et bien j’en suis le premier étonné, mais ça ne marche pas trop mal.

On pioche donc avant chaque coup des cartes qu’on peut activer pour modifier le comportement de la balle. De base, on peut ajouter de la force, faire un tir en cloche ou même lui donner un effet brossé digne d’un coup franc de Roberto Carlos.

L’aspect cartoon déjà bien présent s’accentue avec les cartes spéciales ; au menu, jetpack, parachute, balle collante pour l’empêcher de rebondir n’importe où, effet ballon de plage pour l’inverse, ou encore hyperpuissance pour être sûr de l’envoyer dans le vide ; c’est Tiger Woods qui rencontre l’univers Marvel en fait ce jeu.

Je parlais de roguelike, c’est parce qu’à chaque nouvelle partie, on essaiera de réussir le plus de trous possibles. Nos quelques points de vie seront vite perdus en tombant dans le vide ou dans l’eau (les niveaux étant composés de plateformes flottant dans les airs ou de petits morceaux d’île), ou en dépassant le nombre de coups prévu pour le parcours.

On peut reprendre de la vie en dépensant les pièces ramassées sur le green dans des distributeurs de bonus, qu’on active en envoyant la balle dessus et rarement placés sur le chemin le plus court. Il faut donc prévoir de dépenser des coups pour y aller et ne pas se rater, il serait ballot de reperdre directement la vie récupérée.

La difficulté augmente à chaque trou, la moindre erreur ou perte de temps peut être synonyme de game over dans les niveaux les plus élevés. Heureusement, on va enrichir son paquet de cartes sur le chemin en bugnant des cristaux qui nous en donnent de nouvelles.

Mais on reste dépendant du tirage puisqu’on n’a droit qu’à trois cartes par coup et ce ne sont pas toujours celles dont on a besoin pour se sortir de derrière une barrière ou sauter par dessus un trou.

J’ai maintenant passé quelques heures sur Golfie, et vous savez quoi ? C’est fun. Y jouer est loin d’être la punition que je m’attendais à trouver. C’est un petit jeu au concept rigolo et ses défauts sont finalement peu nombreux.

Alors oui, les graphismes sont limités pour être poli. La caméra revient de soirée et a encore un gramme d’alcool dans chaque œil. Les niveaux en intérieur dans le décor médiéval sont une purge où on conduit sans visibilité en se faisant découper par des haches qui oscillent si on n’est pas tombé dans la lave avant.

Les contrôles approximatifs donnent à mes coups une précision aléatoire. La musique aussi est un calvaire. Chaque environnement a son thème, et j’ai du mal à me décider pour savoir lequel je déteste le plus.

Enfin, un dernier bémol et non des moindres, son prix que je trouve élevé pour un petit jeu de ce genre en Early Access. Vous me connaissez, je n’aime pas dire du mal des gens, mais Golfie a quand même une tête à finir dans un bundle.

Mais malgré tout ça, ça fait du bien ce genre de jeu casual où les ratés sont plus amusants que frustrants. Parfait pour de petites sessions détente en rentrant chez soi. Si on a des amis, on peut même se tirer la bourre au classement mondial et un mode multijoueur est également prévu.

On verra ce que l’Early Access apportera comme contenu, que j’espère plus concret que ces éléments cosmétiques qu’on peut débloquer pour changer l’apparence de sa balle. Mais il y a déjà de quoi s’amuser dans cette version.

Il y a quelques temps, en découvrant les images de Golfie, je me suis dit « merci mais non merci, ce n’est pas un jeu pour moi ». J’avais tort et j’ai été agréablement surpris. Ne le jugez pas trop vite, il a plus d’un trou dans son sac.

Genre : Roguelike deckbuilder / minigolf

Développeur : Triheart Studio

Editeur : The Yogscast

Plateforme : Steam

Prix en Early Access : 17,99€

Date de sortie : 26 mai 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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