Early Access: Dwarfheim

La vie à la rédac’ est plutôt tranquille et réglée comme du papier à musique. Les promos arrivent et je les distribue selon les affinités ou les pots-de-vin. Un jeu pas terrible ? Ce sera pour Machiavel, il adore ça. Un truc perché en point & click ? Notre hippie local. Un truc meugnon tout plein ? Notre mouton qui se met à sauter dans tous les sens pour l’avoir. Sauf que parfois, la démocratie a ses limites. Comme quand un jeu arrive et qu’il y a des nains dedans. Bon je vous l’accorde, ça n’est pas toujours gage de qualité… Mais là bon sang, c’est même dans le titre : Dwarfheim. Pas de raison que ça se passe mal, hein ?

C’est vrai quoi, un STR dans un univers Fantasy générique, avec des graphismes cartoonesques. Le tout en Early Access. Si ça ne vous donne pas envie ça, je ne sais pas ce qu’il vous faut ! C’est donc plein d’entrain que j’installais le jeu et hélais Bofang qui passait dans le couloir. Non pas pour le saluer mais pour le forcer lui demander gentiment de jouer avec moi (ce qu’il a bien entendu accepté car il est gentil LUI, hein SAAvenger ?). Car oui, Dwarfheim est un STR coop auquel on joue avec des potes, deux si possible. Et figurez-vous que ce n’est pas de « on a chacun un camp et on latte les trois d’en face ». Non non mesdames et messieurs, dans la production de Pineleaf Studio, les joueurs se partagent le contrôle d’un seul camp.

Comment cela se passe dans les faits ? Plutôt bien je dois dire. Aux commandes d’un héros, chaque joueur incarne un rôle : constructeur, mineur ou guerrier. Et doivent travailler ensemble pour mettre la pâtée aux mecs en face car chacun est cantonné à son rôle et rien d’autre. Vous jouez mineur ? Super, vous allez passer la partie dans les souterrains à casser du caillou. Vous êtes le constructeur ? J’espère que vous aimez bâtir de jolies maisons et des murailles. Le guerrier ? Il va falloir quémander des ressources pour recruter et gérer vos forces pour casser des bouches sans mettre à mal l’économie commune. Mais ne comptez pas construire des fermes en tant que guerrier, ou recruter des arbalétriers en tant que mineur.

Oui c’est déroutant de se voir enlever les deux tiers d’un jeu et on pourrait croire que ce découpage va être catastrophique. Que nenni ! Dans notre test, Bofang et moi n’avons pas eu l’impression de jouer au même jeu, sans pour autant s’ennuyer une seule minute. Alors qu’en tant que bâtisseur j’étais focalisé sur la carte en surface à tenter de construire des remparts aussi vite que possible (pour repousser les attaques incessantes de l’IA) tout en essayant d’assurer un flux constant en bois et nourriture, Bofang était quant à lui en train de jouer à Factorio dans les entrailles de la terre, construisant des kilomètres de tapis roulants convoyant pierre, or et acier nécessaires à l’effort de guerre. Enfin, je parle d’acier mais il lui aura fallu de longues minutes d’intense réflexion et de tests avant d’arriver à en fournir, la faute à une interface pas toujours très claire. Et pendant ce temps, notre IA dirigeant le guerrier balançait 3 péquenots sur le camp adverse, réussissant l’exploit de gaspiller nos ressources tout en n’arrivant pas à défendre notre ville… C’était bordélique, je passais mon temps à chouiner pour des matériaux tandis que Bofang m’avouait régulièrement, sa voix altérée par l’émotion, avoir mis en place une nouvelle chaîne augmentant nos capacités de production. Mais personnellement cela m’a bien plu.

Certains bâtiments neutres apportent des bonus

Dwarfheim ne paie pas de mine (oh oh oh) au niveau de la réalisation ou du thème. Si j’étais méchant, je vous dirais même que cela fait très F2P. Mais là où Dwarfheim se rattrape, c’est sur sa profondeur : il y a un bon paquet de bâtiments à construire, les ressources sont variées et jouer sur deux niveaux distincts oblige à communiquer. Les modes de jeu sont variés, avec du Joueurs Contre Environnement (JCE), Joueurs Contre Joueurs, Survie (seul ou en équipe), bac à sable… Il est clair que les développeurs veulent offrir l’expérience la plus complète possible.

Et donc là Bofang s’amusait bien, tout seul dans son coin…

Alors, quelle conclusion pour Dwarfheim ? Je vous avoue que je suis assez indécis. J’ai passé du bon temps dessus, impossible de le nier. Je me suis aussi bien marré avec Bofang et espère pouvoir remettre ça dès que possible. Je laisse de côté le fait que le jeu est loin d’être fini, qu’il y a des bugs ou des soucis d’interface, qu’il n’y a que deux cartes disponibles, c’est un Early Access et les développeurs semblent mettre du cœur à l’ouvrage. Franchement, si ça ne tenait qu’à moi, il y a des nains, de la construction, bref je validerais. Mais je pense à vous, mes chers petits. Parce que si vous voulez vous investir dans Dwarfheim, c’est 25€ par personne. Pour un genre qui, malgré les bonnes idées du titre, est quand même passé de mode. Alors si vous devez investir, ou garder ce jeu en wishlist, réfléchissez bien avant : êtes-vous sûr de pouvoir jouer régulièrement avec vos potes ? Parce que même si j’ai parlé de solo, je ne suis pas sûr que ça soit dans cette configuration que le titre dévoile tout son potentiel. C’est même carrément épique de devoir gérer tout ça tout seul et même un poulpe aura de grosses suées. Donc il va falloir être sûr que vous êtes 3 motivés et que la communauté va suivre.

Comment ça on peut pas construire chez l’ennemi ?

Si vos ami(e)s et vous remplissez ces conditions, alors préparez-vous à découvrir un jeu de stratégie en temps réel à la fois classique et innovant où l’organisation et la communication comptent bien plus que le nombre de clics à la seconde. Et puis bon sang, y’a quand même des nains dedans, ça ne se refuse pas !

Le point de vue d’un mineur de fond
“Il faut de l’argent”. “N’hésite pas sur la pierre”. Autant de requêtes fermes – mais justes –  auxquelles il est difficile d’accéder dans des délais raisonnables. À moins de rester l’œil collé aux roches et aux nains mineurs, le doigt sur la souris. La faute à une IA qui manque cruellement d’initiative, qui fait que les barbus cessent de piocher dès qu’on tourne le dos. Cette surveillance lourde en clics gâche le plaisir grisant d’être le maillon indispensable d’une chaîne et peut donner l’impression de simplement se taper le sale boulot souterrain. Pendant que le rédacteur en chef, en surface, récolte gloire et butin. Une belle métaphore du fonctionnement de Dystopeek.

Genre : Stratégie temps réel

Développeur : Pineleaf Studio

Editeur : Merge Games

Site officiel

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *