Demo: The Pioneers: Surviving Desolation

Si on sait aujourd’hui à quoi ressemble Io, satellite de Jupiter nommé ainsi par Galilée en hommage à l’amante du maître des Dieux, c’est bien évidemment grâce aux différentes sondes lancées à travers l’espace depuis les années 70.

Les deux premières à avoir approché Jupiter, Pioneer 10 et Pioneer 11, sont-elles à l’origine du nom de ce jeu de construction de base / survie qui se déroule à la surface hostile de Io ? J’aime à le croire, même si le scénario que la démo nous permet d’apercevoir a une explication plus pragmatique à ce choix.

Tout commence lorsqu’une expédition est envoyée sur ce satellite intriguant, avec sa fine atmosphère, son activité volcanique intense et ses montagnes gigantesques. Mais l’atterrissage (l’aionissage ?…) ne se passe pas comme prévu et seuls trois survivants parviennent à fouler le sol de Io.

Une station avait déjà été construite sur place pour les accueillir, et notre première mission est de rejoindre sa relative sécurité. En route pour son atmosphère respirable, pour quitter les combinaisons de survie aux réserves d’oxygène limitée.

Trois personnages à diriger, cela peut sembler peu, mais vu qu’il faut les micro-manager un par un, c’est bien suffisant. On écoute le tutoriel, on construit des plateformes de forage, grâce auxquelles on pourra installer des quartiers à nos pauvres hères.

Pour garantir leur survie, ils ont besoin de trois choses : repos, nourriture et oxygène. S’ils peuvent dormir à même le sol froid de la station, les quelques rations disponibles ne feront pas long feu. Il faudra vite assurer la production de nourriture grâce à des serres.

L’oxygène est produit automatiquement par la station, mais il faudra régulièrement recharger les combinaisons, nécessaires pour récolter les ressources forées et évidemment explorer les environs.

L’interface de The Pioneers n’est pas trop pénible, les habitués du genre retrouveront vite leurs marques. On manque un peu d’informations sur le fonctionnement des ressources, mais on pige vite le principe, toujours très généreux en actions à gérer clic après clic.

L’épave du vaisseau qui nous a amené a relâché des caisses remplies de ressources qui nous seront bien utiles. Mais l’objectif de cette démo, c’est d’aller chercher les trois pièces qui nous permettront d’appeler des secours.

Si la première se trouve tout près, les deux autres nous ferons crapahuter dans un décor fort joli mais dangereux.

La difficulté, c’est de gérer le temps d’oxygène dans la combinaison. C’est bien beau de s’offrir une promenade si c’est pour crever d’asphyxie en revenant à la base. Mais les précipices et autres grottes à découvrir valent peut-être le risque…

La première chose qui saute aux yeux dans The Pioneers, c’est la beauté de l’environnement. On y ressent parfaitement l’hostilité de cette planète, la silhouette gigantesque de Jupiter envahit le ciel et la faible lumière du soleil renforce l’étrangeté ambiante.

La station, plus basique, souffre de son côté sombre et métallique. Mais Maggie, l’araignée robotique qui construit les extensions, est originale et bien animée. L’effet de particules lorsqu’une fuite d’oxygène survient (causée par l’activité sismique capricieuse de Io) est aussi très réussi.

Le gameplay de The Pioneers est pour l’instant limité. Une fois construites les foreuses et les serres, on se contente de micro-manager nos naufragés. Ça devient vite répétitif et peu stimulant.

J’espère qu’il sera possible de leur donner des instructions plus globales. L’idéal serait qu’ils soient productifs tout en sachant subvenir à leurs besoins, comme dans un RimWorld.

Les messages d’avertissement au lancement de la démo ne mentent pas : le jeu est loin d’être fini techniquement. J’ai rencontré de nombreux bugs qui m’ont obligé à relancer (puisqu’il n’y a pas de sauvegarde).

Un de mes pionniers n’a pas pu rentrer dans la station dès le début du jeu, condamné à errer dehors jusqu’à épuisement de l’oxygène de sa combi.

Une autre fois, c’est la cuisine qui refusait de fonctionner. J’ai mis trop de temps à en construire une nouvelle pour enfin produire des rations, mais trop tard : tout le monde est mort de faim.

Et puis l’accident de travail classique : le préposé à la transformation de minerai à disparu à son poste. Enfin, il était encore là, mais plus visible, ni cliquable. Impossible de le faire revenir, ni de lui dire de se nourrir. Il est donc mort de faim, quelque part entre deux textures.

Mais ces quelques bugs prévisibles ne doivent pas vous faire perdre de vue l’essentiel : son potentiel. The Pioneers semble certes classique dans son gameplay, voire même austère avec ce micro-management forcé.

Mais j’ai envie de croire aux quelques petites subtilités aperçues, qui pourraient bien en faire un colony-sim / survival exigeant et surtout intéressant à découvrir.

Financé à 157% via Kiss Kiss Bank Bank avec 47 094 € récoltés sur 30 000 € demandés, ce jeu des Français de Supercube est en pré-prod depuis deux ans. Il a remporté la Game Cup, « la Coupe de France de création indépendante de jeux vidéo » catégorie jeunes studios en 2020.

Nos petits français ne manquent pas d’ambition, mais il ne faudra pas être trop pressé. L’Early Access est envisagé pour 2023 et la sortie pour 2024. D’ici là, je vous invite à découvrir la démo, toujours accessible sur Itch.io.

Genre : Colony-sim / Survival

Développeur indépendant : Supercube

Site officiel : thepioneersgame.com

Plateforme : Steam

Prix : NC

Date de sortie : 2023 / 2024

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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