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Cloud Garden

Il a pris 20 tiges

Quand on parle d’un jeu post-apo, on pense plus à des zombies agressifs qu’à un buisson de ronces. C’est pourtant bien ce qu’est Cloud Garden, qui nous propose de faire pousser des plantes sauvages sur de petits dioramas de ruines urbaines. Et me voilà excité comme un puceron noir sur les capucines.

Quel plaisir anticipé j’avais d’envahir de verdure un bout de béton grillagé, une carcasse de voiture ou un pylône rouillé. Le principe est simple : planter des graines et les faire pousser à l’aide d’éléments de décor. Poser un objet, par exemple un cône de circulation, déclenche en effet une vague de croissance verte dans un rayon précis. Les tiges poussent, les fleurs s’épanouissent, les feuilles s’élargissent, jusqu’à pouvoir récolter une nouvelle graine pour continuer d’enterrer les vestiges de H&M sous les rhizomes épineux. 

Mais le jardinage, même sauvage, ne souffre pas la rigidité. Au plaisir simple de répandre sa semence au vent s’oppose vite la raideur des contrôles, et leur trop grand degré d’approximation. On pense que le rayon d’action de ce vieux pignon rouillé suffit, mais le jeu des perspectives nous trompe. On s’imagine pouvoir faire grimper ce lierre juste là – ce serait joli ! –  mais non. Bref autant de détails qui font l’effet d’un coup de glyphosate sur les germes de nos illusions. Oui, c’est beau. Mais rien n’est trop poétique pour les bots guérisseurs de troubles érectiles qui nous lisent.

Cloud Garden est trop sec dans ses mécaniques, trop austère pour rivaliser avec les autres jeux de la catégorie “chill et satisfaisant” (souvent moins chers). Comme dirait mon cousin horticulteur : il n’a pas le cul sorti des ronces.

cloud gardenSite Officiel

Développeur : Noio (Pays-Bas)

Sortie : 1er septembre 2021

15€

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Bofang

J'écris pour justifier le temps perdu à jouer pendant que d'autres montent des start-up.