Amnesia: Rebirth

Avant que nous commencions à parler d’Amnesia : Rebirth, sachez qu’à ma grande honte je n’ai jamais lancé les deux premiers. J’ai joué à pas mal de jeux horrifiques, je vous en ai même parlé ici et , mais étrangement une des séries les plus connues, nope désolé pas testé. C’est pourquoi quand le dernier né des studios Frictional Games est arrivé à la rédac’, j’étais plus que tenté d’enfin me lancer. Pour cette raison et aussi parce que mes chers collaborateurs, en bonnes flipettes qu’ils sont, refusent de jouer à un jeu qui fait peur. C’est ballot, résumer Amnesia: Rebirth à ça est très réducteur et à côté de la plaque.

Un départ atypique pour un jeu de ce genre…

L’histoire démarre par une cinématique somme toute très classique pour un jeu vidéo. Nous sommes en 1937, vous êtes Tasi Trianon et êtes avec votre compagnon Salim dans un coucou au-dessus du désert algérien. Comme on peut s’y attendre, l’avion se crashe, vous laissant seule et amnésique dans le désert. Attendez, quoi ? Seule ? Amnésique ? Et c’est quoi cette touche pour se caresser le ventre ? Je ne sais pas si le script suit les précédents épisodes, mais il faut pas mal de recul et d’imagination pour rentrer dans le pitch du jeu. Ça n’est pas du tout un défaut, vu son originalité : personnellement c’est la première fois que je joue une femme enceinte paumée dans le désert…

Voilà, c’est plus l’ambiance là !

Je ne broderai pas plus concernant l’histoire car, soyons honnête et tordons tout de suite le cou aux rumeurs, Amnesia: Rebirth n’est pas un jeu très axé sur l’horreur et il vaut la peine d’être joué principalement pour son scénario et sa magnifique ambiance. Alors certes, vous allez flipper par moments, quand vous serez poursuivi par une goule ou qu’un Spectre vous obligera à frôler les murs pendant d’angoissantes minutes.

Mais globalement, une session de jeu consiste à explorer dans le noir, en luttant contre vos peurs, ainsi qu’à résoudre des énigmes logiques pour pouvoir avancer. C’est peut-être un détail pour vous mais pour le rythme cela veut dire beaucoup (si vous l’avez, laissez un commentaire on verra ce qu’on peut faire pour vous) ! Et s’il y a bien quelque chose que je trouve important dans ce genre de jeux, c’est le rythme. Rien de pire que de passer d’un moment de pure panique à une longue séquence sans rien avoir à faire. Ici, tout est calibré pour que le joueur ait toujours l’impression d’avancer, que ça soit en faisant progresser l’histoire ou en découvrant de nouveaux passages.

Des portails… Un médaillon mystérieux…

Je ne vous en dirai donc pas plus concernant le scénario, si ce n’est qu’il va (encore une fois) falloir accepter que ça parte dans l’extraordinaire. Si je comprends la démarche, qui laisse bien plus d’opportunités pour faire parler l’imagination des scénaristes, il faut avouer qu’un bon petit jeu bien réaliste dans un monde bien terre à terre me manque. Mais ne boudons pas notre plaisir et parcourrons ce désert superbement modélisé, ces grottes et ces bâtiments à l’abandon. Et bien plus encore mais ça sera à vous de découvrir cela…

Techniquement, sans atteindre des sommets de waou et de wopunaise, le jeu est tout de même beau et surtout parvient à retranscrire une ambiance angoissante. Que ça soit dans le désert lumineux, où il faut chercher l’ombre, ou dans les sombres cavernes où il faut au contraire la faire disparaître en allumant tout ce qui peut l’être, le joueur n’aura aucune peine à s’immerger d’autant plus que la partie sonore n’a pas été négligée. Les flashbacks, déclenchés à certains endroits clés et lorsque vous retrouverez certaines notes, sont présentés sous la forme de dessins (réalisés par l’héroïne) et permettent petit à petit d’y voir plus clair. Jusqu’à ce dénouement où…

Prends ton temps Roger…

Amnesia: Rebirth n’est pas donc un jeu purement horrifique et lorgne plus vers le jeu d’aventure ayant son lot de puzzles. Cela chagrinera sans doute beaucoup de monde, cela permettra sûrement à d’autres de s’initier doucement au genre. Quoi qu’il en soit, je vous le recommande chaudement. Son rythme parfait, son ambiance et son scénario fouillé vous tiendront en haleine pendant la douzaine d’heures nécessaires pour voir une des trois fins. Mais encore une fois, malgré le passif du studio, malgré ce que vous lirez ici et là, ne le prenez pas en espérant de l’horreur à tout bout de champ.

Alors c’est gentil mais ça a un peu foiré…

Genre : Adventure, horreur

Développeur : Frictional Games

Editeur : Frictional Games

Date de sortie : 20 Octobre 2020

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *