The Valiant

Lorsqu’Ancestors Legacy 2 The Valiant est apparu sur Steam, mon sang n’a fait qu’un tour : enfin la suite du hit de Destructive Creations qui m’avait apporté tant de plaisir. La période est quasiment la même certes, tout comme la gestion des escouades, mais bon quand on aime on peut bien fermer les yeux sur ces petits détails. Quoi les développeurs s’appellent KITE Games ? Et comment ça, ça n’est pas la suite d’Ancestors Legacy ?

Calmons-nous et ne cédons pas à la déception, surtout qu’il a quand même l’air d’envoyer du lourd ce petit The Valiant. Il faut dire que ses parents ont bossé sur SWINE HD et Sudden Strike 4, ce qui pourrait donner un indice sur leur style préféré.

Sans être des monuments, ces deux jeux étaient fort plaisants. Un CV correct donc pour un titre qui se veut ambitieux, surtout au niveau de l’histoire qui est fort travaillée.

Vous allez en effet – au cours d’une quinzaine de missions – incarner un ancien Croisé, Theoderich, parti en quête d’un artefact brisé en trois morceaux et dont l’un est entre les mains d’un ancien camarade, Ulrich.

Le gentil Theoderich va donc partir à l’aventure avec un moine et recruter en chemin divers chevaliers et compagnons d’armes. La narration se fait via des dessins et grâce aux cinématiques avec le moteur du jeu. C’est très plaisant, même si parfois un peu longuet.

En jeu, la patte Ancestors Legacy est visible à quatre kilomètres : vous dirigez un groupe de plusieurs escouades dirigées par des héros et devez, avec des ressources très limitées, vous débarrasser d’un adversaire largement supérieur en nombre.

Les missions sont variées, autant dans leurs décors que dans leurs objectifs : vous allez combattre en Terre Sainte, sous la neige ou le soleil, de jour ou de nuit et devrez prendre d’assaut des forteresses, défendre des paysans en résistant aux attaques sur leur village ou bien traverser des cols enneigés. Il y a donc fort à faire lors de chaque mission, qui vont même vous obliger à tout ratisser.

Parce que voyez-vous, si vos troupes régulières ne gagnent pas d’expérience, vos héros quant à eux progresseront et nécessiteront d’être chouchoutés avec les différentes pièces d’équipement ramassées sur le terrain.

Ajoutez à cela un arbre technologique propre à chacun, dont les améliorations ont la bonne idée d’aussi s’appliquer aux soldats de base et vous aurez un jeu qui a osé poser un gros orteil dans la case jeu de rôle. C’est très plaisant et permet d’avoir une armée façonnée comme on le désire.

Et croyez-moi ce n’est pas plus mal tant The Valiant peut s’avérer difficile. Pas difficile dans le sens il faut trouver la bonne tactique à appliquer pour vaincre. Pas vraiment.

Généralement, les missions sont assez simples sur papier : comme il n’y a pas de construction de base, il suffit de prendre un campement, permettant de reconstituer les rangs des escouades amochées et de monter à l’assaut en surveillant les jauges et en n’hésitant pas à se replier. Et surtout clique vite, partout et beaucoup.

Les paramètres à toujours avoir à l’œil lors d’une partie de The Valiant sont l’armure (si elle est détruite les troupes commencent à être blessées) et la vigueur, qui permet de lancer les capacités spéciales. Celles-ci sont très variées et dépendent bien évidemment du type de la troupe mais aussi de l’équipement porté.

Assommer, charger, envoyer des volées de flèches, il y a toujours quelque chose à faire, un cooldown à surveiller, une escouade à faire reculer… C’est intense et bien souvent on prend quelques secondes pour souffler entre deux bastons. Jusqu’à ce que…

Et c’est là que les choses se fâchent : même si je regrettais qu’il n’y ait absolument pas de gestion et construction de base, je prenais du plaisir avec The Valiant, surtout sur les premières missions. Avant que les développeurs se disent que ça serait super sympa d’obliger le joueur à affronter des ennemis par wagons entiers. Je ne vous parle pas de combats épiques où vous finissez en sueur avec un monticule de corps devant vous suite à un assaut d’envergure. Non non, je vous parle de simples combats où l’IA vous balance escouade sur escouade.

Vous faites le siège d’une forteresse et devez conquérir des mines pour avoir de quoi construire des engins de siège. Facile, vous nettoyez chaque point patiemment, face à un ennemi en surnombre. Et toutes les trois minutes, du château assiégé sort une armée trois fois plus grande que la vôtre, et elle part raser votre camp de base. Vous la repoussez, pansez vos plaies pour repartir à l’assaut et… cela fait 3 minutes, la même grande armée revient…

Dans The Valiant, vous dirigez des armées rikiki. Vous n’aurez jamais des centaines de combattants à l’écran, juste une demi-douzaine d’escouades de votre côté, que vous devez micro-manager.

Encore et toujours pour faire face à bien trop : des troupes d’élite qu’il faut deux plombes pour flinguer, des boss qui ne sont que des sacs à point de vie et dont l’anéantissement prend des plombes. Ça n’est pas marrant du tout, du moins pour moi.

Là où Ancestors Legacy était fort, c’était que vous n’aviez jamais assez pour tout défendre. Il fallait faire des choix, accepter de perdre d’un côté pour prendre de l’autre. C’était une gymnastique mais ça fonctionnait très bien. Dans The Valiant, vous n’avez jamais assez.

Vous vous adaptez au mieux avec un chifoumi classique, renvoyez vos archers pour recruter des piquiers, mais vous ne le faites que quelques fois par partie. C’est assez déplaisant, voir ce grand camp et se dire que non, ce sera 3 escouades et pas plus et que de toute manière vous n’aurez pas les moyens d’en construire plus de quatre en tout.

Alors on fait des aller-retours pour soigner les troupes. Et on repart. Et on se replie. Et on pleure devant ce gâchis. Et quand, lors d’une mission nocturne soit disant d’infiltration vous vous retrouvez pris dans une embuscade qui ne vous laisse absolument aucune chance malgré vos espoirs, vous abandonnez.

Vous avez supporté l’impossibilité de sauvegarder, avec les checkpoints à l’arrache pouvant vous faire perdre une heure de jeu. Vous avez supporté les bugs vous obligeant à relancer une sauvegarde automatique. Mais là non, ça n’est plus possible, où est la tactique là-dedans ?

Le bordel ? Nooooon !

Non, The Valiant n’est pas un bon jeu de combats tactiques. Certes les forces et faiblesses des différentes troupes doivent être exploitées au mieux pour espérer survivre. Mais affronter 20 escouades de piquiers à la fois juste « parce que » n’est pas un exercice plaisant. C’est juste fastidieux et lassant, cela n’amène rien et gâche le plaisir d’un joueur qui en vient même à zapper l’histoire, qui avait pourtant fait l’objet de beaucoup d’effort.

Alors oui The Valiant est plaisant à l’œil, oui ses débuts sont encourageants mais non, il ne vaut pas ses 40€. Je n’y mettrais même pas la moitié en fait. Parce que pour ce prix vous avez Ancestors Legacy qui est bien plus épique et abouti sur tous les niveaux.

Genre : Stratégie

Développeur : KITE Games

Editeur : THQ Nordic

Date de sortie : 19 Octobre 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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