Assassination Classroom

Quand une oeuvre parle de mon métier, j’ai une tendance naturelle à l’esquiver, moins pour éviter de m’énerver sur les incohérences, que de le pratiquer suffisamment longtemps dans la journée pour ne pas avoir envie de m’y replonger pendant mon temps libre. En ce sens, Assassination Classroom est une exception notable.

De quoi ça parle ?

Un mystérieux poulpe jaune annonce qu’il a détruit une grande partie de la lune pour en faire un croissant. Il précise que dans un an, il détruira la Terre. Sa revendication est simple : il veut devenir professeur de la classe E du célèbre lycée Kunugigaoka et les élèves devront essayer de le tuer. La récompense pour sa mort est de 10 milliards de Yen. Karasuma sera l’agent de liaison du gouvernement en tant que prof d’EPS de la classe.

La classe E est la classe des épaves, c’est à dire des pires élèves de l’école dont le principal base sa pédagogie sur la différence entre les forts et les faibles. Les excellents élèves sont dans la classe A et les mauvais dans la E. Le principe de cette pédagogie est de créer une compétition entre les élèves pour les tirer vers le haut en écrasant les autres. La classe E étant excentrée du bâtiment principal, elle permet d’accéder à la demande du poulpe jaune puisque seuls les élèves de la classe E connaissent la vérité dans le bâtiment, à l’exception du principal.

L’animé se compose de 47 épisodes découpés en deux saisons (22 épisodes pour la première et 25 pour la seconde). Il est disponible sur Netflix.

Des personnages attachants pour une excellente animation.

Koro of Benetton

Passons sur la qualité de l’animation qui ne souffre pas de défauts majeurs. C’est très propre et bien animé. Pas de mauvaises surprises avec des arrières plans dégueulasses ou des personnages dessinés à la truelle par un stagiaire au fond d’une cave.

La grande force de l’animé est son casting. Avec un personnage principal qui est un poulpe jaune, on pourrait s’attendre à avoir envie de tout couper au bout de deux secondes, mais il se révèle très rapidement attachant avec sa volonté d’être le meilleur enseignant possible (l’explication viendra assez tard). Il a une pédagogie très particulière, mais il cherche à tirer le meilleur de chacun, même des profs comme le très coincé Karasuma et Irina, assassine de son état qui se révélera bien plus intéressante que son physique ne le laisse paraître.

Les élèves ne sont pas en reste avec des enfants qui sont tous arrivés dans la classe E pour autre chose que leur médiocrité supposée. Ils n’ont pas adhéré au système mis en place par le principal et peuvent enfin s’épanouir avec le professeur Koro. Nagisa montrera de réelles capacités en assassinat malgré son côté androgyne qui sera l’occasion de quelques situations cocasses. Même Karma, personnage bagarreur et rebelle saura évoluer pour le meilleur.

Pourquoi j’ai adoré ?

A chaque fois que je parle d’Assassination Classroom, je sors cette petite phrase : c’est la plus belle déclaration d’amour au métier d’enseignant. Koro a plein de défauts, mais il met une telle énergie et envie à faire réussir leurs élèves qu’il est difficile de ne pas s’attacher à lui. Je dois aussi avouer que je suis d’accord avec sa vision de l’enseignement : chaque élève a les capacités de réussir et faire ce qu’il/elle veut. Il faut juste lui donner les outils pour le faire et c’est la base du métier à mon sens.

La série oscille en permanence entre le drame et la comédie. Le côté complètement décalé du personnage offre des situations hilarantes tout en étant capable de glisser vers le drame dans la minute d’après sans que cela paraisse forcé. C’est vrai aussi que les leçons données peuvent paraître niaises ou évidentes, mais ça fait du bien de les entendre comme un rappel que les élèves sont capables et qu’ils ont droit à l’erreur.

La série se permet beaucoup de références et un peu de quatrième mur brisé sans trop en faire. Le second degré est très présent tout en se permettant une jolie réflexion sur la place de l’enseignant dans l’évolution des élèves.

Assassination Classroom est une série qui m’a fait beaucoup rire, pleurer à la fin et rappeler que l’on peut parler de certains sujets avec humour et sérieux en même temps. A voir absolument.

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

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