Valor & Victory

Valor & Victory est un wargame light inspiré du jeu de plateau. Vous y dirigez des escouades sur des petites cartes assez jolies à objectifs simples (capture d’un point ou élimination de l’ennemi) dans un temps imparti.

Valor ok mais victory rien n’est moins sûr

Contrairement à mon estimé collègue, je n’ai pas un intérêt prononcé pour les wargames sur table, je suis bien content de pouvoir profiter de tout cela sur PC où je n’ai pas à retenir les règles (si l’interface est bien faite). Je reste cependant assez hermétique aux transpositions sur PC en tentant de réappliquer les règles telles quelles. Je suis donc bien conscient de ne pas être le public cible du titre.

Donc là j’aurais du regrouper mes troupes.

Valor & Victory n’est pas très complexe à prendre en main mais propose malgré tout quelques concepts spécifiques. Chaque unité présente trois valeurs principales : l’attaque, la distance d’attaque et son niveau de « blessure » qui détermine sa capacité à encaisser des dégâts lorsqu’elle est touchée. Lorsqu’elles sont empilées (max 4 unités) elles bénéficient du total des points accumulés. Il vous faudra donc choisir entre être plus efficace en combat et être une cible moins juteuse pour votre adversaire mais de manière générale les gros stacks sont plus efficaces ce qui limite l’intérêt de pouvoir gérer ses troupes plus finement.

La nuit tous les dés sont gris

Les attaques sont calculées via une grille qui va combiner le total des points d’attaque cumulés avec un jet de deux dés (aïe) auxquels se soustrairont des modificateurs liés à la couverture de la cible ou un bonus fourni par un officier de l’attaquant. Le but étant de faire le nombre le plus bas afin d’infliger le plus de dégâts. La distance ne permet que de savoir jusqu’où vous pouvez toucher, il n’y a pas de diminution de dégâts liée à celle-ci ni de modificateur d’environnement (aucun bonus d’attaquer de nuit ou d’être derrière un char) ou d’élévation (les bâtiments ne donnent qu’un bonus de défense). Certains chars cependant auront un facteur d’armure qui variera entre le front et l’arrière même si dans les faits ça ne fera que peu de différences sur un jet de dé.

Mouais je vois mal comment j’aurais pu tout capturer en 8 tours sans foncer dans le tas.

Le gameplay est découpé en phases (que je n’apprécie pas trop car cela ralentit, je trouve, le rythme des parties. Surtout si comme ici vous devez les valider même si vous ne pouvez faire aucune action durant la phase) qui alternent entre des possibilités d’organisation (regroupement ou séparation d’unités, largage de fumée), de mouvement (simple ou d’assaut) ou de tir (défensif, normal ou assaut). L’overwatch s’enclenche lui automatiquement et à répétition (pas de gestion de munition) mais empêchera alors de tirer durant la phase de tir défensif.

Il est donc très important de couper les lignes de tir en regardant bien les lignes de vue de chaque unité ennemie (un avantage que l’IA aura sur les joueurs moins patients ou prudents) ou d’appliquer un tir de suppression (qui sera levé automatiquement le tour suivant) avant de bouger. Dans les faits, le jeu va plutôt vous pousser à avancer le plus possible si vous voulez atteindre vos objectifs dans le temps imparti. L’IA est d’ailleurs assez agressive en attaque et semble bénéficier d’une certaine chance aux dés.

L’IA charge à travers champs comme à Verdun

La prédominance des jets de dés dans Valor & Victory fait qu’un énorme facteur chance va réguler vos parties. Vous pouvez ainsi accumuler des tirs qui ne font aucun dégât alors que l’ennemi va vous fumer vos troupes les unes après les autres (ou inversement mais avec ma chance c’est plus rare). Ce ne serait pas trop grave si les possibilités de toucher n’étaient pas aussi influencées par le regroupement ou non de vos troupes ou si le temps n’était pas limité.

Avec 19 scénarios séparés en deux secteurs (Américain et Britannique) jouables des deux côtés (allié ou allemand), un éditeur de scénarios pour permettre à la communauté d’en rajouter et du multijoueur, le contenu est solide. L’interface est très épurée et l’absence de bouton « undo » m’a souvent fait pester sur certaines phases. J’aurais apprécié avoir un visuel un peu plus clair des dégâts d’unités (un clic droit permet de voir le détail d’un empilement cependant) ainsi que les possibilités de regrouper des unités en laissant choir l’une des armes spécifiques qu’elles disposent.

Les chars n’ont pas intérêt à pointer le bout de leur nez, ils ne sont pas vraiment plus résistants que le reste.

Le système de phases sur lequel se base le jeu et l’équilibrage rendu un peu bancal par la prédominance des jets de dés m’ont empêché de réellement apprécier le titre. Cependant, le jeu a l’avantage de proposer des parties pas trop longues et simples à prendre en main avec une IA assez solide. Valor & Victory devrait donc plaire à ceux qui recherchent ce type d’expérience plus proche de celle qu’on peut avoir lorsqu’on joue sur table.

Développeur : Yobowargames

Editeur : Slitherine Ltd.

Genre : Wargame

Date de sortie : 17 juin 2021

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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