Valheim

À quoi tient le succès ? C’est la question qui vient aux lèvres de qui voit grossir les ventes de Valheim depuis sa sortie. Voyez plutôt : en un mois, 5 millions d’exemplaires vendus, avec des pics de joueurs simultanés sur Steam qui le font dépasser des Apex et GTA V. Contacté par nos soins, un spécialiste de l’industrie n’hésite pas à employer le terme de “fifou” pour qualifier les chiffres de cet énième survival-craft en Early Acces, venu d’un studio suédois inconnu : Iron Gate.

Vous lisez Dysto, vous êtes donc puriste underground hardcore salade-tomates-oignons du jeu vidéo*. Cela vaut-il la peine de vous proposer un “test” en bonne et due forme ? Sachant que vous avez certainement vu d’autres médias plus confidentiels streamer le jeu. Non, je vais simplement tenter d’expliquer l’efficacité de Valheim du point de vue d’un clampin moyen bien choisi, moi-même. Pour les joueurs et joueuses déjà conquis, voyez ce qui va suivre comme une aide pour convertir vos proches récalcitrants.

 *sur les 5 millions de joueurs de Valheim, 2,7 millions déclarent lire Dystopeek quotidiennement (sondage Iflop février 2021)

Pitch express. Nous sommes un viking mort qui ère dans Valheim, purgatoire de la mythologie nordique. Odin nous promet le salut éternel, à condition de rayer de la carte ses ennemis, les boss du jeu. Le tout dans un open-world de taille conséquente à explorer, avec poutrage de mob en pagaille, craft à gogo, chasse, pêche et traditions.

La construction
La charpente de Valheim, qui fait qu’on aime montrer ses captures d’écran sur les forums les plus obscurs, c’est son système de construction. Au-delà du respect (ou de la consternation) suscité par l’investissement en temps de vie humaine de certains chantiers, le jeu propose un défi de savoir-faire. En effet, élever des bâtiments de plusieurs étages demande un certain respect de la physique. Ainsi, mieux vaut avoir posé des poutres AVANT d’entamer la pose de la toiture. Un code couleur, au moment de placer un élément, indique son degré de casse-gueule. Enchaîner les cloisons branlantes en négligeant les supports (poutres, poteaux) est une mauvaise idée. Ce système simple rend tout plus gratifiant, et donne l’impression d’être l’héritier d’un savoir ancestral d’ouvrier charpentier du fond des âges. Aujourd’hui encore, on peut parfois entendre un maçon crier à un autre “Ne pose pas ce parpaing là Michel, tu vois bien qu’il est rouge”.

L’exploration
La carte immense de Valheim se découvre au rythme choisi par le joueur. On peut sans problème passer 20h dans le premier biome à construire et farmer tout ce qu’on peut. Tout comme choisir de foncer en ligne droite vers l’inconnu, faisant reculer la frontière du brouillard de guerre. L’immense majorité du territoire est théoriquement accessible directement. La seule barrière est bien souvent l’espérance de survie limitée par un équipement trop peu évolué. Oui, vêtu d’un slip et armé d’un bâton, il est impossible de traverser certains endroits. Mais on PEUT y aller et toucher du doigt ces futurs possibles : un nouveau paysage, un nouveau mystère, une nouvelle faune. Il est possible de “tricher”, d’accéder à des zones poussé par la fièvre de la découverte et l’avidité de ressources. Ces instants de pur danger font les vrais grands moments d’exploration. Dans les milieux autorisés, le colon déconvenu s’entendra souvent dire : “Et bah Valheim mieux pas y aller !”

La qualité de vie – Standing Viking
D’une manière générale, Valheim regorge de petits éléments qui estompent les aspects fastidieux de sa formule. Si se procurer des outils et des armes peut demander pas mal de ressources, les réparer ne coûte rien. Détruire une construction permet de récupérer l’intégralité des ressources utilisées. Les déplacements, sans spoiler, sont grandement fluidifiés par une mécanique particulière et il est très facile d’établir un nouveau point géographique de sauvegarde en cas de sentiment d’insécurité trop fort. Si la mort est punie d’un respawn en slip, l’équipement perdu nous attend – sans aucune limite de temps – à l’endroit du trépas, soigneusement rangé dans une petite pierre tombale. Et dire que les pharaons égyptiens avaient besoin de dispendieuses pyramides pour tout emporter dans l’au-delà… On s’incline devant la technologie viking.  

Valheim n’est probablement pas exempt de défauts. Mais sa formule initiale éloignera de toute façon naturellement ceux qui fuient le craft-open-world. Je me sentirais mesquin d’énumérer les petites aspérités d’Early Access d’un jeu si généreux, à moins de 20€, sur lequel je m’amuse comme un petit fou depuis 50h, sans aucun bug signifiant.

valheimSite Officiel

Développeur : Iron Gate (Suède)

Éditeur : Coffee Stain

Sortie : 2 février 2021

17€

Bofang

J'écris pour justifier le temps perdu à jouer pendant que d'autres montent des start-up.

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