Ritual: Crown of Horns

Quand on écrit pour Dystopeek, il arrive un moment où le boss envoie cette petite phrase anodine : « j’ai reçu une clé pour tel jeu, mais j’aime bien le genre sans plus alors si vous en voulez… » et que vous ayez le malheur de dire que vous aimez aussi le genre. Et là, il vous refile la clé en la jouant grand seigneur alors que quand le jeu est bon, pas de petite phrase. J’ai décidé de vraiment jouer à ce Ritual : Crown of Horns. Si j’avais su, j’aurais levé mes mains du clavier (NdHarvester : tu dis ça parce que tu es en colère, jeune padawan !).

Sorcière, culte et Western sans pâtes

Digne de Shakespeare.

Ritual commence par nous conter l’histoire d’une légende de l’Ouest que rien n’arrête. Départ classique qui promet d’incarner un personnage puissant et peu enclin au dialogue. Cinq minutes plus tard, il meurt comme une sombre merde, tué par des membres d’un culte qui doivent être tous cocus vu qu’ils portent des cornes pour se reconnaître, mais une sorcière ne le voit pas de cet œil. Elle ressuscite notre cher héros trop puissant et lui demande de l’aider à éradiquer toute la population des Etats-Unis en ramenant à la vie ses copains (des sorcières et le Dieu des Armes). Le personnage principal se sent obligé d’accepter parce qu’il voudrait bien se venger de la secte des cocus.

Avec ce postulat, je m’attends à un jeu qui pose un peu son histoire autour de quelques dialogues savoureux tout en faisant preuve de second degré tellement l’histoire est débile, sauf que les dialogues sont premier degré et soit très mal écrits et/ou très mal traduits. Après cet instant gênant que constitue le prologue, je me suis fixé comme objectif de ne plus trop faire attention aux dialogues, sauf si nécessaire.

Un gameplay au top dans le down

Vue de dessus.

Passons l’histoire sans intérêt et fixons nous sur le gameplay qui peut sauver le jeu. Le jeu se veut un top down shooter en mode horde. Mais c’est quoi un mode horde ?

Le mode horde consiste à survivre aux vagues d’ennemis pendant un temps donné. Ritual s’articule autour de ce concept pour le transcender. Non, je plaisante. En fait, il ne fait que proposer de protéger une sorcière ou survivre, va mettre le joueur dans différents lieux et moduler le temps avec de petits twists pour tenter vainement d’éviter la lassitude induite par le genre. Autant le dire de suite, le jeu est très dur et ne récompense pas suffisamment le joueur pour y réussir. Pourtant tout est présent pour satisfaire le joueur peu exigent que je suis : des armes différentes, des sorts, de l’équipement, des ennemis un minimum variés, un objectif simple et un personnage qui répond bien (très important) sauf que c’est mou, les ennemis sont tellement nombreux que c’est impossible d’être sur tous les fronts et il y a de très gros problèmes de lisibilité.

Le menu tout en couleurs

Le pire étant des contrôles ratés avec une configuration de boutons étrange pour rester poli. Pourquoi ne pas avoir opté pour des contrôles avec les deux sticks pour viser et tirer ? Pourquoi je dois lâcher la visée pour esquiver ? Pourquoi le rechargement sur R3 ? Pourquoi ne pas proposer de reconfigurer les touches ? Autant de questions qui se posent après quelques heures de jeu.

A défaut de la couronne, il a la face palme

Le hub tout en simplicité

En laissant la manette au joueur Nain 1, il m’a fait remarquer que le jeu n’avait pas de mini carte. Tellement évident que je n’y avais même pas fait attention. Et pourquoi pas une alerte visuelle quand des ennemis se rapprochent dangereusement de l’objectif à protéger pour pouvoir intervenir ? Jouer à Ritual, c’est se poser ce genre de questions. Une carte avec des points de couleur et une vision globale de la carte aurait tellement été utile qu’elle n’existe pas.

Et que dire du rechargement des armes d’une lenteur infinie alors que les hordes d’ennemis ne font que grossir, du fait de devoir appuyer sur la gâchette pour chaque tir plutôt que de permettre de maintenir pour des tirs en continu ?

De l’artistique réduit au minimum

Visuellement le jeu est pauvre et ne donne envie de lui faire des éloges. Il fait le job, mais oublie trop souvent d’être lisible. La musique est anecdotique et la direction artistique quelconque.

Alors c’est bien ?

C’est à en perdre la tête.

Ritual: Crown of Horns est un jeu qui aurait pu être un bon défouloir pour les dimanches pluvieux ou sur des petites sessions sauf qu’il se rate où il ne devrait pas : absence de carte, manque de nervosité, contrôles mal pensés et quelconque artistiquement.

Développeur : Draw Distance

Éditeur : Feardemic

Testé sur une version Steam fournie par l’éditeur

Machiavel

Toujours à l'affût de ce qui peut piquer ma curiosité, peu importe le domaine avec une légère préférence pour les jeux vidéo, le cinéma, la littérature, les séries TV, les jeux de société, la musique, la gastronomie, les boissons alcoolisées et quelques autres petites choses . Ma curiosité est telle le tonneau des danaïdes, sans fond.

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