Preview: Curse of the Sea Rats

Là, il faut bien avouer que je suis un peu ennuyé avec ce Curse of the Sea Rats. Ce nouveau titre d’action / aventure signé PETOONS STUDIO (des rats, des toons, c’est bon, vous l’avez ?), en provenance du financement participatif (également appelé gouffre à pognon dont sort, de temps à autres, un jeu financé une vie plus tôt) me pose un vrai cas de conscience. A priori, tous les ingrédients sont présents pour en faire un bon jeu mais, au final, la recette s’avère un peu fade.

Oui, on peut jouer à quatre en même temps. Non, je n’ai pas testé.

Le jeu n’est pas vilain (on y reviendra) et plutôt agréable à jouer (on y reviendra également) mais, tout au long des quelques heures que j’ai passées en sa compagnie, je me suis systématiquement demandé pour quelle raison, en tant que joueur, je déciderais mettre la main au portefeuille alors qu’il existe, sur le secteur du Metroidvania, des pointures autrement plus attrayantes.

Voilà, j’ai bien bossé, c’est la fin du test. Vous pouvez partir. Y’a plus rien à voir.

Avouez que l’affaire a été rondement menée

Comment ça, non ?

Le regard courroucé que me lance le grand maître des lieux me laisse entendre qu’il faudrait voir à faire plus d’efforts et pousser plus avant la description de ce nouveau jeu d’action / aventure / plate-forme.

Soit, je relève le défi.

Alors que le navire du Saint Empire Britannique vogue plus ou moins paisiblement vers sa lointaine destination, la fourbe sorcière Flora Burn, croupissant à fond de cale, parvient à s’échapper en profitant du naufrage du navire, pris en pleine tempête.

La sorcière, coquine, décide de transformer tout le monde en rats pour une raison qui m’échappe quelque peu puisqu’elle-même subit également la disgracieuse transformation.

J’imagine qu’un des membres de l’équipe avait trop vu de Disney ou ne voulait plus dessiner d’humains. Qu’importe, nous ne sommes pas vraiment là pour l’histoire.

Faut reconnaître que c’est mignon

L’histoire ? Parlons-en justement. Alors que nos quatre protagonistes principaux, qui voyageaient jusque-là en classe bagnard pour des raisons mystérieuses, reprennent douloureusement leurs esprits dans les décombres du navire, la rumeur se fait entendre, dans le camp de fortune improvisé par les naufragés, que la facétieuse Flora a décidé d’embarquer le fils de l’amiral en se faisant la malle.

Ni une ni deux, l’amiral, qui promettait à nos quatre aventuriers défraichis une potence bien douillette dès leur arrivée en Angleterre, décide qu’il serait finalement plus judicieux de faire usage de la plèbe locale et de l’envoyer à la chasse à la sorcière.

C’est ainsi que Douglas, héros vraiment lambda, Buffalo, natif un brin rebelle en provenance des colonies, Akane, combattante japonaise, et Bussa, ancien esclave, se trouvent lancés à la poursuite de Flora et contraints d’affronter des hordes de pirates, crustacés et animaux en tout genre. Pitié, ne me demandez pas comment Flora, en pleine fuite, a trouvé le moyen de recruter une véritable armée…

La suite ne surprendra pas les habitués. Le jeu coche pratiquement toutes les cases du Metroidvania : combat, plateformes, arbre de compétences, zones à débloquer progressivement et, bien évidemment, boss méchants. Au niveau technique, il y a du bon et du nettement moins bon.

Côté face, le character design est très réussi (même si je m’interroge toujours sur les raisons qui ont conduit les développeurs à opter pour des animaux) et les artworks qui illustrent les scènes de dialogues et autres interludes sont très jolis. Les personnages, en 2D, sont bien animés et assez expressifs.

Côté pile, on va rapidement déchanter à la vue des décors, réalisés en 3D et assez sommaires, qui vont s’enchaîner au fur et à mesure de la progression de nos héros. Outre le visuel basique qui tranche assez nettement avec le rendu des personnages, la diversité n’est pas non plus au rendez-vous avec un enchaînement de lieux communs : plage, grotte, prairie, etc.

Mention spéciale à un passage particulier dans lequel on a purement et simplement l’impression d’avoir changé de jeu tant le rendu des NPC humanoïdes cette fois et des animaux n’a plus rien à voir avec celui des héros et de leurs ennemis.

On serait au cinéma, j’aurais juré être en présence d’un stock shot.

Bref, là encore et sans décevoir complètement, le jeu s’avère en deçà de ses modèles.

Le gameplay n’étonnera personne. On court, on saute, on ferraille avec l’ennemi et l’expérience accumulée peut, à certains endroits bien précis, être dépensée pour acquérir de nouvelles aptitudes.

Bref, nous sommes en terrain connu et largement balisé même si on ne demande heureusement pas à chaque nouveau jeu de réinventer la roue. Après ces presque 3 heures passées en compagnie de Curse of the Sea Rats, je me demande encore un peu pourquoi je devrais vous le conseiller.

À moins d’avoir déjà rincé les ténors du genre comme Hollow Knight, je ne vois pas tellement ce qui ferait passer par la case achat. Qu’on s’entende bien : le jeu n’est pas vraiment mauvais, il est juste très fade malgré des personnages tout mignons.

A moins que les développeurs ne découvrent la pierre philosophale d’ici sa sortie officielle, il y a fort à parier que le jeu ne fera que peu de vagues.

Genre : Metroidvania 

Développeur : Petoons Studio

Éditeur : PQube

Prix : 19.99€ sur PC

Date de sortie : Début 2023

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Baalim

Vieux joueur, atariste convaincu, collectionneur de trucs bizarres et hétéroclites, geek à ses heures perdues, pratiquement certain de n’avoir rien signé et de ne pas être payé, il se demande encore ce qu’il fait là.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *