The Entropy Centre

Aujourd’hui est un jour particulier dans ma vie de testeur. Je viens de finir l’écriture d’un jeu qui m’a terriblement déçu, The Valiant, alors que je l’attendais avec impatience et je m’attelle à l’écriture d’un article sur un jeu dont je n’attendais quasiment rien, sinon quelques sourires et grattages de tête, et je l’adore : The Entropy Centre. Un premier jeu d’un petit studio anglais qui, mine de rien, vient de se faire une place de choix dans le cœur de la communauté.

Parce que The Entropy Centre est comme ça, c’est un jeu cromeugnon qui déborde d’amour pour le joueur. D’un amour un peu gauche parfois, un peu hésitant, mais un amour sincère. Et rien que pour ça, rien que pour le plaisir de lancer le jeu afin de se replonger dans son ambiance inimitable, merci messieurs dames les développeurs.

Vous êtes Aria, la dernière recrue de l’Entropy Centre, une station de recherche en orbite autour de la Terre. Alors que vous vous éveillez, vous vous rendez compte que quelque chose cloche : pas de café prêt, pas la moindre chocolatine à l’horizon (oui, dans le futur la civilisation a enfin repris ses droits et le mot correct est utilisé) et surtout personne de vivant autour de vous. Enfin, si on excepte cette IA qui essaie de vous accueillir du mieux qu’elle peut et qui vous guide comme si tout allait bien et que vous veniez faire ce pour quoi vous avez été engagée : résoudre des énigmes.

Mais attention, vous n’allez pas vous retrouver enfermée dans une pièce blanche à vous prendre le chou sur des Rubik’s Cubes futuristes. Ou à balancer des portails de couleur dans tous les sens. Non, les études menées dans cette station orbitale sont bien plus originales que ça et vous vous retrouvez bien vite armée d’un fusil parlant (nommé Astra) capable de faire voyager les objets dans le temps.

Oui messieurs dames, rien que ça. Et ça tombe bien comme pouvoir parce que figurez-vous qu’en cherchant ce qui est arrivé à la station orbitale, vous assistez à un évènement fâcheux : la destruction de la Terre. Et réalisez accessoirement que le Centre est en train de se désagréger. Autant dire que ça commence à sentir mauvais, et pas qu’un peu.

Heureusement pour vous – et les milliards de Terriens – une solution existe : charger suffisamment l’Entropy Cannon (je n’ose pas traduire) pour annuler le phénomène destructeur afin que des mesures soient prises. Et comment le charger ? Easy peasy lemon squeezy les enfants : il va falloir résoudre des énigmes dans les salles dédiées vu qu’elles sont reliées au réservoir du canon géant. Ou un truc comme ça. Toujours est-il que le temps presse et qu’il va falloir faire chauffer les méninges.

Une IA rigolote omniprésente, un flingue aux pouvoirs originaux… Je sais ce que vous vous dites et oui, mais non. Oui The Entropy Centre est bien évidemment inspiré de Portal, mais non vous n’allez pas jouer à un simple clone.

Aria va donc parcourir le centre en tentant de lier les diverses informations glanées sur les terminaux tout en découvrant tout ce que son fusil peut faire, à part parler en continu. Vous pouvez, en visant un objet – qui sera bien souvent une caisse – lui faire remonter le temps sur une période plus ou moins longue. Et interrompre à l’envi ce rembobinage temporel. En figeant donc l’objet à mi-course.

Comme vous vous doutez, il va falloir jouer avec cela pour activer des interrupteurs. Déplacer une caisse sur un interrupteur, passer le portail ainsi activé, rembobiner la course de la caisse pour la renvoyer à son point de départ pour activer un autre interrupteur…

Les puzzles sont nombreux et deviennent de plus en plus retors au fur et à mesure qu’on vous rajoute des éléments : des trampolines, des dalles qui vous propulsent en avant, des portails infranchissables par les caisses…

Cela semble complexe à saisir expliqué comme ça mais regardez une vidéo cela fera tout de suite clic. Et en plus il y a beaucoup de choses à découvrir avant l’arrivée de… vous verrez bien. Je ne vais quand même pas vous révéler qu’en plus des énigmes il va falloir lutter contre…

Je n’ai pas le moindre doute que vous allez vous procurer The Entropy Centre. Non, moi non plus je ne suis pas spécialement fan de jeux de puzzles. Je me lasse souvent bien vite et ai tendance à abandonner quand je ne trouve pas la solution. Mais il y a quelque chose avec ce jeu indie qui pousse à y revenir.

D’une part les énigmes ne sont pas spécialement retorses, elles sont certes parfois difficiles sans être non plus insurmontables, et l’ambiance y est parfaite. On est concentré sur un truc et paf, Astra nous sort une connerie qui nous détend. On commence à saturer des énigmes à la suite ? Hop une cinématique qui relance l’histoire.

Il n’y a rien d’exceptionnel dans la réalisation (qui est très propre), ni dans l’écriture du scénario (qui est tout de même extrêmement soignée), mais tout dans The Entropy Centre fonctionne.

Le gameplay est original et se maîtrise assez vite, permettant ainsi aux joueurs d’apprivoiser le jeu à leur rythme, l’humour est parfait et fait mouche à chaque coup en l’ambiance est tout simplement au rendez-vous. Sans compter le message global, qui fait du bien au moral.

Si vous aimez les jeux avec une bonne histoire et de l’humour, alors vous avez fait la moitié du chemin vers The Entropy Centre. Si en plus vous aimez les puzzle games à la Portal, avec une courbe de difficulté toute douce, alors rassurez-vous, vous êtes arrivés à destination : la première production de Stubby Games est une réussite totale et vous pouvez foncer les yeux fermés.

Genre : Puzzle Game choupinou

Développeur : Stubby Games

Editeur : Playstack

Date de Sortie : 3 Novembre 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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