Mount & Blade II: Bannerlord

L’arrivée de Mount & Blade II: Bannerlord s’est faite sans hype particulière car tout le monde l’attendait déjà depuis des années. Personne n’aurait été étonné qu’il soit repoussé, au lieu de cela il est arrivé avec un jour d’avance sur la date annoncée. Taleworlds Entertainement nous a fourni un exemplaire du jeu pour que nous puissions nous aussi nous y plonger dès l’Early Access.

Car oui c’est un Early Access, c’est à dire que le jeu n’est donc pas considéré comme terminé. Il y a des bugs, des soucis d’équilibrage et le contenu n’est pas finalisé. Cela parait évident mais il est opportun de le rappeler pour les ceusses qui trouvent honteux qu’un jeu sorte non fini (je ne sais pas trop où ils ont vécu ces vingt dernières années) alors qu’il est annoncé non fini. Enfin bref, trêve de polémique, parlons du jeu.

Entrez dans le monde de Mount & Blade !

Vous vous souvenez de Mount & Blade: Warband ? Ben voilà, vous savez à quoi vous attendre. Pour ceux qui n’en ont qu’un souvenir lointain, vous créez votre héros (choix des parents et des activités de jeunesse qui détermineront vos bonus de base) et vous êtes ensuite lâché sur une carte où évoluent différentes factions. Chacune a son propre style et inspiration (Mongole, Médiévale européenne, romaine ou encore Mamelouks), elle contrôle des villes, châteaux et villages. Elles vont bien sûr s’affronter et vous pourrez rejoindre celle que vous désirez ou vous découper un royaume pour vous seul (et votre descendance) selon votre bon plaisir.

On dirait presque le logo de Dystopeek.

Même s’il a plusieurs atouts qui caractérisent un RPG (des quêtes, une progression de personnages avec des compétences et un inventaire) ce n’est pas un RPG solo à proprement parler. Ici le point clé (outre les combats à grande échelle pouvant aller jusqu’à 1000 combattants si vous avez le pc pour) c’est ce monde ouvert où vous choisissez vos propres objectifs. Si le combat et la montée en puissance restent au cœur du jeu, rien ne vous empêche de passer votre temps à marchander et à convoyer des biens d’une ville à l’autre. Le monde est vivant tout comme son économie.

Chaque partie est différente, ici deux royaume se sont déjà fait envahir.

Les possibilités sont énormes et plus vous gagnerez en renommée, plus le jeu s’ouvrira: possibilité de devenir mercenaire, puis vassal, puis d’en avoir vous-même. Gestion de vos compagnons et de leur équipement, de la promotion de vos troupes, possibilité d’acheter des sites de production pour augmenter vos revenus, d’avoir des fiefs, de devenir le champion de l’arène ou encore de créer une famille. Bref, il y a là de quoi jouer des dizaines d’heures.

La possibilité de juste suivre une caravane plutôt que de devoir manuellement cliquer pour aligner sa vitesse n’aurait pas fait de mal.
Gestion de fief assez sympathique.
Y’a pas à dire, certaines villes ont de la gueule.
L’hiver, la neige descend aussi des montagnes et recouvre les villages et villes environnantes.

Après le jeu se joue comme Warband, sent comme Warband mais n’a pas (encore) le support pour les mods. Il y a des évolutions (surtout graphiques et d’interface mais pas que! La gestion des fiefs et les batailles de siège aussi) mais ce n’est pas une révolution. Ceux qui attendent une réelle évolution du genre risquent d’être déçus. Les autres prendront grand plaisir à se replonger dans une expérience presque unique (même si de nombreux autres jeux s’en sont inspiré, aucun n’a vraiment réussi à offrir autant) avec des graphismes remis au goût du jour, sans pour autant éclater la rétine mais il ne faut pas oublier que le jeu doit pouvoir aussi afficher un grand nombre de troupes.

Il faut à mon compagnon encore 5 points de compétence pour gagner un niveau.
C’est pas que je veux pas acheter mais c’est quand les soldes ?

Alors oui bien sûr, l’équilibrage est encore un peu aux fraises avec des factions qui roulent sur d’autres. Oui, il y a encore des bugs qui empêchent parfois de terminer certaines quêtes qui mériteraient aussi d’être plus nombreuses et variées. Oui encore, la plupart des compétences choisies n’ont pas encore d’effets actifs. Et si les devs patchent presque tous les jours cela peut cependant avoir un impact sur vos sauvegardes et vous obliger à tout recommencer. Les développeurs sont clairs et conscients qu’il y a encore du travail.

Oui ? C’est moi.

Alors ? Attendre ou foncer ? Cela dépendra entièrement de votre capacité à supporter des désagréments mineurs pour profiter de l’expérience. Il est clair que le jeu va évoluer et les bases sont là et solides. Les deux parties que j’ai jouées se sont déroulées différemment, même si les débuts restent un peu plus difficiles qu’à l’époque (je déconseille de mettre en difficulté réaliste), pas question ici de tuer seul une vingtaine d’ennemis. Les combats, de manière générale, sont plus difficiles surtout sans bouclier. Fini l’auto blocage, tout sera dans le timing et l’estimation de la distance.

On peut grouper ses troupes avant la bataille et puis donner des ordres spécifiques à chaque groupe. Pas toujours facile dans le feu de l’action.

De nombreuses choses ne sont pas clairement expliquées non plus, comme le fait qu’attaquer un repaire de brigand ne se fera qu’avec certaines troupes (les fantassins en haut de votre liste) et pas toute votre armée (aïe j’ai eu mal), ou qu’on peut avoir des chevaux dans l’inventaire pour augmenter la vitesse de déplacement de vos fantassins, ce qui évitera de devoir parcourir la moitié de la carte à la poursuite de brigands en n’arrivant jamais à les rattraper.

Les flancs sont protégés et les archers s’en donnent à cœur joie.

Reste que l’aventure est là, on a pas envie d’arrêter de jouer. L’immersion est totale et on aime galoper sus à l’ennemi pour lui planter un javelot entre les omoplates et le voir cloué au sol. D’ailleurs, l’IA de bataille réagit aussi différemment suivant l’ennemi. A 800 contre une dizaine c’est la curée, à force égale, elle utilise le terrain. J’ai été positivement surpris de voir mon allié reculer et se placer sur une hauteur afin d’avoir l’avantage. Une fois vassal, les options de combat s’enrichissent avec la possibilité de mener un type de troupe spécifique sous les ordres d’un seigneur géré par l’IA. Impressionnant!

Les sièges sont excellent à regarder, en revanche ne pas pouvoir descendre de cheval limite votre utilité.

Vous l’aurez compris, je suis conquis. Le jeu a encore des défauts, il doit évoluer et s’étoffer mais ça tombe bien c’est un Early Access, c’est fait pour. Ce qui est certain c’est que je vais avoir un plaisir immense à continuer à jouer et à refaire des parties dans le futur. Sans parler des mods qui arriveront dans les années à venir. A noter que le jeu propose déjà du multi-joueurs mais je n’ai pas encore testé celui-ci qui est pour l’instant plus anecdotique (pas de campagne en multi, juste des combats).

Les mini jeux dans les tavernes ne fonctionnent pas encore mais on peut déjà battre des nobles dans leur château.

Lorsqu’un jeu vous donne une telle envie d’avoir encore plus (le système d’armure de Kingdom Come: Deliverance par exemple) ou vous fait oublier le temps qui passe, je pense qu’il est réussi, même encore incomplet. Mount & Blade II: Bannerlord arrive à un moment parfait pour vous donner un goût d’évasion et je suis impatient de voir ce que les devs et la communauté vont nous offrir dans le futur. A déguster!

Développeur et éditeur : TaleWorlds Entertainement

Genre : Stratégie, Open-World RPG

Date de sortie : 30 mars 2020

Prix : 49.99€

Page Steam

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur.

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

Une pensée sur “Mount & Blade II: Bannerlord

  • 4 avril 2020 à 10 h 24 min
    Permalink

    Avec 2 millions de copies vendues et un nombre de joueurs simultanés très élevé en permanence, j’aurais tendance à penser qu’il y avait quand même une petite hype autour de la sortie du jeu :p

    J’attends avec impatience qu’il soit terminé pour y claquer les 50 balles demandées.

Commentaires fermés.