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L’EA du mois: Deadside

Cela faisait un certain temps que je ne m’étais plus penché sur les « survival FPS ». Il faut avouer que pour l’instant, ils essaient un peu tous de faire la même chose, du loot, souvent des zombies, parfois un peu de craft et une mort permanente qui fait perdre tout ce qui n’a pas été mis de côté. Deadside ne déroge pas à la règle (sauf pour les zombies et c’est vraiment pas un mal) mais tente plutôt de faire un condensé de ce qui marche dans des jeux comme DayZ et Escape From Tarkov (EFT pour les intimes).

Niveau customisation du perso on repassera

Le jeu des devs de Bad Pixel a directement fait son petit effet, attirant l’attention de nombreux streamers et joueurs. Les développeurs ont d’ailleurs eu un peu de mal à ce que la demande en serveurs privés (max 50 joueurs mais les serveurs plus remplis ont un peu de mal niveau performances) puisse suivre. Bref y a du monde actuellement même si souvent ce genre de jeu « événement » a tendance à ne pas pouvoir assurer la rétention des joueurs et à être presque vide lors de leur sortie d’Early Access.

L’ambiance est assez réussie et la luminosité assez basse pour vous forcer à être prudent la nuit (ou à utiliser votre torche)

Comme la plupart des jeux du style, Deadside est fait pour être joué en groupe. On a une carte grande mais pas gigantesque, assez jolie pour un jeu indé, une belle palette de couleurs avec assez peu d’endroits à visiter mais qui arrive malgré tout à avoir des lieux spécifiques qu’on reconnait facilement (genre une ferme avec des vaches mortes, une base militaire en hauteur, une tour de communication). Sur cette carte actuellement pas grand chose à faire. Des bots de différentes forces et à l’équipement variable patrouillent les routes et les points d’intérêt et vous pouvez bien sûr tomber sur d’autres joueurs.

La carte est grande mais on a assez vite fait le tour des points d’intérêts

Le jeu va cependant faire apparaître des « missions » de difficulté allant de 1 à 4 que les joueurs pourront tenter d’effectuer. C’est, en fait, juste un endroit où il faudra tuer tous les PNJ’s afin d’obtenir l’accès à une caisse de loot. Evidemment, cela va attirer tous les joueurs du coin et donner lieu à des affrontements sanglants. Malgré un côté technique assez réussi, avec peu de bugs, le jeu est clairement en EA niveau contenu. Il y a encore du chemin à parcourir.

Tiens, ils ont modélisé Harvester en voiture.

Lorsque vous démarrez, après avoir choisi votre serveur, vous êtes en jogging avec un couteau et un briquet. Sachant que le nombre d’objets que vous pouvez porter dépend aussi de votre équipement (deux emplacements dans un pantalon de jogging alors que vous en aurez quatre dans une paire de jeans). Il vous faudra donc trouver des armes, des sacs et de l’équipement aux alentours (en général dans les maisons ou sur les ennemis) afin de pouvoir mieux survivre. Il n’y a pas de progression à proprement parler, même si un système de points de réputation existe mais ne sert actuellement qu’à pouvoir respawner au plus proche de votre corps en cas de décès.

Oh la vache

Car, si le jeu propose un honnête étalage d’armes et d’objets à son lancement, lorsque vous mourrez vous perdez tout, à moins bien sûr d’aller récupérer les objets sur votre incarnation précédente (à noter que seul votre dernier cadavre est indiqué et que la persistance du corps n’est pas garantie). Il y a moyen de mettre de côté certaines choses dans deux zones « sécurisées » qui se situent en chaque bout de carte, mais faut-il encore arriver jusque là et puis ça ne sert pas grand chose de laisser une arme dans un coffre.

Dans ce genre de jeu, tu sais que quand tu trouves enfin une belle arme, tu vas mourir quelques minutes après.

Alors, il faut savoir que le gameplay de Deadside est assez nerveux, malgré des animations encore un peu raides. Le jeu a une balistique assez réaliste et vous avez beau avoir des points de vie, une décharge de shotgun peut tout à fait vous tuer en un coup. Les engagements sont donc brutaux, prenants et difficiles, que ce soit contre les joueurs ou l’IA, et celui qui meurt aura alors le désavantage de se retrouver à poil pour aller récupérer ses objets (si les joueurs ennemis les lui ont laissés ce qui vu l’importance de l’équipement est loin d’être garanti).

On repart à la chasse au loot

En solo, le jeu en devient assez difficile, avec de nombreux kilomètres à parcourir pour essayer d’aller rechercher son équipement encore et encore avant qu’il ne disparaisse, le jeu vous faisant réapparaître de manière aléatoire à chaque décès. Surtout que l’IA est quand même assez agressive : au moindre coup de feu, elle se déploie, va se mettre à l’abri ou cherche à vous encercler. Bref, sans être épatante car parfois encore erratique dans son comportement, elle n’en reste pas moins un sacré challenge seul. Le fait qu’elle triche un peu (que ce soit au niveau de la visée ou pour savoir où vous êtes) n’aide pas même si son comportement n’est pas toujours parfait.

La construction d’un joueur, vraiment plus pour servir de coffre qu’autre chose.

Le crafting est très léger (le côté survie aussi d’ailleurs qui est plus là pour éviter un système d’endurance qu’autre chose), des bandages, de quoi construire une cabane de chasseur ou un fortin pour stocker des choses et n’a pas encore de réel intérêt à mes yeux à moins que de gros groupes de joueurs ne cherchent à organiser leurs propres règles de jeu sur un serveur. Non, là où pour moi Deadside se démarque, c’est dans ses sensations de tir, son côté assez difficile et le plaisir qu’on peut avoir à effectuer des missions.

Zone sécurisée avec deux vendeurs et du stockage qui n’est pas partagé avec l’autre zone…

Si j’ai un ressenti assez positif du jeu (malgré une certaine fatigue au bout d’un moment pour les aller-retours, avoir la possibilité de mettre une « assurance » sur certains objets n’auraient pas été du luxe), Deadside est, malgré ses qualités, l’exemple parfait d’un jeu de tir et de survie classique. Un engouement de départ assez élevé, un contenu chiche mais qui offre une liberté assez large pour permettre aux joueurs de s’amuser et de s’organiser comme ils l’entendent, mais rien qui permet, pour l’instant, de garder le joueur sur le long terme. Pas de réelle progression, pas de customisation, pas de variété dans les missions, etc.

Alors on peut acheter des choses mais si c’est pour les perdre…

Deadside est pour moi le jeu idéal si vous jouez régulièrement à ce genre de jeux avec des potes. C’est aussi un bon jeu si vous aimez les FPS un peu hardcore, le prix est raisonnable et ça peut permettre de profiter que les serveurs soient remplis pour s’amuser un peu sans s’attendre pour autant à y jouer des mois. La base est bonne, et le jeu remportant son petit succès, on peut espérer que les devs vont suivre avec le contenu. Mais je n’en mettrais pas ma main au feu et j’aurais tendance à ne pas le conseiller aux autres ou à ceux qui jouent plutôt en solo comme moi. Car comme tous les jeux multi, l’expérience varie énormément d’un serveur à l’autre et selon les joueurs que vous côtoyez. Et ça, peu importent les qualités d’un titre, s’il n’offre pas les outils pour gérer la communauté, celle-ci risque fort de devenir un point faible en elle-même, et pour l’instant ce n’est pas le cas.

1,2 km à tirer, encore. Tout ça pour mourir à 80m de mon ancien corps.

Bref à vous de voir si vous voulez surfer sur la hype ou avez envie de vous plonger dans ce type d’expérience. Pour le prix, on ne peut pas trop cracher dans la soupe (surtout au vu de celui de EFT) et comme dit plus haut le gameplay est sympathique, c’est juste que malgré l’engouement actuel, Deadside n’est clairement pas un renouveau du genre.

Développeur : Bad Pixel

Editeur : Bad Pixel

Genre : Survival FPS

Date de sortie : 14 avril 2020

Prix : 16,79€

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.