The Callisto Protocol

Glen Schofield est sûrement un homme heureux, mais je pense qu’il a quand même un petit souci. Alors que certains développent Léa Passion Poney ou Stardew Valley, monsieur Schofield est passionné par les démembrements, l’hémoglobine et les viscères. Il nous l’avait prouvé avec la série des Dead Space et il remet le couvert avec The Callisto Protocol, 14 ans plus tard. Je pourrais le juger et le trouver dégoûtant mais en fait je préfère m’abstenir vu que moi aussi j’adore ça, répandre mes ennemis sur les murs.

Avant d’aller plus loin et pour clarifier ma position : non je n’ai pas joué aux trois Dead Space, à ma grande honte. Non, je n’ai pas joué à The Callisto Protocol le jour de sa sortie, lorsque ses performances techniques étaient catastrophiques. Je n’ai donc pas participé à la tornade de caca qui s’est abattue sur les reviews Steam alors qu’un patch salvateur est sorti moins de 48h après.

Certes vous allez me dire qu’ils auraient pu vérifier que tout tournait bien mais tout de même, dans quel monde vivons-nous pour ne plus être capables d’attendre quelques heures…

Ceci étant dit, penchons-nous maintenant sur ce que je sais : Dead Space était gore et horrifique et les joueurs les plus sensibles alternaient vomi et sous-vêtements souillés à chaque partie. Réjouissez-vous les bichettes, The Callisto Protocol ne vous fera plus que vomir car soyons honnêtes, il n’y a pas grand-chose qui fait vraiment peur. Ou sursauter.

Le côté horrifique repose plus sur l’appréhension de voir un truc encore plus zarbi que le précédent nous sauter à la tronche ou alors des jump scare bien prévisibles. Rangez donc vos couches, préparez la bassine à vomito, on y va !

Jacob Lee pensait avoir tout pour lui : pilote de vaisseau spatial, fort comme un bœuf et plutôt beau gosse, il effectuait ses rotations de ravitaillement avec la prison située sur Callisto – la lune de Jupiter – sans rien demander à personne sinon un chèque à la fin du mois.

Manque de bol, un groupe terroriste prend d’assaut son vaisseau, le poussant à se crasher sur la lune glaciale. Son copilote est tué et lui se retrouve emprisonné avec la chef des terroristes, malgré son innocence. Ça part mal, et ça n’est que le début…

En effet, une étrange épidémie éclate dans la prison, transformant certains détenus en monstres difformes et sanguinaires. C’est ballot, surtout que notre héros n’a pas eu le temps de prendre son petit déjeuner avant la fermeture du self. Qu’à cela ne tienne, il décide de voler un vaisseau pour quitter ce caillou glacial et trouver un Starbucks encore ouvert.

Heureusement pour lui, d’autres détenus sont eux aussi accrocs au latte macchiato et décident de l’aider. Malheureusement pour lui, il y a vraiment beaucoup de trucs dégueulasses entre le vaisseau et lui et – essayez de feindre la surprise svp – ça va saigner ! Je n’en dirais pas plus pour ne pas vous ruiner le scénario très profond qui… oui bon ok c’est prévisible mais ça se laisse découvrir avec plaisir !

The Callisto Protocol est un jeu qui sait parler au gros bourrin qui sommeille en chacun de nous. Mais si, ne niez pas. Au cours de la douzaine d’heures que dure l’aventure, vous allez diriger un Jacob Lee à la démarche pesante, dont vous sentirez vraiment les mouvements. Le bonhomme est incapable de courir sur les murs comme une Lara Croft sous amphétamines, il ne fait pas non plus de roulades dans tous les sens.

C’est pesamment qu’il rampe dans un conduit d’aération ou qu’il se hisse sur une plateforme. Mais quand il porte un coup… Là ça cause. Les bras volent, les os se brisent et les têtes explosent. Et comble du bonheur, les monstres rencontrés n’en ont pas forcément besoin pour survivre.

Vous allez donc explorer la prison puis les autres installations de Callisto avec un niveau d’adrénaline à son maximum, prêt à en découvre et surtout attentif à ce qui se trouve autour de vous. Car comme attendu, l’aventure est loin d’être une promenade de santé : votre inventaire est terriblement limité en place, les munitions sont rares et les monstres font très mal.

Mais n’ayez crainte, si chaque ennemi croisé peut facilement vous tuer, il vous sera facile, avec un peu de technique, d’esquiver les coups et de porter les vôtres au moment opportun. C’est un peu une danse mortelle qu’il faut apprendre au plus vite et qui est, des dizaines de cadavres plus tard, toujours gratifiante. L’armement y est pour beaucoup, avec la possibilité d’améliorer les armes à certaines stations.

Bien entendu ces améliorations sont payantes et ne peuvent être toutes réalisées. Cela oblige à se concentrer sur certaines armes et permet d’éviter le syndrome du char d’assaut ambulant. Surtout que globalement les combats se font au corps à corps, les armes à feu ne servant généralement qu’à finir l’adversaire.

Les combats représentent la plus grande partie du jeu et sont suffisamment variés pour être intéressants. Il faut s’aider du gant permettant de faire léviter les ennemis (ou objets) pour les jeter sur des piques, s’infiltrer pour poignarder par derrière, tirer dans les jambes pour empêcher les monstres de vous charger… Chaque combat est un mini-puzzle qu’il vous faut résoudre avec autre chose qu’un « je fonce dans le tas ». Vous êtes très souvent en infériorité numérique, il faut exploiter votre environnement au mieux.

Mais un long couloir rempli d’ennemis serait vite lassant, alors Striking Distance Studio s’est retroussé les manches pour nous offrir une expérience qui prend aux tripes avec des environnements fabuleux.

La prison est glauque au possible, on ne sait d’ailleurs plus trop ce qui est organique et ce qui est métallique, les extérieurs sont hostiles au possible avec une vision limitée et le reste de la colonie est digne des meilleurs films de science-fiction.

Et plutôt que de nous faire ça en pixel art tout pourri dont raffolent mes camarades, les développeurs ont sorti le grand jeu et nous offrent une claque visuelle et sonore assez impressionnante. C’est simple, on s’arrête bien souvent pour regarder autour de soi, admiratif du niveau de détail des environnements et des corps.

Certes il y a quelques baisses de framerate mais rien de bloquant. Techniquement, c’est splendide et choisir les captures d’écran pour accompagner l’article ne fut pas simple.

The Callisto Protocol est-il digne d’un Dystoseal ? Non. Est-il digne de mes louanges ? Oui, sans hésitation ! Pas de Dystoseal parce que le jeu est court pour 60€ et qu’il ne se renouvelle peut-être pas assez. Pourquoi mes louanges alors ? Parce que l’ambiance est telle qu’une fois dans le jeu, vous allez vraiment vous plonger dedans et oublier le reste.

Le rythme est équilibré, avec des moments où l’exploration prend le pas sur l’action pure, et la montée en puissance offre de bonnes sensations.

S’il est très critiqué en comparaison de Dead Space, l’aborder sans arrière-pensée permet de profiter d’un titre d’action gore et superbe, qui utilise à bon escient les ficelles du genre. Il ne gagnera pas de récompense pour son originalité ou son scénario mais offrira une expérience qui prend aux tripes.

Il faut dire aussi que l’armement réduit permet de garder la pression sur le joueur qui devra toujours s’adapter au lieu de sortir la plus grosse pétoire.

The Callisto Protocol est donc un jeu à acquérir, mais peut-être pas à ce prix-là. Si vous le voyez passer à moitié prix et que vous n’êtes pas réfractaires à « un peu » de gore, alors foncez, il m’a été difficile de décrocher avant la fin.

C’est intense, tendu, superbe, dégueu, violent, pile comme on aime, Glen et moi. Allez, gardez moi ça en wishlist et jetez-vous dessus à la première occasion !

Genre : Action

Développeur : Striking Distance Studios

Editeur : KRAFTON, Inc.

Date de Sortie : 2 Décembre 2022

Prix : 59.99€

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *