Nebuchadnezzar

Si comme moi, en voyant les images de Nebuchadnezzar, vous avez eu un flashback des centaines d’heures que vous avez passées sur Pharaon, Caesar et autres Zeus, alors je tiens à vous mettre en garde. Ne continuez pas plus avant, passez à un article sur un truc choupinou écrit par notre mouton diabolique. Ne commencez pas à vous dire que ce serait bien de retrouver ces sensations. Ne vous imaginez pas confortablement installé dans votre fauteuil à… non arrêtez !

Bon, je vous avais prévenus mais comme pour moi, votre raison s’est faite piétiner par l’émotion. Il faut dire qu’avec sa vue isométrique, ses petits travailleurs poussant de petites brouettes, ses routes bien rectilignes, il est difficile de résister. Vous plaçant dans le rôle d’un dirigeant Mésopotamien, Nebuchadnezzar va vous permettre, tout au long d’une douzaine de missions, d’étendre votre empire et d’aider votre peuple à prospérer. Pour cela et de manière tout à fait classique, vous allez devoir développer votre agriculture, votre industrie et votre prestige pour être digne de commercer avec les cités voisines. Du grand, très grand classique donc.

Les débuts sont très simples, avec un tutoriel bien fichu et une prise en main immédiate grâce à une judicieuse utilisation du clic droit et la possibilité de déplacer les fenêtres informatives. On voit que les développeurs ont joué aux classiques et qu’ils ont voulu rajouter ce qui leur manquait.

Le joueur, même occasionnel, est bien vite dans le bain et peut profiter rapidement de sa petite cité où les petits éleveurs amènent leur fromage de chèvre à l’entrepôt et où les marchands vont distrib… ah ben non ils font rien. Les réserves sont pleines et ces couillons restent les mains dans les poches, car l’entrepôt est trop loin d’eux… Ouaip, Nepos Games a inventé le premier jeu de gestion où les ouvriers sont aussi productifs que notre Community Manager et où ils ont une aire de travail réduite.

Ce « léger » détail est la principale originalité de Nebuchadnezzar qui démontre que la logistique est bien trop souvent sous-estimée dans les jeux de gestion. Si vous voulez que votre production atteigne les habitants, il va falloir jongler entre les flux de marchandises, créant des circuits avec les caravansérails pour qu’il n’y ait jamais le moindre engorgement de denrées, sans quoi vos habitants ficheraient le camp.

Cela peut sembler assez facile sur papier mais croyez-moi, quand vous produisez de plusieurs sites différents et qu’il faut tout centraliser avant de distribuer, mieux vaut mettre pause un petit moment et réfléchir. Il m’est arrivé de stagner pendant un bon moment tout simplement parce que je n’avais pas indiqué à mes livreurs de décharger au bon entrepôt… Mais une fois le coup pris, c’est un régal de voir ce ballet de livreurs vidant et remplissant les réserves.

A part cela, force est quand même de constater que Nebuchadnezzar n’offre peut-être pas assez. On peut certes construire un système d’irrigation, ou même des monuments entièrement personnalisables, mais niveau contenu c’est assez chiche. Il y a tout ce à quoi on est en droit de s’attendre, mais pas beaucoup plus. Plusieurs classes de citoyens, avec des besoins de plus en plus difficiles à combler et nécessitant plusieurs transformations industrielles, des routes commerciales à établir… On peut trouver cela (et à juste titre) chiche mais comme le jeu est ouvert aux mods, il ne fait aucun doute que la communauté remédiera à cela.

Car même si le jeu est très classique, il se passe quelque chose quand on lance Nebuchadnezzar. Le temps se fige, on commence à regarder la carte avec un petit sourire et on se lance. On fait fi des graphismes datés (mais tellement mignons !) et on se laisse prendre au jeu, pour ne lever la tête que plusieurs heures plus tard. Et on se dit que ces 20€ ont été bien investis et qu’on aimerait que notre obole permette aux développeurs d’enrichir leur titre ou d’avoir plus d’ambition pour le prochain. Nebuchadnezzar n’est pas le jeu de gestion ultime, loin de là. Mais il va vous permettre de patienter jusqu’aux plus grosses sorties en repensant à votre jeunesse, quand vous n’aviez pas à plisser les yeux pour surveiller vos stocks de blé.

Genre : City Builder

Développeur : Nepos Games

Editeur : Nepos Games

Date de sortie : 17 Février 2021

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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