Early Access: The First Men

Je vous l’avais promis, alors le voilà, mon test du deuxième jeu moche du mois. Et quand je dis moche, je dis moche au point qu’EvilBlackSheep, notre référente et spécialiste des jeux moches (qu’elle appelle indie), a eu un mouvement de recul devant les captures. Mais honnêtement, le look de The First Men passe bien vite au second plan une fois qu’on s’immerge dedans.

Si je reprochais à Floodland le dirigisme de sa campagne où il fallait presque poser les bâtiments où les développeurs l’avaient décidé, The First Men prend le virage inverse : démerdez vous, il y a un objectif final pour chaque campagne – elles ne sont pas toutes prêtes, Early Access oblige – démerdez vous pour l’atteindre.

Et honnêtement, malgré ma petite expérience en matière de jeu de gestion, j’avoue humblement avoir dû visionner des vidéos sur Youtube pour vraiment l’appréhender. Car le concept est quand même très particulier et s’inspire un peu de la série Majesty, mais pas que. Des Majesty il prend le côté « laissez les vivre », avec des personnages qui vont évoluer d’eux-mêmes.

Mais à cela il rajoute des spécialisations pour chaque personnage, dont le niveau augmente au fil du temps. Si chacun vit plus ou moins sa vie, c’est à vous de choisir les spécialisations de chacun, selon ses caractéristiques propres. Cela implique énormément de micro-management et surtout oblige à quasiment tout noter pour savoir qui fait quoi et quoi développer pour la suite.

Parce que les bâtiments disponibles dépendent des traits de vos colons. Si vous n’avez personne avec l’aptitude bûcheron, pas de bois disponible pour les constructions. C’est assez déroutant et il faut constamment penser à tout sachant qu’au début on ne sait… rien ou pas grand-chose. A quoi sert ce truc ? Le faut-il maintenant ou puis-je attendre ? Comment lancer une économie digne de ce nom ?

On ne sait pas trop, alors on tâtonne. Certes le tutoriel donne quelques bases, mais elles sont bien maigres. On lit les descriptions des traits que l’on peut attribuer aux personnages, sans trop être sûr. Alors pour se changer les idées on forme un groupe et on part à l’aventure, histoire de voir ce qui se trame ailleurs. Et on voit plein de choses qu’on ne sait pas comment exploiter.

Le ton de cet article m’aura vendu : je suis perdu devant The First Men. Je devine l’immense potentiel du titre, surtout lorsque je vois ce que les autres arrivent à faire. Mais en abordant le titre comme ça, sans se renseigner en amont, impossible de prendre du plaisir, sauf à vouloir passer des heures à expérimenter.

En l’état, les développeurs ont fait du bon travail et semblent ajouter régulièrement du contenu et être à l’écoute de la communauté. Le jeu est loin d’être fini c’est sûr et est brut de décoffrage.

Mais c’est un immense bac à sable, dans lequel – et à l’instar de monstres comme Rimworld – il faut s’immerger des heures avant de commencer à prendre du plaisir et à vraiment maîtriser. Mon avis est donc tout sauf tranché et je ne peux que vous conseiller de regarder des gens y jouer avant de vous lancer, tant The First Men est atypique.

Genre : Gestion

Développeur : Gathering Tree

Editeur : Gathering Tree

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...