Early Access: Marauders

Je n’ai jamais lancé Escape From Tarkov. Trop hardcore pour moi. Avancer accroupi pendant deux plombes pour s’en prendre une en traversant un buisson, très peu pour moi. Mais ça ne m’a jamais empêché de regarder DingChavez y jouer (oh là là cette pub à peine dissimulée !) et de comprendre le plaisir qu’on peut y trouver. C’est pourquoi quand Marauders est arrivé à la rédac dans son vieux vaisseau spatial tout pétaradant, j’ai pris mon courage et ma MP40 à deux mains et j’ai signé.

Oui j’ai mis vaisseau spatial et MP40 dans la même phrase, paie ton anachronisme. Ne me jetez pas de petits cailloux pointus, ce sont juste les développeurs qui ont imaginé, après une soirée trop arrosée sûrement (une de plus me direz-vous), que l’humanité était obligée de quitter la Terre et de se réfugier dans l’espace.

Forcément des factions pirates ont aussitôt émergé parce que bon, ça reste des humains, si on peut continuer à scier la branche sur laquelle on arrive à peine à poser un orteil, pourquoi se priver ?

Donc l’Espace, avec un E majuscule, mais avec une technologie un peu vieillotte dirons-nous, mélange entre première et deuxième guerre pour l’armement et les protections, avec des touches un peu plus modernes. Ca ne ressemble à rien mais franchement ça claque suffisamment pour apporter au titre une patte assez unique.

Beaucoup n’aimeront pas le côté terne et indus, mais je le trouve parfaitement adapté. Et si vous voulez des tests de jeux colorés, merci d’aller voir du côté de ceux d’EvilBlackSheep.

Donc, vous voulez jeune freluquet désireux de faire fortune, ou du moins de ne pas mourir en gagnant malhonnêtement sa croûte. Il va donc falloir remplir des missions et autres contrats avec les différentes factions afin d’optimiser les sorties. Tuer x Pillards humains, ramener y morceaux de ferraille, détruire 4 tours de communication, ces missions sont variées et permettent de modifier un peu le cœur du jeu : les raids.

Tout comme dans Tarkov, vous avez un inventaire global dans lequel est répertorié tout ce que vous avez eu la chance de ramener de vos précédentes missions. Comme vous pouvez vous douter, cet équipement sera perdu si vous vous faites flinguer pendant un raid, ce qui oblige à trouver l’équilibre entre partir convenablement équipé pour survivre, et garder des réserves pour les prochains raids au cas où la mission se passerait mal.

On va peut-être faire demi tour…

Et sans surprise, c’est souvent le cas. Du moins pour moi… Tout commence par une approche dans votre brouette spatiale, phase pendant laquelle vous pouvez attaquer les autres joueurs qui tentent eux aussi de prendre d’assaut la base spatiale que vous convoitez.

Celle-ci dispose de sas auxquels amarrer votre vaisseau, détail de la plus haute importance, car si vous voulez partir, il va falloir retrouver votre vaisseau ou au pire une capsule d’évacuation d’urgence. Sachant que l’oxygène est limité, cela rajoute une petite couche de stress bienvenue.

OUAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIS !

Une fois la base abordée, il va donc falloir tenter de s’orienter pour fouiller un maximum de lieux avant de manquer d’air ou de place dans vos différents sacs. Ceux qui aiment les décors originaux en seront pour leur frais tant ces stations font penser à des usines soviétiques, enchaînements sans imagination de couloirs et de pièces trop semblables.

Il y a bien quelques particularités ici et là, mais on ne peut pas dire que Marauders vous décrochera la mâchoire. Mais bon, vous n’êtes pas venus pour admirer le paysage…

Ces stations sont bien entendues hantées par les autres joueurs venus eux aussi piller et aussi par des IA somme toute très… classiques. Oui, je n’ai pas de terme plus adéquats. Je ne peux pas vraiment dire du mal d’elles car elles ne se jettent pas bêtement sur vous. Mais elles ne vont pas non plus chercher à vous prendre à revers.

Disons qu’elles servent à vous blesser et à attirer l’attention sur vous. Et quand vous êtes seul, mieux vaut éviter… Les combats sont en effet brutaux et le taux de mortalité très élevé malgré l’imprécision générale des armes.

Le feeling de ces dernières est d’ailleurs assez étrange, on sent que les développeurs ont joué la carte du réalisme sans vraiment y croire. On tire sans trop savoir où ça va partir et, couplé à la lourdeur des personnages – qui sont quand même en combinaison – cela donne des chorégraphies guerrières assez particulières.

Marauders n’étant qu’au début de son accès anticipé, il y a beaucoup de choses à peaufiner et de contenu à implémenter. Techniquement c’est relativement propre, même si certaines saccades sont pénalisantes, et on sent que les développeurs mettent du cœur à l’ouvrage. Il manque maintenant de nouveaux environnements et autres pétoires, tout en surveillant la triche qui semble commencer à apparaître.

J’ai hésité à me lancer dans Marauders et j’ai bien fait de le faire. Le jeu est punitif, très punitif même, mais c’est le genre qui veut ça. Finir une mission en vie est un challenge stressant et j’avoue avoir presque crié de joie quand, après avoir rempli mes sacs de munitions et autres restes de poubelle, j’ai retrouvé mon vaisseau et franchi le portail spatial.

Je n’avais tué que 2 adversaires, visité qu’une poignée de salles sur l’immensité de la station, mais j’avais esquivé plusieurs combats. Je m’en étais sorti ! Je n’ai pas encore réussi à trouver d’équipe digne de ce nom à laquelle me greffer mais il me tarde de pouvoir faire des raids à 4. Et de revenir riche comme Crésus.

Alors oui, Marauders est un peu moche, parfois techniquement bancal et mal dégrossi, mais cela reste très convenable pour un jeu en accès anticipé. Son ambiance, sa direction artistique et son parti pris rétro SF le rendent quand même unique et je ne saurai que trop vous le conseiller si vous commencez à vous lasser d’Escape from Tarkov.

Genre : FPS Online hardcore

Développeur : Small Impact Games

Editeur : Team17

Date de sortie en Early Access : 3 Octobre 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

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