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Aether & Iron

Aether & Iron est un JDR narratif à la Disco Elysium. On y évolue dans un New York decopunk des années 30, mais où la technologie anti-gravitation est omniprésente, cela va des moyens de transport à la ville elle-même, à présent divisée en plusieurs îles flottant dans le ciel (et où comme toujours, les pauvres vivent dans les bas fonds et les riches au sommet).

Dans une ambiance de films noirs, on incarne Gia Randazzo, une contrebandière qui vit de divers petits boulots plus ou moins légaux qu’elle arrive à trouver. Lorsque l’un d’entre eux, pourtant simple en apparence, tourne mal, elle se retrouve impliquée dans une affaire dont les connexions semblent s’étendre bien au-delà de ce pour quoi elle avait signé. Je ne vous en dirais pas plus sur l’intrigue afin de ne rien gâcher à votre découverte si vous décidez de vous lancer dans l’aventure.

Les choix faits par l’équipe de chez Seismic Squirrel de se concentrer majoritairement sur des scènes fixes à la manière d’un Point’n’click pour toutes les parties hors combat jouent à l’avantage du studio. Même si ça rend le jeu un peu moins dynamique, ça a permis à l’équipe de se concentrer sur de jolis visuels très propres plutôt qu’une animation approximative. Les fans de decopunk et de films noirs apprécieront l’ambiance très bien retranscrite par le style graphique. Autre point fort du jeu, en plus d’être disponible dans de multiples langues, dont le français, les dialogues sont entièrement doublés en anglais par un casting assez touffu.

Passons au plat de résistance, le gameplay. Si le jeu se présente à la fois comme un JDR narratif et un jeu de tactique au tour par tour, on pourrait découper le gameplay d’Aether & Iron en deux parties distinctes. D’une part, ce qui fera forcément comparer le jeu à Disco Elysium, le maitre en la matière, son système de dialogues avec de nombreux jets de dés qui influent sur l’issue de la conversation.

Ces jets de dés sont tous liés à un talent ou à un autre. Il en existe neuf, répartis en trois groupes (culot, système D et malice) que vous pourrez améliorer à chaque gain de niveau de votre personnage. Selon votre niveau sur le talent concerné, le test de compétence sera plus ou moins facile, mais il y aura toujours une chance d’échec critique, comme dans tout jet de dé qui se respecte.

Outre Gia, vous allez rapidement pouvoir recruter d’autres personnages pour venir grossir les rangs de votre équipe. Chacun possède un arbre de compétences/talents similaire, mais contrairement à notre protagoniste qui a accès aux trois groupes cités plus haut, chaque personnage secondaire n’a accès qu’à deux d’entre eux, une sorte de spécialisation forcée.

C’est là où l’on en arrive à la seconde partie du gameplay, qui, même si minoritaire, permet au jeu de se démarquer un peu de ses concurrents. En effet, dans Aether & Iron, toutes les phases de combat sont ici des courses poursuites au tour par tour, où vous devrez éliminer vos adversaires au volant de votre voiture volante. Ça reste quand même classique sur le fonctionnement et les habitués de jeux tactiques au tour par tour ne seront pas dépaysés.

L’équipement installé sur votre véhicule (que vous pourrez modifier en visitant un garage hors des phases de combat) déterminent vos actions possibles, vos points de vie et de défense et bien sur vos points d’action. Outre les ennemis et malheureux automobilistes innocents, l’environnement peut aussi venir influer sur l’issue du combat, par exemple à l’approche d’une bifurcation ou d’un rétrécissement de la voie. A vous de l’utiliser à votre avantage pour en finir avec vos ennemis.

Aether & Iron se concentre tout de même bien plus sur la partie narrative que sur ces phases tactiques, et la majorité de la trentaine d’heures qu’il vous faudra pour venir à bout du jeu seront passées à lire des dialogues, faire des choix et faire rouler les dés en espérant une issue positive à votre jet. Si vous gardiez un œil sur le jeu pour son aspect tactique au tour par tour, vous trouverez plus satisfaisant ailleurs.

Si la performance de ce premier jeu est très honorable, il n’en est pas pour autant exempt de défauts, notamment quelques petits bégaiements techniques. Quelques bugs, l’interface pas toujours des plus pratiques et certaines mécaniques expliquées de façon peu claire (voire inexistante) pourront décourager certains joueurs de s’accrocher sur la longueur. Fort heureusement pour les bugs techniques, les développeurs semblent assez réactifs, pour le reste, ce sera à l’appréciation (et l’expérience) individuelle du joueur. Ce sont des défauts qui restent somme toute mineurs.

Plus globalement, l’histoire, même si elle est agréable, ne vient pas révolutionner le genre et s’appuie même un peu trop souvent sur des clichés. Pour un jeu avec une durée de vie pareille et tellement concentré sur sa narration, il ne restera pas, pour moi, parmi ceux dont l’histoire m’aura impactée ou dont je me rappellerais à la fin de l’année lorsqu’il sera l’heure du bilan. Son atout reste que dans la petite niche qu’il occupe, on n’a pas forcément l’embarras du choix. Je ne sais pas si c’est vraiment un compliment.

Pour un premier jeu, Aether & Iron s’en tire avec les honneurs et réussi à accomplir plus qu’honorablement les objectifs qu’il s’était donné. Si vous êtes en manque de JDR très orienté sur la narration à la Disco Elysium et que vous êtes attirés par l’univers noir/decopunk, le jeu est peut-être fait pour vous. Ce ne serait pas ma première recommandation dans les sorties récentes dans le genre plus large des Disco-like (je vous parlerai de ça très bientôt), mais ça reste un jeu appréciable malgré ses quelques défauts.

Site officiel

Développeur : Seismic Squirrel, Chaos Theory Games

Éditeur : Seismic Squirrel

Plateforme : Steam

Date de parution : 31 mars 2026

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

EvilBlackSheep

Experte en procrastination.

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