Sobek: 2 Joueurs au Yakapiocher

Je ne suis pas un aussi gros joueur de jeux de société que mes amis mes camarades d’autres rédacteurs de Dystopeek. J’ai eu une période très active, mais c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. Ce n’est pas pour autant que je vais m’empêcher de marcher sur leurs plates-bandes pour vous parler de Sobek.

Ma grande connaissance de la mythologie égyptienne (ainsi qu’un tour sur Wikipédia) me permet de savoir que Sobek est le fils de la déesse aquatique Neith et d’un des dieux jumeaux, et qu’il est Dieu de l’eau et de la fertilité et que son animal est le crocrodile.

J’avoue que ça n’a pas grande influence sur le jeu et que c’est surtout un prétexte pour nous proposer une ambiance égyptienne, des pyramides, des scribes et autres hiéroglyphes, mais au moins vous aurez appris quelque chose.

Sobek a été conçu en 2010 par Bruno Cathala qu’il est inutile de présenter, tant cet auteur prolifique (plus de cent quatre-vingts jeux crées seul ou en collaboration recensés à ce jour) depuis le début des années 2000 a marqué ce loisir de titres récompensés par les plus grandes récompenses.

Si le jeu original permettait de jouer jusqu’à quatre, cette version pour deux joueurs est sortie en juin 2021 avec la collaboration de Sébastien Pauchon. C’est véritablement un jeu différent, pas une simple adaptation des règles originales donc si vous connaissez déjà Sobek, ne partez pas tout de suite.

Le jeu est très simple à installer, mais ce n’est pas le plus beau ni le plus fourni en éléments auquel j’ai joué. Des tuiles carrées, quelques jetons, des illustrations assez basiques…

Une petite ankh en plastique est la pièce la plus travaillée, mais en jeu de plateau comme en jeu vidéo, je ne suis pas un intégriste de l’apparence, si le fond est bon, ça peut bien avoir été dessiné par la petite sœur de ta voisine.

Sobek est un jeu de ressources. On ramasse des tuiles (qui représentent de l’ivoire, du blé, du bétail… ainsi que des personnages aux capacités spéciales) et on les revend par groupe de trois minimum pour s’assurer des points de victoire en fin de partie.

Chaque tour de jeu est rapide puisqu’une seule action est possible ; ramasser une tuile, vendre ou jouer le pouvoir d’un personnage. La subtilité, c’est que lorsqu’on prend une tuile, elle indique dans quel sens on va positionner l’ankh qui servira de flèche pour désigner les prochaines tuiles disponibles.

On essaie d’avoir un coup d’avance, de se souvenir de ce que l’autre possède déjà et lui interdire d’acquérir trop facilement certaines ressources, ou espérer qu’il va se jeter sur une tuile juteuse pour nous ouvrir l’accès à celles qui nous intéressent.

Parce que toutes les tuiles ne se valent pas ; certaines sont agrémentées d’un ou plusieurs scarabées, et ce sont ces derniers qui vont compter en fin de partie puisqu’on multiplie le nombre de scarabées par le nombre de tuiles.

Si par exemple vous cumulez cinq tuiles d’ivoire avec un seul scarabée sur l’ensemble, ça vous rapportera cinq fois un point de victoire. Mais avec trois tuiles ayant chacune trois scarabées, vous gagnerez trois fois trois points. Et si vous n’avez que des tuiles sans scarabées, merci d’être venu mais elles ne vaudront rien.

Les autres mécaniques, comme les personnages qui nous permettent de passer outre ces limitations ou la corruption qu’on accumule en allant chercher des ressources plus loin sur le plateau apportent un peu de variété et d’incertitude.

On enchaine facilement les parties puisqu’elles durent une vingtaine de minutes, parfait pour accompagner un verre en terrasse (et l’absence de cartes ou autres papiers que le vent aurait pu emporter aide également).

Le calcul de la victoire demande un peu d’anticipation dans sa stratégie puisqu’on sait à tout moment quel est le score de l’adversaire. Cependant, même si les règles sont tout à fait abordables pour un enfant d’une dizaine d’années, il manque peut-être d’immédiateté pour passionner les plus jeunes.

Reste que Sobek à 2 joueurs est un petit jeu d’apéro sympathique pour attendre d’autres amis, mais qu’on ne sortira sans doute pas dans d’autres occasions.

Editeur: Catch Up Games

Date de sortie: Juin 2021

Auteurs: Bruno Cathala & Sébastien Pauchon

Illustrateur: Naïade

Nombre de joueurs: 2

Durée: 20 minutes

Age: à partir de 8 ans

Disponible sur BoardGameArena

Cet article ne serait pas complet sans vous parler du cadre dans lequel j’ai découvert ce jeu. Accompagné par une victime consentante que j’ai battu à plates coutures, nous avons poussé les portes du Yakapiocher, bar à jeu nouvellement ouvert sur Lyon par un membre du forum Canard PC et ses associés.

Ambiance cosy et climatisé, des murs entiers recouverts de boites de jeux, un espace dédié aux enfants et de la bonne bière au comptoir, ce bar est situé dans une ruelle calme sur les pentes de la Croix Rousse, à peine à quelques minutes du Jardin des Plantes.

Dans cet emplacement idéal (qui tire un peu sur les fessiers pour y accéder), vous attend un très large panel de jeux, que vous soyez nombreux ou non. Mention spéciale à l’étage assez bas de plafond où toute velléité de vous lever d’un bond pour renverser la table en cas de défaite sera sanctionnée d’un trauma crânien.

Un menu grignotage adapté (rien de tel qu’une bonne planche de charcuterie pour faire glisser les cartes sur la table) avec option végé complète une carte qui met l’accent sur le circuit court, pensée pour tous les goûts et aux différents moments de la journée.

Le sympathique article de LuckySophie sur le lieu, avec plus d’images (dont celle que je lui ai emprunté pour illustrer cette partie) : https://www.luckysophie.com/2022/04/yakapiocher-bar-a-jeu-famille-a-lyon-1.html

Sur leur site, une liste des jeux disponibles classés par catégorie, nombre de joueurs, durée des parties, difficulté des règles, âge recommandé… est très pratique si on veut anticiper ses soirées.

L’accueil très sympathique par une équipe serviable et à l’écoute complète notre très bonne expérience du lieu, qui organise également des soirées spéciales avec du quiz, de l’initiation au JDR… On y reviendra vite, parce que j’en connais un qui va vouloir sa revanche.

Genre : bar à jeux

Site internet : Yakapiocher – Bar à Jeux Familial & Amical

Adresse : 8 rue Rivet, Lyon 1er

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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