Infected Shelter

L’apocalypse est souvent représentée comme une bataille permanente entre des ilots d’humanité et l’extérieur, corrompu et hostile. Le camp de base d’Infected Shelter, avec ses tentes, ses barricades et son joyeux feu de camp, rappelle films ou séries. C’est lorsqu’on en sort que ça part dans le grand n’importe quoi.

Zombies, animaux mutants et autres erreurs de la nature ne sont pas les seules menaces. Une organisation militaire sera également présente pour vous pourrir la vie, tout en combattant elle aussi les monstres qui pullulent dans les bois et les villes que l’on traverse. J’ai déjà fini une carte en esquivant tout ce qui bouge et en regardant les mobs se trasher entre eux pour finir les survivants.

Seul ou en coop (mode que je n’ai pas testé), notre but est donc de guider notre personnage à travers de nombreux tableaux générés aléatoirement et qui du coup se ressemblent tous un peu, massacrant tout ce qui se dresse devant lui à mains nues ou à l’aide d’armes diverses au nombre d’usages limité que l’on trouve un peu partout.

Pour aller où, me demanderez-vous, votre guide du routard apocalyptique à la main ? J’avoue ne pas trop le savoir, le jeu étant encore en Early Access, mais le scénario est parfaitement secondaire, car Infected Shelter est un rogue-like où l’on ramasse des points d’amélioration lors des runs pour débloquer de nouveaux gadgets ou des bonus permanents qui nous aideront pour les prochaines sorties.

Depuis que le jeu est disponible, de nombreux patchs ont ajusté la difficulté, mais cela reste un jeu punitif et pas toujours pour de bonnes raisons. S’il existe des items de soin, des pouvoirs spéciaux qui ravagent la carte ou des armes surpuissantes comme le bazooka ou la morgenstern, les combats sont parfois frustrants puisque frapper un ennemi ne le « stun » pas toujours.

Quand on commence à enchaîner un adversaire et qu’il trouve le moyen de nous coller un gnon malgré les tatanes qu’il prend, brisant notre combo et nous rendant vulnérable à ses potes qui nous attaquent dans le dos, on regrette le manque de lisibilité lors de ce genre d’action. Surtout que pour la plupart des ennemis, ce n’est valable que lorsque l’on reste au sol. Je passe donc la plupart de mon temps à spammer les sauts et les attaques aériennes pour limiter ce phénomène.

Il n’y a pour l’instant que deux personnages disponibles : une rockeuse qui ouvre les crânes avec sa guitare électrique et Neymar un vieux en fauteuil roulant poussé par son infirmière ou sa fille, je ne sais pas trop. Chacun dispose de pouvoirs et de coups spécifiques, et s’il est rigolo de voir le fauteuil, avec le vieux dedans, servir d’arme, je l’ai trouvé moins réactif et agréable à contrôler que la punkette. A voir ce que donneront les deux derniers personnages annoncés (un gros redneck et un militaire avec une jambe manquante) pour renouveler un peu les expériences.

Les runs sont tous calés sur un modèle similaire : des zones en extérieur, un passage dans un bunker avec des pièges en plus des mobs, pour finir par un boss particulièrement craqué. On ramasse des objets qui apportent des bonus pour tout le run ou des consommables pour se soigner, des armes à feu (à l’efficacité toute relative) ou de corps à corps (déjà plus violentes) ou des blueprints pour débloquer des capacités pour les prochains runs.

J’ai eu du mal à aller au bout du contenu disponible dans l’accès anticipé pour cause de nullité légendaire dans ce genre de jeu, mais je regrette que pour l’heure, l’aventure se termine sur une avalanche d’ennemis dans un tout petit terrain sans autre possibilité que quitter sa partie si l’on veut relancer un run.

Comme évoqué plus haut, le principal défaut d’Infected Shelter reste la confusion qui règne lors des bastons. Se jouant à la manière d’un Double Dragon, le gameplay nécessite de s’aligner correctement avec les zombies pour leur apprendre à bien vouloir rester morts, mais le manque de lisibilité rend l’exercice trop compliqué pour ne pas être rapidement frustrant. Pour avoir testé les deux, je déconseille le clavier/souris et vous invite à privilégier la manette, malgré mon manque de respect pour ces appendices maudits.

Les graphismes et animations au style cartoon un peu raide ne sont pas désagréables mais les effets des pouvoirs, saignements et autres poisons ajoutent au bordel général et n’aident pas à la compréhension de l’action. L’ambiance sonore est anecdotique même si j’aime bien les morceaux de guitare acoustique au camp.

Les sessions sont courtes et confuses mais Infected Shelter les saupoudre avec un petit goût de reviens-y qui, s’il ne contrebalance pas les combats pas encore satisfaisants (mais qui se sont déjà bien améliorés avec les différents patchs), donne des raisons de croire en ce projet. Les deux développeurs hongrois qui composent Dark Blue Games (jusqu’ici connus (?) pour les jeux d’objets cachés Silent Night) sont réactifs, demandent des retours d’expérience et semblent vouloir réaliser le meilleur jeu possible.

Il est clair qu’Infected Shelter ne sera pas le jeu du siècle mais si le développement continue sur cette lancée, améliorant la lisibilité et proposant de nouvelles façons de massacrer tout ce qui bouge, il pourrait se positionner sur le créneau du rogue-like bien déglingo jouable en solo ou en coop, loin de la sombritude d’un Dark Devotion ou de la finesse d’un Nuclear Throne mais avec son style personnel qui manque pour l’instant de maîtrise.

Genre : Rogue-like / Beat-them-all

Site officiel : http://infectedshelter.com/

Développeur : Dark Blue Games

Éditeur : Dark Blue Games

Plateforme : Steam (sortie prévue sur console fin 2019)

Prix : environ 10€

Date de sortie en Early Access : 8 mai 2019

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

2 pensées sur “Infected Shelter

  • 22 juin 2019 à 10 h 59 min
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    Oui, c’est un jeu en accès anticipé, je vais le préciser plus clairement…

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