What we Do in the Shadows

Basé sur le film Néo-Zélandais éponyme, What we Do in the Shadows est une série TV américaine qui se présente sous la forme d’un documentaire. On y suit, grâce à une équipe de cameramen et preneurs de son aussi inconsciente que toujours bien positionnée, les aventures d’un groupe de vampires. Arrivés par bateau du vieux continent et débarqués sur Staten Island, nos suceurs de sang vivent une non-vie presque paisible jusqu’à l’arrivée du Baron, un très ancien et puissant vampire qui désire conquérir l’Amérique du Nord et soumettre les humains à la volonté des Vampires. Oui rien que ça. Forcément, étant donné qu’en plusieurs siècles de présence nos protagonistes n’ont réussi à dominer que leur rue et celle d’à côté, on se dit qu’il y a du travail. Et c’est en découvrant petit à petit leur histoire qu’on se dit que ça n’est vraiment pas gagné.

L’équipe du film de 2014

Car voyez-vous, comme le film dont elle est inspirée, cette série n’est pas vraiment portée sur l’horreur mais plus sur le WTFesque (t’as vu Monsieur_C, moi aussi je connais des termes techniques !). Vous me direz, on l’aurait compris rien qu’en voyant le nom de Matt Berry… Dans What we Do in the Shadows et à l’instar de Parks and Recreation, les différents protagonistes, même de passage, vont s’adresser en aparté à la caméra et se confier, avouer des détails gênants sur leur histoire ou réagir à ce qui se passe, allant même jusqu’à décrire une scène qui vient à peine de se dérouler… J’avais adoré ça dans Parks and Recreation, j’adore encore. Les mimiques sont excellentes, les situations embarrassantes amènent des sourires gênés et on se demande, épisode après épisode, comment cette équipe de bras cassés totalement inadaptés au monde extérieur a pu survivre tant de temps.

Mené par Nandor, un ancien tyran biclassé sadique, le clan comporte Laszlo (Matt Berry), passionné par la sculpture de buissons en forme de vulve, son épouse Nadja, obsédée par la réincarnation de son ancien amant Gregor (qui a la fâcheuse habitude au fil de ses différentes vies, de toujours finir décapité) et Colin Robinson, un « Energy Vampire » qui diffère de ses congénères en se nourrissant non pas de sang humain mais d’énergie vitale en ennuyant ou énervant les gens. Le tout est materné par Guillermo, le familier humain de Nandor qui n’aspire qu’à une seule chose : devenir vampire à son tour. Mais au bout de 10 ans de bons et loyaux services, il commence à trouver le temps long.

On suit donc cette fine équipe dans ses tribulations, atterré de les voir foirer quasiment tout ce qu’ils entreprennent (mention spéciale à Nandor qui ne peut hypnotiser quelqu’un pour lui faire faire quelque chose que si ladite personne est déjà désireuse de faire ladite chose) et mener une vie que j’oserais qualifier de pathétique. On est loin du mythe du vampire tout puissant… Les situations ubuesques se succèdent donc et parviennent à se maintenir dans un fragile équilibre entre éclats de rire et pitié. On sent que les scénaristes se sont fait plaisir (et ont sûrement consommé les mêmes substances que ruvon) et ils sont récompensés par des acteurs à fond dans leur rôle et dont la prestation est tout simplement parfaite. Voir la mine contrite de Nandor après un énième foirage de ses pouvoirs, les réactions frustrées de Guillermo ou subir les monologues soporifiques de Colin Robinson est un régal dont on ne se lasse pas. Et inutile de vous dire que le jeu de Matt Berry est excellent et rappellera sa prestation dans The IT Crowd. Saupoudrez d’accents à couper au couteau, rappelez-vous que ce sont des vampires d’Europe de l’Est et de Perse, une réalisation qui se veut petit budget mais dont les effets spéciaux sont quasiment parfaits et vous avez une série à part qui se dévore très (trop !) vite, la première saison ne comportant que 10 épisodes d’une vingtaine de minutes. Vous pensiez que le film était débile ? Sachez que la série a poussé à fond tous les taquets niveau idiotie ! En fait, je me dis que si un documentaire sur la rédaction de Dystopeek était tourné, il ressemblerait à ça… Le succès étant au rendez-vous, une deuxième saison a été commandée. Miam.

Genre : Fantastique, comédie horrifique

Création : Jemaine Clement

Acteurs principaux : Kayvan Novak, Matt Berry, Natasia Demetriou, Harvey Guillen et Mark Proksch

Musique : Mark Mothersbaugh

1 saison de 10 épisodes

Durée : 24-30 minutes

Harvester

Collectionneur compulsif et un peu trop passionné, accumule jeux et livres en essayant d'entraîner un maximum de gens dans ses vices...

Une pensée sur “What we Do in the Shadows

  • 23 juin 2019 à 12 h 28 min
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    Tu me l’as bien vendu !

    Ça fera une parfaite comédie légère après Chernobyl 😉

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