Gold Express

A la rédac, on a un peu tous nos spécialités, qui se recoupent parfois (c’est là que le chef se plaint que je fais main basse sur presque tous les wargames) (NdHarvester : mais non, j’suis pas comme ça… Salow, j’te déteste !) mais il arrive qu’au contraire on sent qu’on a pas spécialement l’expérience du genre. On tâtonne un peu. Les jeux d’horreur et moi ça fait un peu quatorze. Alors tout le monde s’en moque mais dans le cas présent ça veut surtout dire que je n’ai jamais joué à Dead by Daylight. Hors, Gold Express est un clone de celui-ci, ce qui complique un peu mon test car il m’est difficile de comparer avec la compétition. Etre un clone d’un autre jeu n’est pas spécialement péjoratif, il y en a d’autres, Deathgarden Bloodharvest qui a annoncé la fermeture de ses serveurs fin d’année ou encore Last Year, chacun apportant un style différent au genre. Gold Express lui a choisi un univers cyberpunk assez sympathique.

Bon là faut espérer que le dernier charge sinon c’est retour au lobby…

Mais c’est quoi comme genre, en fait, vous vous dites peut-être, cher lecteur ? Vous sélectionnez un personnage parmi six et vous vous retrouvez ensuite dans une « arène » dont il vous faudra vous échapper. Pour ce faire, vous devez activer ou collecter différentes choses. Dans le cas de Gold Express, du studio indé chinois Dawn Studios, vous et trois autres joueurs devez collecter des cubes de données et les intégrer dans un « Data warehouse » afin de faire appel à des véhicules permettant de vous enfuir une fois un nombre suffisant de données récupérées.

Bon là c’est couloir, t’espère ne pas te faire courser.

Evidemment, vous vous en doutez, car ce serait trop simple, il y a des embûches. Déjà un cinquième joueur va lui tenter de vous empêcher d’arriver à vos fins en incarnant un « Watcher », parmi les quatre actuellement disponibles et puis les points de collecte peuvent être piégés par celui-ci. Que ce soit les « extracteurs » ou le « watcher », chacun dispose de compétences propres qui lui permettent pour les uns de survivre et se cacher et pour le chasseur de mieux éliminer les concurrents avant qu’ils ne puissent s’échapper.

Il me fait penser à Bison de Street Fighter ce watcher.

Que ce soit dans l’un ou l’autre cas, j’ai trouvé le jeu difficile au premier abord. Déjà parce que la communauté de joueurs est très petite actuellement – il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs minutes (si pas dizaines de minutes aux mauvaises heures) pour trouver 4 autres joueurs dans votre zone géographique. Alors peut-être que les serveurs chinois s’en sortent mieux mais en Europe, ce n’est pas la cohue – et donc tous les niveaux sont mélangés. Mais surtout parce que c’est un gameplay asymétrique. Le chasseur est parfois plus rapide que les extracteurs, il peut poser des pièges/virus sur les points de collecte/dépôt et il saura où vous vous trouvez si vous désirez aller plus vite que la musique – c’est à dire que vous disposez de points d’action qui permettent d’augmenter la vitesse à laquelle vous faites une action (par défaut fort lente) mais ça implique le risque d’être découvert.

Faut de la patience pour qu’une partie se lance

Même chose en tant que « Watcher » : il faudra bien connaître la carte pour savoir où peuvent se cacher les extracteurs, savoir se focaliser sur un seul lorsqu’ils sont plusieurs au risque de tous les perdre lorsqu’il s’éparpillent comme des pigeons et puis veiller à empêcher la collecte de données en plaçant les virus au bon endroit. Le fait de parfois se mesurer à des joueurs de plus haut niveau qui auront des compétences ou personnages débloqués (ils ne le sont pas tous par défaut) va évidemment compliquer votre tâche. Le jeu encourage clairement les joueurs à apprendre la topologie des différentes cartes et à choisir le personnage qui correspond le mieux à leur style de jeu. Ce qui est sympathique c’est que le tempo du jeu diffère grandement si l’on joue d’un côté (plutôt genre infiltration) ou de l’autre (toujours en retard, en retard comme le lapin d’Alice).

Encore loupé

Etre rattrapé par le « Watcher » ne signifie pas spécialement la fin du jeu, si celui-ci vous achève après vous avoir malmené, vous aurez une forme fantôme et devrez vous dépêcher de trouver un allié qui peut vous ressusciter. Plus vous perdrez de temps plus votre barre de vie disponible se raccourcira. Au bout de quelques fois, vous serez donc mis hors course et vos coéquipiers devront se débrouiller seuls. J’ai trouvé les options à disposition du joueur assez faibles, tourner en rond dans un sens ou l’autre, utiliser sa compétence ou prier qu’on ne se fasse pas voir. Certes on peut un peu planifier les choses en plaçant des « barrières » à hauteur de visage pour que le watcher ne puisse pas passer mais un coup les explose. A nouveau c’est la taille et les cachettes de la carte qui vont compliquer les choses pour le watcher alors qu’il aurait probablement été opportun d’en limiter la vision.

Cours Charlotte!

Graphiquement, le jeu est un peu juste même si en pleine partie ce n’est pas vraiment ce qui nous importe le plus. Après, j’ai quand même beaucoup apprécié le parti pris des devs de faire des personnages pas tous sexy mais parfois beaucoup plus humains. Je pense surtout à celui de GodFather un peu bedonnant et le style graphique des Watchers est aussi assez sympa. Le jeu a aussi beau être chinois, ils sont assez généreux avec leur système de lootboxes qui n’en est pas un (vu qu’on ne peut pas payer avec du vrai argent), débloquer un nouveau personnage coûte royalement 1600 gold hors rien que le tuto en rapporte 600. A ce niveau rien à dire donc, le côté cosmétique n’est pas accessible directement mais loin d’être difficile à acquérir pour des joueurs réguliers.

Un perso qui vend du rêve.

Difficile pour moi de bien juger le jeu, il n’est clairement pas mauvais même si le manque d’une grosse communauté de joueurs ne joue pas en sa faveur et que le tempo du jeu est quand même fort lent avec une interface pas toujours au top de la modernité. Mais ça marche assez bien, on fait sa petite partie avec plaisir, on découvre le nuage de fumée d’untel, le pas de dance d’unetelle et il y a un côté somme toute très années 90 dans le style graphique qui fonctionne. Après, est-ce que je peux pour autant le recommander, vu la quantité de contenu disponible sur Dead by Daylight ? Il semblerait logique de plutôt se focaliser sur celui-là plutôt que Gold Express, sauf peut-être pour les gens allergiques au côté horreur. Après, le jeu est en Early Access et va donc encore évoluer. Pour les amoureux de jeux du genre, le jeu fait le boulot et peut même séduire, pour les autres je pense que vous pouvez passer votre chemin.

Beware where you jump…

Genre : Coopération, asymétrique, survie.

Développeur/éditeur : Dawn Studio

Prix: 13,49€

Page Steam

SA_Avenger

Le Belge taciturne du groupe, pas fan de quoi que ce soit mais touche-à-tout aux goûts éclectiques, amoureux du cinéma, de littérature et de chanson française à texte, bref un nostalgique invétéré. Ancien beta testeur hardcore, je joue encore régulièrement à des jeux obscurs aux règles complexes que je termine d'ailleurs rarement.

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