Dolmen

Je n’ai jamais joué à un Dark Souls. Ce n’est pas vraiment un aveu, vu le genre de jeux que j’apprécie habituellement, ça ne devrait pas vous surprendre.

Ce n’est pas la difficulté qui me dérange, ni l’ambiance dark fantasy qui me rebute. Disons que mon parcours ne m’a pas rapproché du genre, plus orienté gestion, point&click et tour par tour que baston punitive en vue à la troisième personne.

Autant vous dire que je suis sans doute le pire candidat pour vous présenter Dolmen, qui reprend un grand nombre de principes posés par la série de From Software. Je me disais que j’allais souffrir mais que « ça va, j’ai 30 ans d’expérience de joueur, ça va le faire ». Ignorant que j’étais. J’ai appris à la dure. Ma souris s’en souviendra.

J’ai tabassé les mêmes mobs en boucle pour crever à deux mètres du point de sauvegarde suivant. J’ai grimacé en voyant les ennemis que j’avais occis réapparaitre sans relâche. J’ai gaspillé mes items de soin à cause de l’interface. Et si je suis loin d’avoir détesté, j’ai quand même pas mal de choses à redire, que ce soit sur le concept ou sur Dolmen.

Déjà, aucune trace d’Ingrid Chauvin, fort déçu j’ai été. En même temps c’est un jeu d’un studio brésilien, pas sûr que la série soit arrivée jusque-là. Mais je cherche encore le lien entre les mégalithe bretons et cet univers futuriste.

Ensuite, qui a eu l’idée de ces feux de camp téléporteurs qui sont les uniques moyens de sauvegarder ? Autant je peux comprendre le fait de ne pas les coller juste avant les boss, pour ne pas trop prendre le joueur par la main.

Mais était-ce nécessaire de les foutre à plus de trois minutes d’un combat qui dure deux plombes, sans oublier de mettre trois quatre mobs pénibles sur le chemin ? A ce niveau, ce n’est plus du challenge, c’est décourageant.

En tous cas, je peux vous dire que Dolmen, c’est un Dark Souls de science fiction, dans une ambiance à la Dead Space avec ses horreurs organiques et un petit goût d’apéro estival vu le nombre d’insectes volants qui vous veulent du mal.

On attaque l’aventure, envoyé dans un endroit dangereux suite à des appels de détresse, armé d’un pistolet à bouchon et d’un couteau à beurre. Comme dans un DS, il faut esquiver, parer, faire des roulades, frapper au bon moment sur des sacs à points de vie, et mourir quand même.

Toute la panoplie attendue est là, des animaux chelous qui vous foncent dessus, des golems qui balancent des boules de feu, des soldats extraterrestres qui flottent… tout ce petit monde a une faiblesse, que ce soit le feu, le froid ou le poison, et adapter son armement à l’ennemi vous fait gagner pas mal de temps.

Pour ça, on prend un téléporteur, on retourne sur le vaisseau qui nous a amené là et on crafte, avec les bouts de machins récupérés sur les cadavres et les caisses qu’on défonce, des haches, des épées ou des fusils à pompe. Même principe pour l’armure ou le bouclier.

On monte en niveau en ramassant de l’XP après chaque ennemi vaincu qu’on dépense dans des caractéristiques qui nous permettent d’utiliser de l’équipement plus efficace, bref, rien de bien original mais c’est plutôt bien foutu.

Une chose de sûre, c’est que les environnements sont bien jolis. J’ai pris cinquante-quatre screenshots, on aurait dit un touriste au Louvre. Des grottes, des restes de station, des espaces ensablés, un grand soin a été apporté aux décors. Certains ennemis sont également réussis, même si d’autres sont plus oubliables, et tous ont cette capacité magique qui ne manquera jamais de m’épater : ils disparaissent quand ils meurent.

Évidemment, les boss sont les points culminants de l’expérience, déjà parce qu’on va passer un moment en leur compagnie, le temps de mourir une bonne vingtaine de fois pour apprendre leurs patterns, et parce que le reste de l’aventure est surtout une balade linéaire pour meubler.

C’est l’heure du véritable aveu de ma part : je ne suis pas allé au bout du jeu, incapable de passer le sixième boss (sur neuf), donc je ne vais vous parler que de ce que j’ai vu, mais c’était assez pour me faire une idée de l’intérêt de Dolmen.

Malgré le long chemin à recommencer à chaque échec, malgré leurs patterns bien craqués, malgré ma nullité proverbiale, j’ai bien aimé ces combats de boss. Dommage que le reste ait été moins soigné.

Si les décors sont jolis, ils sont souvent bien vides. S’il y a de nombreuses armes à se fabriquer, l’interface pour en changer à la volée est conçue comme un ennemi inattendu qui contribue à vous faire crever. Si la caméra fait des efforts, elle arrive quand même souvent à vous prendre en traître.

Je ne reviendrais pas sur ces fois où je suis mort en tombant dans un trou plus ou moins visible grâce à elle. Ni sur l’impossibilité de sauter qui fait de la moindre petite hauteur un obstacle infranchissable.

Il existe un mode multijoueur, mais uniquement pour les combats de boss et qui demande d’avoir ramassé suffisamment de morceaux de Dolmen pour permettre à un ami de vous rejoindre.

N’ayant pas d’amis, je n’ai pas pu tester, mais j’ai du mal à croire que devoir se taper tout le voyage en solitaire avant d’appeler votre pote pour le boss soit un moyen bien pensé pour passer un moment de violence en toute convivialité.

Alors difficile pour moi de vous dire ce qui tient du genre du Souls-like et ce qui est à mettre sur le dos de Dolmen, certaines choses vous sembleront peut-être normales ou évidentes. En tous cas, c’est loin d’être un mauvais jeu vidéo, mais il n’est clairement pas fait pour moi.

Les combats et l’interface bordéliques, l’histoire (oui, je ne vous ai pas parlé du scénario, mais honnêtement, vu les moyens narratifs utilisés et malgré une traduction française de bonne qualité, c’est mieux pour lui) et l’impression de vide qui ressort des environnements ont terni mon expérience.

Dolmen a pour lui une ambiance réussie, des graphismes de qualité et des boss sympathiques, mais cela suffira-t-il à assouvir votre soif de Souls-like ? Surtout après la sortie d’Elden Ring ? Et surtout à ce prix ? En tous cas ça ne m’a pas donné envie d’aller crever en boucle dans d’autres titres du genre.

Les gens de Massive Work Studio ont été ambitieux avec Dolmen, et c’est tout à leur honneur, mais peut-être ont-ils voulu trop coller au Souls-like en s’enfermant dans un gameplay déjà rincé. Je leur souhaite de pouvoir s’exprimer à nouveau dans un projet plus personnel, plus original, parce qu’il y a manifestement un vrai talent technique dans ce studio.

Genre : Souls-like futuriste

Développeur : Massive Work Studio

Editeur : Prime Matter

Plateforme : Steam

Prix : 39,99€

Date de sortie : 20 mai 2022

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

Une réflexion sur “Dolmen

  • 11 juin 2022 à 9 h 35 min
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    J’ai beaucoup aimé l’allusion à Ingrid Chauvin ! 😉
    Et d’où vient le titre du jeu d’ailleurs (pour une fois que c’est pas une de ces appellations génériques) ?

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