Early Access: Achilles: Legends Untold

Après avoir testé Achilles: Legends Untold en bêta fermée, je me demandais à quoi allait ressembler la version finale. Bon, on va dire qu’avec une Early Access dont la peinture est encore toute fraiche, la question n’est pas encore tout à fait répondue. Voyons ce qui a changé.

Il est recommandé de lire l’article sur la bêta fermée avant. Vous avez regardé Terminator 2 avant le premier vous ?

Les cinématiques envoient toujours du lourd

La première chose agréable que l’on constate, c’est que le studio n’a pas fait de concessions sur les graphismes. Le jeu reste incroyablement agréable à l’œil, avec des lumières travaillées et des petites scénettes qui donnent envie de booker le premier avion pour la Grèce antique.

Ensuite, le tutoriel prend bien plus le temps d’introduire des mécaniques, ce qui est une très bonne chose dans un jeu aussi exigeant. Là où dans la bêta on nous donnait des potions, la vie remonte toute seule désormais. Et quand on nous plonge dans le “vrai” jeu, les potions sont déjà nombreuses, et les ennemis peu dangereux, nous laissant ainsi le temps d’appréhender quand utiliser un consommable.

Prise en main finale du tutoriel, affrontez votre boss-au-même-modèle-3D

Niveau mécaniques, on reste peu ou prou sur la même dynamique. On retrouve notre parade, esquive, possibilité d’équiper deux armes au lieu d’une et un bouclier. Les ennemis sont toujours aussi bêtes et les archers toujours aussi frustrants. L’auto-focus est toujours foiré, avec un système capable de vous verrouiller des ennemis inaccessibles (mais présents sur l’écran de jeu).

Altaïr ? Vous ici ?

Là où le deal change, c’est qu’on a enfin un morceau d’histoire. Pour spoiler le moins possible, disons qu’Achilles rencontre son trépas comme prévu et fait un deal avec le Tartare. Engagé comme “mercenaire”, cela justifie le fait qu’il revient après sa mort, ce qui est toujours sympa.

On est alors envoyé dans une sorte d’open-world à la Titan Quest. Comprendre par là de très grandes zones bourrées d’ennemis et créatures hostiles, reliées par des couloirs.

Entrée dans le vrai monde des méchants où il fait plus sombre

Cette décision de faire de vastes zones est intéressante, car cela pose Achilles: Legends Untold au croisement d’un Souls & d’un hack & slash. Toutefois, il y a quelques problèmes significatifs dans cette logique.

Dans un Souls, on prend son temps à chaque ennemi, dans un hack & slash, on défouraille sans réfléchir des hordes de créatures hostiles. Du coup, devoir prendre son temps devant un très grand nombre d’ennemis devient d’un coup très laborieux, et c’est le premier souci d’Achilles: Legends Untold.

Certes, la progression est tranquille et le fait d’avoir beaucoup d’ennemis permet de se faire la main plus facilement. On peut ainsi gratter des âmes et monter en compétences plus facilement.

Todd Howard a appelé, il voudrait récupérer son interface

Mais c’est vite chiant. La faute à un bestiaire malheureusement peu étendu. Même quand le jeu tape dans les créatures mythologiques, vous retrouverez toujours les mêmes trucs à éclater, et leur grand nombre rend chaque affrontement insipide.

Toujours sur le contenu, le studio a fait le choix d’un arbre de compétences en constellation. On accède à cet arbre sur des “autels d’Hadès”, lien diégétique avec le Tartare. Contre des âmes, on peut débloquer un nombre astronomique de points, pour améliorer notre vie, endurance ou débloquer des mouvements de combat.

Et même constat, c’est chiant. On ne gagne pas vraiment assez d’âmes pour avancer de manière satisfaisante dans cet arbre. Dans un Hack & Slash, vous foncez et le sentiment de progression est là. Vu qu’ici, on “galère” contre chaque ennemi, on attend longtemps avant de pouvoir avancer avec plus de sérénité.

Mais où est Achilles ?

Le scaling des ennemis ressemble un peu à celui de The Witcher 3. Les ennemis ne sont pas plus forts, ou plus intelligents, ils ont juste des barres de vie énormes si vous n’êtes pas censé les affronter. Donc vous pouvez venir à bout d’un gros ennemi si vous êtes rigoureux dans vos patterns et que vous tenez 20 minutes. Pas ce que j’imaginais quand on me demande d’incarner un héros Grec comme Achilles.

Enfin, on constate encore et toujours des petites coquilles techniques. C’est pas grand chose vous allez me dire, c’est le but d’une Early Access de repérer et corriger les bugs. Mais l’obligation de rebinder ses touches parce qu’il n’y a pas de détection de l’azerty reste symptomatique d’une copie pas finie.

On peut pas leur enlever ça, ils ont le sens du grandiose

Pour l’instant, le jeu peine également à maintenir 30 FPS, la faute à des zones un peu ouvertes, blindées de trucs qui doivent pouvoir vous rosser. Les derniers patchs mineurs améliorent la stabilité du jeu mais ce n’est pas encore satisfaisant pour apprécier pleinement un jeu exigeant. Vous imaginez un Souls à 25 FPS ? Là où chaque latence peut vous buter ?

Au final, mon avis reste très proche de celui fait pendant la bêta. Achilles: Legends Untold est bourré de bonnes idées et de volonté de bien faire. Il arrive finalement à se discerner un peu des Souls, mais la formule mérite d’être encore peaufinée pour être plus intéressante.

Réponse lors de la sortie officielle du jeu ?

achilles legends untold armureSite officiel

Sortie : T2 2022

Développeur/Éditeur : Dark Point Games

Disponible sur PC

18.99€

Testé sur une version presse fournie par l’éditeur

LupusVII

Cliché de geek, boit trop de café, a des projets par dizaines et un backlog de plusieurs vies. Je troque volontiers quelques heures de sommeil à écrire des articles pour vous convaincre d'en perdre également.

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