Despotism 3k – Harvester Simulator

Qui n’a jamais souhaité mener d’une pince de fer de petits esclaves humains, les faire courir dans une roue, sauter sur un trampoline ou les dissoudre dans un bouillon d’acide ? Personne ? Vous avez des rêves tristes. Heureusement que pour les psychopathes et Harvester, Konfa Games a réalisé Despotism 3k, un jeu de gestion dans lequel vous pourrez laisser libre cours à vos penchants tyranniques, affranchi de toute considération morale. Nous on appelle ça une conférence de rédaction.

Disons-le d’entrée : Despotism 3k est un jeu au concept facile à comprendre et difficile à maîtriser. Dans votre usine, votre principale préoccupation est de générer suffisamment d’énergie pour vous maintenir en fonction. Vous êtes l’IA aux commandes de quatre machines qu’il faudra alimenter en main d’oeuvre docile pour parvenir à vos fins. Vos premiers esclaves, des humains tous roses et tous nus, iront donc courir comme des hamsters pour produire cette électricité. Mais ces quelques travailleurs ne suffiront pas pour toute la partie ; la demande d’énergie ne fait qu’augmenter avec le temps et il va falloir faire grossir le cheptel.

Pour cela, il faut envoyer des couples (les personnages étant asexués, il suffit d’en prendre deux au hasard) dans le baisodrome d’où sortiront à intervalle régulier de nouveaux humains. Les animations sont d’ailleurs particulièrement explicites malgré leur petite taille et les graphismes en pixel-art, les moins de 18 ans seront priés de cocher la case qui permet de les censurer.

Vous avez maintenant plus de petits esclaves, mais si vous voulez qu’ils tiennent le coup, il va aussi falloir les nourrir. Il faudra alors en assigner certains à la production de burgers, produits en les faisant sauter joyeusement sur un trampoline. Pas sûr que ce soit pire que bosser au McDo.

Enfin, à force de s’époumoner dans leur roue, de baiser comme des lapins et de rebondir pendant des heures, ces feignasses vont se fatiguer. Leur résistance physique va décroître jusqu’à les voir mourir si vous ne les sortez pas de là pour qu’ils aillent se reposer. Oui, ils auront donc le droit de manger sans fournir de travail en retour pendant ces vacances pas du tout méritées comme de vulgaires profs, mais vous ferez payer plus tard ces assistés pour satisfaire votre âme de CRS en manif (NdHarvester : t’as des comptes à régler toi !).

Gardez en tête que vous avez besoin d’eux malgré ce que vous leur faites subir et en prendre soin sera indispensable pour avoir une chance de remporter la victoire. Enfin pas toujours : le quatrième outil à votre disposition est un bain d’acide, dans lequel vous pourrez jeter votre surplus de stock afin de les transformer en nourriture et surtout en énergie.

Le jeu est rythmé par les jours, découpés en plusieurs checkpoints qui marquent la distribution de bouffe et de jus. C’est lors de ces moments précis qu’il faudra disposer des réserves suffisantes pour « payer » ce qu’on doit. Si manquer d’énergie entraîne un game over brutal (et il n’est pas rare de perdre à quelques unités près), les humains privés d’alimentation mourront, amputant d’autant votre capacité à produire et vous condamnant dans la plupart des cas.

Ces machines où s’acharnent vos esclaves devront également être améliorées, afin de pouvoir accueillir plus de travailleurs et augmenter votre production. Mais cela coûte de l’énergie, il faudra alors bien calculer votre coup pour ne pas tomber en rade pour avoir été trop ambitieux.

Enfin, pour déplacer tout ce petit monde, vous pensez bien qu’il ne suffit pas de leur demander gentiment d’aller suer comme des forçats ou d’enchaîner tout le kamasutra jusqu’à ce que mort s’ensuive pour qu’ils s’exécutent. Vous interagissez grâce à des pinces, comme à la fête foraine, qui viendront balancer vos humains dans la machine souhaitée ou les envoyer au repos avant qu’ils ne meurent d’épuisement. Il vous faudra vite en acheter de nouvelles pour gérer le flux et pouvoir effectuer un génocide à l’acide salutaire en cas de manque imminent.

A tout ceci s’ajoute chaque jour un événement aléatoire à choix multiple, qui pourra vous apporter bonus ou malus en fonction de votre chance et de vos réponses. Révoltes d’humains, zombies, visite d’un grand Ancien qui remplace vos pinces par des tentacules, humains qui se téléportent, qui deviennent obèses, machines temporairement en panne, présence d’un cannibale dans votre cheptel, adoption d’un petit chien, les possibilités sont nombreuses et peuvent avoir un impact considérable sur votre partie.

Un peu trop peut-être, parce que la difficulté est bien velue, à l’inverse de nos esclaves. Un bonus de production d’énergie ou des pinces plus rapides seront d’une grande aide, mais des pinces maladroites qui laissent de temps en temps échapper des humains ou la machine à bouffe en panne peuvent plomber une partie bien engagée. Heureusement, avec l’expérience, vous saurez quels choix faire pour éviter le pire lorsque ces événements surviennent.

Le rythme semble lent au départ mais bien vite le nombre d’humains à gérer et les quantités de ressources à amasser deviennent considérables et la différence entre la survie et la défaite peut se jouer à un clic effectué une seconde trop tôt ou trop tard. Il m’a souvent été nécessaire de mettre en pause pour considérer mes options parce qu’on peut vite se faire déborder.

Les parties durent en général moins d’une heure (parce que vous allez perdre très souvent), mais le jeu propose divers modificateurs à débloquer pour varier les plaisirs. Il faudra toutefois réussir la première campagne pour débloquer la seconde. Cette dernière rajoute des expéditions où envoyer vos pimpims pour récupérer des ressources, changeant radicalement votre façon de jouer.

Pour parler technique, les graphismes en pixel-art proposent une palette de couleurs assez restreinte, mais les animations sont rigolotes et l’ensemble est plutôt réussi. Si la musique finit par être énervante, je ne me lasse pas des cris d’agonie de mes esclaves et autres bruits d’acide (NdHarvester : et donc c’est moi le psychopathe…). Pas de version française, mais pas de mur de texte à prévoir non plus.

Développé et édité par Konfa Games, un studio russe sur lequel une recherche Google ne m’apprend pas grand chose, il est disponible sur Steam mais également sur iOs et Android. Ce jeu me fait tout de même craindre une chose : qu’Harvester décide de renommer Dystopeek en Despoteek. J’espère qu’on aura le temps de fuir lorsqu’il installera une grande roue dans la cave de l’immeuble.

Avec sa gueule de clicker casual et ses mignons petits bonhommes roses, Despotism 3k cache bien sa véritable nature : un jeu de gestion exigeant et éprouvant, dont l’équilibrage est parfois plombé par une trop grande part d’aléatoire mais le rythme des parties permet de vite sortir d’une situation trop injuste. Je suis tombé dedans au hasard des soldes d’été pour une somme modique et j’ai très vite accroché au concept et au challenge relevé. Une belle réussite pour un petit jeu sans prétention et pas cher qui saura vous occuper plusieurs heures et satisfaire vos envies de cruauté. Il aurait été pensé par un chat que ça ne m’aurait pas étonné.

Genre : Gestion d’esclaves hardcore

Site officiel : http://despotism3k.com

Développeur : Konfa Games

Plateforme : SteamiOsAndroid

Prix : 6,59€ sur Steam – 3€ et quelques sur iOs et Android

Date de sortie : 8 novembre 2018

Ruvon

Chaologue pas encore retraité, traître renommé, survivant accompli. Mon domaine, c'est le jeu vidéo, du FPS hardcore au point&click niais, et depuis toujours amoureux du tour-par-tour.

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